Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ourlé’

A PEINE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Illustration: Pierre Brault
    
A PEINE

A peine si le vent retrousse un peu la mer
fait mousser sur son bleu un coin de jupon blanc
à peine si le sang à ton front quand tu dors
compte tout doucement l’aller retour du temps

A peine si les cris des enfants sur la plage
se mélangent au flot qui chuchote ses plis
à peine si le blanc d’un tout petit nuage
éclabousse le bleu du ciel ourlé de gris

A peine si j’écris à peine si tu dors
à peine s’il fait chaud à peine si je vis
et je ferme les yeux croyant laisser dehors
tout ce qui n’est pas toi mon amour endormi.

(Claude Roy)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Juillet, mois féminin (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration
    
Juillet, mois féminin,
aux jupes légères que soulève le vent,
par jeu,
sans penser à mal.
Jupes d’herbes, ourlées de molènes,
toiles de céréales,
soieries nuptiales.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Autres sillages (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018



Illustration
    
Autres sillages

I
Entre îles
et presqu’îles

sans élire
notre rive

Ulysses égarés
(en quel rêve ?)

gauchement
nous aurons
dérivé.

II
D’une telle lumière
la plus simple grâce
si haut s’exaltait
qu’elle se faisait mirage

quand sur la mer
de blanches ailes
semblaient celles
du désir même

à l’éternité
enlacé.

III
Dans l’oeil violet
des calanques

comme un futur
sans abîmes

les fonds marins
se lisaient

où s’aimantaient
nos regards.

IV
Flâneurs d’un olympe
de nous-mêmes surgi
nous devenions fils des dieux

cependant qu’à ras de ciel
un éden ourlé d’écume
étendait sa promesse.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis l’amant des douces (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



C’est dans la rue, c’est dans le vivier de la rue que je choisis mes amoureuses.
Regardez-les, mes reines, mes sirènes, mes murènes,
leurs hanches horlogères tournant sur le pivot tiède de leur sexe,
heurter de leur front nacré les vitres, les vitrines étincelantes !
Toutes je les chéris, toutes je les honore !
Je suis l’amant des douces, l’amant des rousses ;
je suis de velours et mousse pour leurs pieds délicats ourlés de sang.

(Jean Rousselot)

Illustration: Zofia Rozwadowski

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Des flocons de soie (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017




    
Des flocons de soie

― On a vidé le lit de nos âges poudrés
Par des frimas, l’hiver est une citadelle
Sculptée de sable fin, des beaux grains micacés,
D’un écran flamboyant ! Jaillit une étincelle !

Ma mémoire repeint les murs des autrefois,
Le verbe parfumé s’est fait chair élégante,
Brasille la beauté d’un ravissant minois
Revêtu d’un levant à la folie fringante.

Le temps a transpercé l’hôtel d’une avenue
Bordée d’une promesse engagée, le lointain
A façonné mes feux, une flamme apparut
Dans les ruines de l’aube ainsi fleurit la fin.

L’ange enleva son voile embelli de poussières
D’étoiles, un baiser s’assoit avec douceur
A l’orée de l’amour, ses lèvres cotonnières
Sont ourlées de flocons de soie, et de bonheur !

(James Denis)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon très cher petit Lou je t’aime (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Klimt ; Nu de jeune fille, couché sur le côté gauche, 1914-1915

 

Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.

(Guillaume Apollinaire)

 Illustration: Gustav Klimt

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MALACHITE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2017



MALACHITE

Ocelles ourlés du cuivre, verte mémoire
des cieux incertains de leur bleu. Écaille
de l’azur, derme ophidien du temps,
es-tu la délivrance ou la prison des fées ?

(Jacques Lacarrière)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’instant est le creux où tombent les choses (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



L’instant est le creux
Où tombent les choses
Ourlées de lumière
Bercées de l’ombre
Par la fenêtre
Le bleu se loge aux yeux
Les livres habitent leur marge
Et blanc sur noir
En créent un singulier
De présences réelles
Venus de loin
Les tableaux montent aux murs

(Heather Dohollau)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je cherchais le réel (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2016



Je cherchais le réel
Hors la fuite des heures
Les lieux du mirage
Mais ce fut le cercle
Instable du présent
Qui livrait le monde
Ce fruit de l’air
Il suffisait de se retourner
Et de regarder comme dans un berceau
Le vide ourlé du temps
De se pencher sur la blancheur
Et de croire aux couleurs
A la mer réelle des marées
A la vie de la mort

(Heather Dohollau)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :