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Poésie

Posts Tagged ‘pacifié’

Les blés s’étendraient à l’infini (Jie Qisi)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Je voudrais que pendant des millénaires
Toutes les frontières soient pacifiées.
Les mûriers étaleraient partout leur ombre,
Les blés s’étendraient à l’infini
Et l’on n’aurait plus jamais besoin de murailles.

(Jie Qisi)

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Je me souviens du soir où je t’ai vainement attendue (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Je me souviens du soir où je t’ai vainement
Attendue en un parc aux pensives allées
Dont les arbres pleuraient leurs feuilles en allées
Et miraient leur douleur dans le bassin dormant.

O soir mélancolique ! Une église était proche
Avec son cadran d’or énigmatique et noir;
J’écoutais dans le parc agrandi par le soir
Ruisseler sur les toits les larmes de la cloche.

Et j’entendais venir les psaumes du jubé
Comme un je ne sais quoi de très vague qui pleure.
Tout en songeant, perdu dans la fuite de l’heure,
Que tu ne viendrais plus après le soir tombé !

Tout à coup un soupçon de trahisons prochaines
Me fit sentir au coeur comme un rêve noyé,
Pendant que le clocher, d’un chant apitoyé,
Racontait ma détresse aux paroisses lointaines !

Et ce fut à travers notre amour commençant
Toute une impression d’automne et de veuvage,
De barque naufragée échouant au rivage,
De salon attristé par un portrait d’absent…

Je te croyais déjà sacrilège et parjure !
Et, pour s’harmoniser avec mon deuil poignant,
Voilà que le jet d’eau s’égoutta tout saignant
Et rouge, au fond du parc, comme un sang de blessure.

Et voilà qu’aux lueurs du soir pacifié,
Le soir calme où passait une douceur magique,
Le cadran, lui aussi, prit un aspect tragique :
On eût dit un soleil cloué, crucifié !

Et ses aiguilles d’or, comme des bras funèbres,
Comme des bras raidis dans des convulsions,
S’étirant, s’allongeant au milieu des rayons,
Allèrent dans le ciel attaquer les ténèbres !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Edvard Munch

 

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SAPHIR (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



SAPHIR

Par l’étoile captée dont tu retiens le feu,
l’azur où tu détiens les alcyons de lumière,
tu dis l’alaude bleue des ères
où le jour chante,
tu dis le ciel tombé avec les premiers anges.
Ne meure, mémoire de l’Astre.
Demeure, Foudre enclose en ton feu pacifié.

(Jacques Lacarrière)

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Mille diamants s’éparpillaient sur la rivière (Nicolas Diéterlé)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Mille diamants
s’éparpillaient sur la rivière,
en une profusion joyeuse

Et moi qui me baignais,
j’étais l’un d’eux,
je n’étais pas plus grand
et pas moins éclatant
qu’un diamant

L’eau venait vers moi
avec cette vivacité heureuse
qui la caractérise,
elle, la toujours-jeune,
la vierge éblouissante,

puis elle m’entourait
de ses bras légers
pour que je brille
avec plus d’éclat encore

N’étais-je pas son enfant
qui voulait grandir sans frein,
parmi l’étincellement de ses frères,

et ne m’aidait-elle pas à croître,
grâce à l’huile du consentement
dont elle imprégnait mon âme
autrefois déchirée
par les cailloux du remords
et maintenant pacifiée,

baignant dans une lumière
sans lacunes ?

(Nicolas Diéterlé)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration: Paul Sérusier

 

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Chêne amputé (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016



Pauvre arbre, comme ils t’ont taillé!
Quelle étrange et triste figure!
Tu n’es plus, cent fois cisaillé,
Que défi, que volonté pure.

Comme toi tronqué, tourmenté,
Sans me briser, ma vie entière,
Jour après jour j’ai résisté,
Dressant mon front dans la lumière.

Ce qui fut en moi doux, sensible,
Le monde l’a crucifié.
Mais mon être est indestructible:
Je vis heureux, pacifié.

Je pousse mes feuilles nouvelles
Malgré mes rameaux douloureux,
Toujours, dans mes peines cruelles,
De ce monde absurdes amoureux.

**************

Gestutzte Eiche

Wie haben sie dich, Baum, verschnitten
Wie stehst du fremd und sonderbar!
Wie hast du hundertmal gelitten,
Bis nichts in dir als Trotz und Wille war!

Ich bin wie du, mit dem verschnittnen,
Gequälten Leben brach ich nicht
Und tauche täglich aus durchlittnen
Roheiten neu die Stirn ins Licht.

Was in mir weich und zart gewesen,
Hat mir die Welt zu Tod gehöhnt,
Doch unzerstörbar ist mein Wesen,
Ich bin zufrieden, bin versöhnt,

Geduldig neue Blätter treib ich
Aus Ästen hundertmal zerspellt,
Und allem Weh zu Trotze bleib ich
Verliebt in die verrückte Welt.

(Hermann Hesse)

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