Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ouverture’

Aimer être amoureux (Pascale Senk)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2023



 

Illustration: Raymond Peynet
    
Aimer être amoureux

On chante trop l’amour souffrance,
la passion qui peut engendrer maladie et destruction de soi…

Comme il est doux d’être amoureux,
plein d’espoir et d’ouverture à cet autre
qui me charme et m’emmène dans un monde nouveau,
que je vais désormais partager avec lui.

Les joies de l’état amoureux sont toujours à ma disposition
quand je sais les vivre avec légèreté.

(Pascale Senk)

Recueil: Un haïku chaque jour
Editions: Points

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VIEILLIR VI (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2023



Illustration: Ron Mueck
    
VIEILLIR VI

Cette maladie
Si difficile
A affronter
Cette perte de liens
Avec l’univers
Cette confrontation
De la mort
Ce passage si bref
Cette demeure si close
Bientôt infinie

Cette perte des liens
Avec l’univers
Cette confrontation
De la mort
Ce temps si court
Ces souvenirs
Bientôt finis
Cette absurdité
Cette ouverture
Sur l’infini
Cette interruption

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quelle bravoure l’Ame contient-elle (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2023




    
Quelle bravoure l’Ame contient-elle,
Pour endurer ainsi
L’accent d’un Pas qui approche
— L’ouverture d’une Porte —

***

What fortitude the Soul contains,
That it can so endure
The accent of a coming Foot —
The opening of a Door —

(Emily Dickinson)

 

Recueil: Ses oiseaux perdus
Traduction: de l’américain par François Heusbourg
Editions: Unes

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un tremblement de l’esprit (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022




    
Au tout début de cette lettre
une mouche est venue par la fenêtre
s’est égarée dans la maison
Elle se cognait partout
aux murs aux lampes aux vitres
perdant de ses forces de son allure
à bout de souffle à bout de songe
Enfin elle a trouvé
la faible ouverture d’une porte
entrebâillée
et d’un seul coup l’infini
le grand large le ciel fin

Eh bien Nella je suis dans le monde
comme cette mouche dans la maison
Je perds mes forces mon goût
je cherche partout un passage
une lisière une source
une parole aussi ample qu’un ciel
un amour aussi grand que l’amour
et quand je retrouve ma solitude
qui n’est pas une solitude
qui n’est pas un abandon un oubli
une perte
qui est un don une flamme
une aurore

Oui quand je retrouve ma solitude
je suis comme cette mouche
à l’instant du passage de la porte
rendu à l’abondance
rendu au calme au clair
et plus rien devant moi que Dieu
qui peut-être existe peut-être n’existe pas
plus rien devant moi
que la fleur immaculée de vivre
baignée d’air pur
Un tremblement de l’esprit
comme d’un linge sur un fil

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

L’ordre muet (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2022


caresse

se nomme jusqu’à moi
orage flammé d’iris
promène ses bras nus

rade en randonnée
prodigue ses algues
aux retraits délictueux

écartement d’une bouche
s’échoue sur sa proie
appelant toute l’ouverture

(Mohammed Dib)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Tu n’as pas assez d’ouvertures (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2021



Oleg Zhivetin  (22)

Tu n’as pas assez d’ouvertures
je n’ai pas assez de mille bouches
pour notre désir d’unité.

(André Frénaud)

Illustration: Oleg Zhivetin 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

TU ES VENUE

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021



 

Alexander Deineka   00 [1280x768]

TU es venue, et tu semblais un amusement.

Mais tu as pris par la main mes trente ans
Qui hésitaient à s’acheminer
Vers les mornes paysages parsemés de chagrins
Et les époques de l’incertaine aventure.
Tu les conduis de même qu’un enfant
Qu’on veut empêcher d’avoir peur
En descendant l’escalier obscur.

A présent, grâce à toi, j’ai oublié
Les embûches lointaines.
La vie est un été perpétuel,
Une montre arrêtée à midi.
Et si je regarde autour de moi,
Les jours sont de légères et immobiles plumes
A fleur du temps.

Doux passe-temps, goûter ta voix qui jamais ne lasse
Ainsi que l’eau, ainsi que le pain!
Je suis comblé de cadeaux plus frais et plus gais
Que l’ouverture matinale des persiennes.
Je ne connais plus ni rides, ni chagrins,

Depuis que tu as pris par la main mes trente ans.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Alexander Deineka

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE OUVERTURE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021



Illustration: ArbreaPhotos
    
UNE OUVERTURE

Comment dessiner si on ne fait que deviner
entre deux arbres, dans la rapidité des nuages
une vague lumière incertaine, fragile mais constante,
qui repose dans sa parfaite limpidité,
couronne d’écume ? C’est la terre, c’est peut-être le visage
de la terre et une offrande du ciel, le paradis épars
qui à travers ombres et branches a parcouru le champ entier
de la mémoire dans un vertige immobile. Comment être
l’oiseau fidèle de cet éclair ? Comment garder vivantes
les images concaves et aériennes, les germes de l’origine ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Il existe en nous un bon et un mauvais silence. (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021



Illustration: Marie Waltz
    
Il existe en nous un bon et un mauvais silence.

Le bon silence, c’est celui de l’écoute,
celui de l’ouverture de l’âme à l’art, à la lumière et à la nuit,
à la parole initale
dont toutes les autres ont pu sortir dans la durée d’une vie.

Le roi David, dans un psaume, remercie Dieu
de lui avoir profondément « creusé l’oreille ».
Retrait en nous, caché derrière le voile des formes,
des images, des événements fugitifs,
s’abrite le lieu de toute confiance
et de plénitude dans le repos

-parfois je l’appelle le lac de la rosée-,
d’où jaillit, hors du silence,
la possibilité de la perception des choses,
et de la parole en même temps.

(Claude Vigée)

 

Recueil: Dans le silence de l’Aleph
Traduction:
Editions:Albin Michel

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PLUIE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    
PLUIE

Il pleut comme toujours.
Et, comme toujours quand il pleut, les gens s’abritent
(ceux qui ne s’attendaient pas à ce qu’il pleuve) ;
ou ils ouvrent, simplement, leur parapluie —
de préférence à ouverture automatique.

Parce que, quand il pleut, nous devons tous faire quelque chose :
même nous, qui sommes à l’intérieur de la maison.
Les uns vont à la fenêtre, en commentant : «Quel hiver ! »;
les autres s’assoient, un papier devant eux :
et ils écrivent un poème, comme celui-ci.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »