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Poésie

Posts Tagged ‘ouragan’

La Kernevote (Louise Michel)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



La Kernevote

Au vent de la dune
Les fleurs de blé noir
Par le clair de lune
S’effeuillent le soir

Blanches aubépines
Craignez l’ouragan
Fraîches églantines
Les ailes du vent

A travers les rondes
Ô filles d’Armor
De vos têtes blondes
Les cheveux sont d’or

Quand sous les étoiles
Vous cueillez des fleurs
Gardez bien vos voiles
Croisés sur vos coeurs

Ainsi que la flamme
Ô filles d’Armor
Gardez bien votre âme
Du Sylphe moqueur

Au matin écloses
Le souffle des vents
Effeuille les roses
Avec les serments

Vos coeurs ô mes belles
Ils y chanteront
Et frappant leurs ailes
Ils les briseront

Au vent de la dune
Les fleurs de blé noir
Par le clair de lune
S’effeuillent le soir

(Louise Michel)


Illustration

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LA GUERRE LA CHANSON DE L’OURAGAN (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




    
LA GUERRE
LA CHANSON DE L’OURAGAN
L’empereur Kao-Ty

L’ouragan furieux, court par le ciel,
et pourchasse les nuages, qui roulent et s’enfuient.
C’est ainsi que ma puissance, a culbuté les ennemis et les a dispersés…

De tous les horizons, ils ont disparu,
maintenant, et je peux rentrer dans mon empire.

Mais où trouverai-je des braves, d’un souffle assez fort,
pour maintenir le ciel pur, autour de mes frontières ?

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Louons les douceurs (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
Louons les douceurs durant abandonnées à elles-mêmes
Respirant de leur peau lente afin de baiser leur objet
Louons la chose de beauté magicienne de lenteur
Et la chose de durée aussi belle à faire l’amour,
L’éternel est une main sur le haut vitrail de matière
Оù l’étincelle fut fixée avec les plus sombres des plombs
L’éternеl est le pli du sein d’une femme grande azurée
Qui ne fait point mouvement sous la caresse des anges,
Ou c’est la voix de l’ouragan dessus le toit du poète,
Alors qu’il gémit doucement du sabot de fer d’un songe.
La beauté du coeur éternel est celle que tu désires
Et la croix du coeur éternеl est cela que tu aspires.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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DÉSIR DE FUSION DANS L’ÉTREINTE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018




    
DÉSIR DE FUSION DANS L’ÉTREINTE

En vain dans tes grands yeux quelque bûcher s’allume,
En vain de tes baisers le tourment me consume,
Mes lèvres sont meurtries, mais je veux davantage !

Pour arracher ta robe, un feu incendiaire
En vue des cieux profonds halète dans ta chair.
Et qu’y a-t-il encor? Mais je veux davantage.

Pareil au nourrisson que sa catin de mère
Pour qu’il morde le feu jette en la poudrière,
Voici mon сoeur, mon coeur si beau, fou de désir !

Ah! combien j’aimerais que nos corps s’unissant,
Le sang, le mien, le tien ne soient qu’un même sang,
Fleuves unis par l’ouragan qui va finir !

Double, notre âme unique alors s’envolerait,
Calme, vers l’infini; mais qui l’effacerait,
Juste pour un seul corps et que plus rien ne touche,

Rêve de tristes fleurs qui vont éclore ensemble,
tel un subtil parfum dans la brise qui tremble,
Lorsque s’apaise enfin la tourmente farouche.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Plus de chants (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



 

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Plus de chants

À Madame De Simonis

Enfant d’un nid loin du soleil éclos,
Tombée un jour du faîte des collines,
Ouvrant à Dieu mes ailes orphelines,
Poussée aux vents sur la terre ou les flots,
Mon coeur chantait, mais avec des sanglots.

Pour louer Dieu, dès que je pus chanter,
Que m’importait ma frêle voix de femme ?
Tout le concert se tenait dans mon âme.
Que l’on passât sans daigner m’écouter,
Je louais Dieu ! Qui pouvait m’arrêter ?

Le front vibrant d’étranges et doux sons,
Toute ravie et jeune en solitude,
Trouvant le monde assez beau sans l’étude,
Je souriais, rebelle à ses leçons,
Le coeur gonflé d’inédites chansons.

J’étais l’oiseau dans les branches caché,
S’émerveillant tout seul, sans qu’il se doute
Que le faneur fatigué qui l’écoute,
Dont le sommeil à l’ombre est empêché,
S’en va plus loin tout morose et fâché.

Convive sobre et suspendue aux fleurs,
J’ai pris longtemps mon sort pour une fête ;
Mais l’ouragan a sifflé sur ma tête,
Les grands échos m’ont crié leurs douleurs,
Et je les chante affaiblis de mes pleurs.

