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Posts Tagged ‘pacifique’

DANS L’IMMOBILITÉ (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2021



Illustration: Erich Heckel
    
DANS L’IMMOBILITÉ

Juste deux flancs nus et ailleurs une tête
ou un sein de pierre. Mais dans l’immobilité
le même souffle, le même corps, cet absolu
qui respire et prépare en des mains
pacifiques l’or et les fruits du feuillage.
On dirait que l’épars et le fugace
se réunissent dans ses bras lumineux.
Et il monte dans la lueur d’un songe, mais le songe
est la transpiration de la terre. Son regard
voit le soleil comme un bateau sous les arbres.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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DANS L’IMMOBILITÉ (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021



Illustration: Vincent Van Gogh
    
DANS L’IMMOBILITÉ

Juste deux flancs nus et ailleurs une tête
ou un sein de pierre. Mais dans l’immobilité
le même souffle, le même corps, cet absolu
qui respire et prépare en des mains
pacifiques l’or et les fruits du feuillage.
On dirait que l’épars et le fugace
se réunissent dans ses bras lumineux.
Et il monte dans la lueur d’un songe, mais le songe
est la transpiration de la terre. Son regard
voit le soleil comme un bateau sous les arbres.

(António Ramos Rosa)

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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La planète serait bien plus pacifique (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration: Gotlib
    
la planète serait bien plus pacifique si nous étions tous athées.
La nature humaine étant ce qu’elle est,
il est clair que d’autres prétextes ne manqueraient pas à toutes les bisbilles possibles et imaginables,
mais nous serions libérés de cette idée infantile et ridicule de croire
que notre Dieu est le meilleur de tous les dieux qu’on trouve par ici
et que le paradis qui nous attend est un hôtel cinq étoiles.
Plus encore, je crois que nous réinventerions la philosophie.

(José Saramago)

 

Recueil: Le Cahier
Traduction: Marie Hautbergue
Editions: Le Cherche Midi

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Pardon! (Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020




Etre sacré! souvent je l’ai troublé
Le repos d’or des dieux en toi, et par ma faute
Au plus secret, plus profond de la vie
Tu as appris mainte douleur.

Oublie, oh! oublie-le! et pareil au nuage
Là-bas, devant la pacifique lune, je m’en irai
Et tu reposeras, resplendissante encore
Dans ta beauté, ô suave lumière!

(Hölderlin)

Illustration: William Blake

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DEUX CHEVAUX (Armand Bernier)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2019



DEUX CHEVAUX

Deux chevaux arrêtés au sommet d’une côte.
L’un d’eux, avec douceur, s’est rapproché de l’autre
Et lui a raconté quelque chose à l’oreille.
Son propos pacifique évoquait des merveilles
Et j’ai vu son haut front d’animal s’éclairer.
— « Patience, a-t-il dit. Gardons-nous d’oublier
Qu’il est un monde où les chevaux n’ont plus de charge,
Un monde où l’on est libre, où l’horizon est large,
Un monde où l’on peut vivre heureux, à gambader
Avec d’autres chevaux amis, dans les vergers.
Ne dors pas, cette nuit, dans l’écurie obscure.
Détourne tes regards des misérables murs
Et de la crèche oblique où ta faim se repaît.
Ne mange pas, non plus, comme un cheval épais.
Veille longtemps, et tu verras, par la lucarne,
Des chevaux bleus courir dans le ciel plein d’étoiles ».
Ce voeu d’évasion, hélas, s’arrête ici.
Un homme est survenu. L’attelage est parti.
Les chevaux, dans le vent, branlaient leurs lourdes têtes
Emportant, loin de moi, leur univers de bêtes.

(Armand Bernier)

 

 

 

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Enfin je t’ai roulé, opiniâtre rocher, dans l’abîme (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu  (38)

Enfin je t’ai roulé, opiniâtre rocher,
dans l’abîme.
— Temps,
(perdu ?), pierre, de mon oeuvre pure,
pour vaincre ta laideur grossière ! —

Maintenant, debout, haletant encore,
sur la plaine à nouveau. Là-haut, le ciel
du couchant pacifique, comme une eau de rose,
d’où j’ai rejailli, pur,
le front perlé d’étoiles pâles.

Et entre la poitrine et les bras douloureux,
la sensation divine d’une rose géante,
qui fut — mais quand ? — de pierre.

***

Ya te rodé, canto obstinado,
en el abismo.
— iTiempo
¿perdido?, piedra, de mi obra pura,
para vencer tu fealdad grosera!—

Ahora, de pie, jadeante aún,
otra vez en lo todo llano. Arriba, el cielo
del ocaso pacífico, como un agua rosada,
de donde me he salido, puro,
sudando estrellas pálidas.

Yentre el pecho y los brazos doloridos,
la sensación divina de una jigante rosa,
que fue — ¿cuándo? — de piedra.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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Les Oiseaux de proie (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Les Oiseaux de proie

Je m’étais assis sur la cime antique
Et la vierge neige, en face des Dieux;
Je voyais monter dans l’air pacifique
La procession des morts glorieux.
La terre exhalait le divin cantique
Que n’écoute plus le siècle oublieux,
Et la chaîne d’or du Zeus homérique
D’anneaux en anneaux l’unissait aux cieux.
Mais, 0 passions, noirs oiseaux de proie,
Vous avez troublé mon rêve et ma joie :
Je tombe du ciel, et n’en puis mourir
Vos ongles sanglants ont dans mes chairs vives
Enfoncé l’angoisse avec le désir,
Et vous m’avez dit: — Il faut que tu vives! —

(Leconte de Lisle)

 

 

 

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Tu es sur le chemin (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



    

Tu es sur le chemin, le cherchant,
d’un mot à l’autre tu vois
se dissiper des mondes,
pierres et cendres, planètes, gouffres.

Tu regardes le soir circulaire.
Livres et crayons reposent.
Des villes étranges tombent
dans le trou de l’histoire.

Ton chemin continue : chaque nuit
est une île, tantôt
poème, tantôt sable.

Le cercle des arbres pacifiques
ruisselle
d’imperceptibles oiseaux.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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TRAGIQUE DU TEMPS (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018




TRAGIQUE DU TEMPS

La porte si forte des prisons
le vent passe dessous quand même
parfois aussi un pâle soleil
en un vieux temps nuance les plis
d’une robe de bourreau.
Dans un bourg de vacances
commence à jouer une harmonie
tandis qu’ayant posé sa houe
assis un journalier contemple
les exécutants pacifiques
voués au massacre
dans l’année
disant croire à leurs âmes éternelles
à leurs corps ressuscitant.

(Jean Follain)

Illustration: Maurice Denis

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Le Hérisson (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




Le Hérisson

Bien que je sois très pacifique
Ce que je pique et pique et pique,
Se lamentait le hérisson.
Je n’ai pas un seul compagnon.
Je suis pareil à un buisson,
Un tout petit buisson d’épines
Qui marcherait sur des chaussons.
J’envie la taupe, ma cousine,
Douce comme un gant de velours
Emergeant soudain des labours.
Il faut toujours que tu te plaignes,
Me reproche la musaraigne.
Certes, je sais me mettre en boule
Ainsi qu’une grosse châtaigne,
Mais c’est surtout lorsque je roule
Plein de piquants, sous un buisson,
Que je pique, et pique et repique,
Moi qui suis si, si pacifique,
Se lamentait le hérisson.

(Maurice Carême)

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