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Posts Tagged ‘pacifique’

Enfin je t’ai roulé, opiniâtre rocher, dans l’abîme (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu  (38)

Enfin je t’ai roulé, opiniâtre rocher,
dans l’abîme.
— Temps,
(perdu ?), pierre, de mon oeuvre pure,
pour vaincre ta laideur grossière ! —

Maintenant, debout, haletant encore,
sur la plaine à nouveau. Là-haut, le ciel
du couchant pacifique, comme une eau de rose,
d’où j’ai rejailli, pur,
le front perlé d’étoiles pâles.

Et entre la poitrine et les bras douloureux,
la sensation divine d’une rose géante,
qui fut — mais quand ? — de pierre.

***

Ya te rodé, canto obstinado,
en el abismo.
— iTiempo
¿perdido?, piedra, de mi obra pura,
para vencer tu fealdad grosera!—

Ahora, de pie, jadeante aún,
otra vez en lo todo llano. Arriba, el cielo
del ocaso pacífico, como un agua rosada,
de donde me he salido, puro,
sudando estrellas pálidas.

Yentre el pecho y los brazos doloridos,
la sensación divina de una jigante rosa,
que fue — ¿cuándo? — de piedra.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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Les Oiseaux de proie (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Les Oiseaux de proie

Je m’étais assis sur la cime antique
Et la vierge neige, en face des Dieux;
Je voyais monter dans l’air pacifique
La procession des morts glorieux.
La terre exhalait le divin cantique
Que n’écoute plus le siècle oublieux,
Et la chaîne d’or du Zeus homérique
D’anneaux en anneaux l’unissait aux cieux.
Mais, 0 passions, noirs oiseaux de proie,
Vous avez troublé mon rêve et ma joie :
Je tombe du ciel, et n’en puis mourir
Vos ongles sanglants ont dans mes chairs vives
Enfoncé l’angoisse avec le désir,
Et vous m’avez dit: — Il faut que tu vives! —

(Leconte de Lisle)

 

 

 

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Tu es sur le chemin (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



    

Tu es sur le chemin, le cherchant,
d’un mot à l’autre tu vois
se dissiper des mondes,
pierres et cendres, planètes, gouffres.

Tu regardes le soir circulaire.
Livres et crayons reposent.
Des villes étranges tombent
dans le trou de l’histoire.

Ton chemin continue : chaque nuit
est une île, tantôt
poème, tantôt sable.

Le cercle des arbres pacifiques
ruisselle
d’imperceptibles oiseaux.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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TRAGIQUE DU TEMPS (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018




TRAGIQUE DU TEMPS

La porte si forte des prisons
le vent passe dessous quand même
parfois aussi un pâle soleil
en un vieux temps nuance les plis
d’une robe de bourreau.
Dans un bourg de vacances
commence à jouer une harmonie
tandis qu’ayant posé sa houe
assis un journalier contemple
les exécutants pacifiques
voués au massacre
dans l’année
disant croire à leurs âmes éternelles
à leurs corps ressuscitant.

(Jean Follain)

Illustration: Maurice Denis

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Le Hérisson (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




Le Hérisson

Bien que je sois très pacifique
Ce que je pique et pique et pique,
Se lamentait le hérisson.
Je n’ai pas un seul compagnon.
Je suis pareil à un buisson,
Un tout petit buisson d’épines
Qui marcherait sur des chaussons.
J’envie la taupe, ma cousine,
Douce comme un gant de velours
Emergeant soudain des labours.
Il faut toujours que tu te plaignes,
Me reproche la musaraigne.
Certes, je sais me mettre en boule
Ainsi qu’une grosse châtaigne,
Mais c’est surtout lorsque je roule
Plein de piquants, sous un buisson,
Que je pique, et pique et repique,
Moi qui suis si, si pacifique,
Se lamentait le hérisson.