La solitude est encor de mon goût,
Je crois toujours à l’auteur de mon être :
Mes beaux enfants me l’ont tant fait connaître !
Je monte à lui, je le cherche partout ;
Mais de chansons, plus une ! Oh ! Plus du tout !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Erte

 

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QUARTZ ROSE (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



quartz_rose 

QUARTZ ROSE

« Il y a des pierres dans lesquelles toute
la gloire de la nature est comme concentrée,
de sorte qu’une seule pierre suffit à
certains hommes pour qu’ils possèdent la
contemplation suprême et absolue de la
nature. »
(Pline l’Ancien)

De quel noir ouragan
de quelle flambée d’enfer
de quels tourments de quelles métamorphoses

saisie enfin en une matrice de cristal
saisie enfin en sa forme sauvage
saisie en son aura parfaite

est venue cette pierre incandescente
est venue cette gloire immaculée
est venue cette idée de la terre

pour illuminer le ciel glacé

*

ROSY QUARTZ

« There are stones in which the whole
glory of nature is as though concentrated, so
that for certain men a single stone is enough
for them to possess the supreme and absolute
contemp la tion of nature. »
(Pliny the Ancient)

Out of what storm of darkness
out of what hellish blaze
out of what torments and what changes

held at last in a crystal matrix
held at last in its own wild form
held in its own unbroken aura

came this incandescent stone
came this immaculate glory
came this idea of the earth
to illuminate the frozen sky

(Kenneth White)

Illustration

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[LE PORT LE HAVRE…] (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



[LE PORT LE HAVRE…]

Le port le havre de Valparaiso
dans ses nippes de terre
me l’a conté : il ne sait pas
naviguer : il subit l’assaut,
l’ouragan,
le séisme, les vagues,
toutes les forces cognent sur
son nez cassé.

Valparaiso, chien de misère
qui aboie parmi les coteaux,
est battu par
les pieds de la terre,
les mains de la mer.
Havre, port qui ne peut partir
pour son destin ouvert au loin
et qui hurle
esseulé
comme un train en hiver
du côté de la solitude,
du côté de la mer inexorable.

(Pablo Neruda)


Illustration

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RESTE IMMOBILE, DORS DANS L’ACCALMIE (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



RESTE IMMOBILE, DORS DANS L’ACCALMIE

Reste immobile, dors dans l’accalmie, souffrant avec la blessure
Dans la gorge, qui brûles et fais retour. Toute la nuit à flot
Sur l’océan de silence nous avons perçu le son
Qui venait de la blessure enveloppée dans le drap de sel.

Sous la lune d’un mille au-delà, nous avons tremblé écoutant
Le bruit de l’océan couler comme sang de la blessure criante
Et quand le drap de sel se rompit en un ouragan de chants
Les voix de tous les noyés nagèrent dans le vent.

Ouvre un chemin à travers la triste lente voile,
Ouvres grandes au souffles les portes du bateau errant
Pour que commence mon voyage vers la fin de ma blessure,
Nous avons entendu le bruit de l’océan chanter, et vu le drap de sel scander.
Reste immobile, dors dans l’accalmie, cache la bouche dans la gorge
Ou nous devrons obéir, et chevaucher avec toi entre les noyés.

***

LIE STILL, SLEEP BECALMED

Lie still, sleep becalmed, sufferer with the wound
In the throat, burning and turning. All night afloat
On the silent sea we have heard the sound
That came from the wound wrapped in the salt sheet.

Under the mile off moon we trembled listening
To the sea sound flowing like blood from the loud wound
And when the salt sheet broke in a storm of singing
The voices of all the drowned swam on the wind.

Open a pathway through the slow sad sail,
Throw wide to the wind the gates of the wandering boat
For my voyage to begin to the end of my wound,
We heard the sea sound sing, we saw the salt sheet tell.
Lie still, sleep becalmed, hide the mouth in the throat,
Or we shall obey, and ride with you through the drowned.

(Dylan Thomas)

 

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L’amour bref (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
L’amour bref

Avec quelle douceur lisse
il me lève du lit où je rêvais
à des plantes profondes parfumées,

il promène des doigts sur la peau et me dessine
dans l’espace, en suspens, jusqu’à ce que se pose
le baiser courbe et récurrent

afin que se déclenche à feu doux
la danse cadencée du bûcher
nous enlaçant par rafales, par hélices,
aller et retour d’un ouragan de fumée —

(Pourquoi, ensuite,
ce qui reste de moi
n’est qu’un naufrage dans des cendres
sans un adieu, sans autre chose que le geste
de libérer les mains ?).

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’ouragan (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’ouragan

Rauque le vent mugit, un taureau qu’on égorge!
Tout s’effondre et se brise; au fond du ciel béant
Résonnent les marteaux de quelque horrible forge,
S’effrènent les galops des esprits du néant.

Les corbeaux effarés et battus par l’averse
Tourbillonnent perdus aux creux des noirs sillons
Qui labourent le ciel et que l’éclair traverse
Avec un craquement de verdâtres rayons.

Tout un choeur inconnu semble chanter des stances,
L’ardente Volonté y clame son tourment,
Son éternel désir et ses douleurs intenses
Et l’amour qui promet et la mort qui dément.

Il s’exhale du sol une odeur sulfureuse
Ainsi que d’un trépied, mais l’oracle exilé
N’explique plus l’énigme et la raison la creuse
En vain. – Les dieux sont morts et leur secret scellé.

(Marie Dauguet)

 

 

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