(Maurice Carême)

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Comment, ô mort, avoir peur de toi ? (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



 

Hans Baldung Grien (7)

Comment, ô mort, avoir peur
de toi ? N’es-tu point ici avec moi, au travail ?
N’es-tu pas sur mes yeux, ne dis-tu pas
que tu ne sais rien, que tu es creuse,
inconsciente, pacifique ? Ne jouis-tu pas,
avec moi, de tout : gloire, solitude,
amour, jusqu’à la moelle ?
N’es-tu point là à supporter,
ô mort, debout ma vie ?
Ne suis-je pas l’enfant, ô aveugle,
qui te suit et te guide ? Ne répètes-tu pas
de ta bouche passive
ce que je veux que tu dises ? Ne supportes-tu pas
esclave, ma bonté qui t’oblige ?
Que verras-tu, que diras-tu, où iras-tu
sans moi ? Ne serai-je pas,
ô mort, ta mort, que toi, ô mort,
tu dois craindre, choyer, aimer ?

***

¿Cómo, muerte, tenerte
miedo? ¿No estás aquí conmigo, trabajando?
¿No te toco en mis ojos; no me dices
que no sabes de nada, que eres hueca,
inconsciente y pacífica? ¿No gozas,
conmigo, todo: gloria, soledad,
amor, hasta tus tuétanos?
¿No me estás aguantando,
muerte, de pie, la vida?
¿No te traigo y te llevo, ciega,
como tu lazarillo? ¿No repites
con tu boca pasiva
lo que quiero que digas? ¿No soportas,
esclava, la bondad con que te obligo?
¿Qué verás, qué dirás, adónde irás
sin mí? ¿No seré yo,
muerte, tu muerte, a quien tú, muerte,
debes temer, mimar, amar?

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Hans Baldung Grien

 

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Fleurs de mimosa (Haruo Mizuhara)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017



mimosa  [1280x768]

Fleurs de mimosa —
Le bleu pacifique
plus foncé

(Haruo Mizuhara)

Illustration

 

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Le sentiment d’une solitude déchirante (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017


Le sentiment d’une solitude déchirante
et d’une certaine incommunicabilité du monde
était parfois donné par la vue d’une brouette vide
vide encore chaude de la fumure transportée.
Le jardinier s’en était allé boire:
il se pouvait qu’il ne revînt jamais.
Je me disais que je lui avais quelques fois parlé.
A bien réfléchir, il se pouvait que je lui aie dit cent mots.

Les oiseaux passaient à tire-d’aile, les horloges sonnaient
et les ombres s’allongeaient sur le sol blanc.

Le jardinier n’était pas mort, il n’avait eu qu’une attaque.
Il ne parlerait plus et resterait sur un banc
devant sa porte et des mouches en pleine vie
marcheraient dans ses mains sur lesquelles tremblerait
l’ombre dentelée des feuilles pacifiques.

(Jean Follain)

Illustration

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La Trêve (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



La Trêve

Dans le désert ridé des draps,
la nuit dévêt l’enfance d’une épaule,
sel et soleil aux yeux du survivant

qui suit du doigt le long cheminement
du sang léger au flanc de la dormeuse
et la tiédeur d’une chair hasardeuse.

Les rues se sont vidées de leur venin
et l’on entend les bêtes pacifiques
ruser avec la lune sous les feuilles,

cependant que très loin, dans le brouillard,
la mer remue les algues et les monstres,
à coups de reins, dans son lit froid.

Et c’est la somnolence de l’hiver.

Au creux des meules s’engourdit
la rage têtue des vipères.

(Jean Joubert)


Illustration: Katerina Belkina

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Iris noirs (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



Iris noirs

Dans les iris, à l’ombre de la tour,
veillent les loups du ciel, les yeux mi-clos,
prêts à bondir dans le soir innocent.

Mère prudente, écarte de la tour
l’enfant captive aux mailles du parfum
et qui déjà dérive de ta chair.

Tourne la clef, lève l’aube des lampes
sur un rucher de pacifiques fleurs,
pour conjurer cette agression de flammes.

En vain! La nuit des iris a gagné
la chambre creuse où l’enfant se dévêt.
Ta fille brûle, et te voilà perdue.

(Jean Joubert)


Illustration

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