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Posts Tagged ‘pacotille’

Final provisoire (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Final provisoire

Jamais ne se cicatrisent vraiment
Les blessures du cœur.
Je succombe peu à peu
Aux heures mortelles d’ennui
Dont le venin s’instille en moi
Minute par minute
Au rythme régulier
Et lancinant
Du balancier
Et mon regard suit
Inlassablement
Hypnotisé
Le disque de cuivre ciselé
Qui brille comme un soleil
De pacotille
Et oscille comme un débile
Dans les entrailles de l’horloge
Mais sans battre comme un cœur.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Je n’existe pas (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



Je commence à me connaître.
Je n’existe pas.

Je suis l’intervalle entre ce que je voudrais être et ce que de moi ont fait les autres,
Ou la moitié de cet intervalle, car il y a la vie aussi…

C’est cela que je suis, enfin…

Eteins la lumière, ferme la porte,
et fais cesser ces bruits de savates dans le couloir.
Que je reste seul dans la chambre
avec un grand apaisement intérieur.

C’est un monde de pacotille.

(Fernando Pessoa)


Illustration: Gilbert Garcin

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Donne du rhum à ton homme (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 

George Clair Tooker 1920-2011 - American Magic Realist painter - Tutt'Art@ (40)

Donne du rhum à ton homme

{Refrain:}
Donne du rhum à ton homme
Du miel et du tabac
Donne du rhum à ton homme et tu verras comme
Il t´aimera.

Y a des filles sur le port
Si belles et si gentilles
Tout sourire dehors
Sentant bon la vanille
Et ton homme n´est pas de bois
Il les regarde d´un œil tendre
Si tu veux le garder pour toi
Donne donne-lui sans attendre.
{au Refrain}

Il te donnera des bijoux
Des colliers qui scintillent
Qu´il ramène du Pérou
De Cuba des Antilles
Mais pour te donner de l´amour
Faut qu´il se repose du voyage
Avant de lui offrir à ton tour
Tous les trésors de ton corsage
{au Refrain}

Quelle nuit que cette nuit-là
On en parle dans la ville
Même on exagérera
Sa tendresse virile
Car pour l´heure il est fatigué
Il sombre dans la somnolence
Dès que tu l´auras réveillé
Si tu veux que ça recommence.
{au Refrain}

Quand il va repartir
Te laissant pauvre fille
Seule avec le souvenir
Et le collier de pacotille
Au moment de vous séparer
Pour des mois de longues semaines
Donne-lui bien sûr des baisers
Mais si tu veux qu´il te revienne
Mais si tu veux qu´il te revienne
{au Refrain}

(Georges Moustaki)

Illustration: George Clair Tooker

 

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Dans les plis de la lumière (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

 

Dans les plis de la lumière
Non, je ne suis pas en exil,
chez moi dans le jaillissement
dans la chute et dans l’usure
dans le diamant et la pacotille
chez moi dans la jubilation des eaux et des airs
et comment parler du mouvement sans bornes
sous les averses d’averses de photons
les vitesses de tant de rayonnements
dans la fraîcheur fragile du verger en fleur
rencontré ce matin de février sans nombre
dans l’éventail d’années et d’années de lumière —
je suis le marcheur qui respire l’ouvert
de tous ses poumons et dont le corps-cerveau
compose des images, musiques et langues,
je suis celui qui chante dans le chant
hors métrique et hors vocabulaire
les matins de toute vie et les soirs
et les nuits de solitude peuplées
de pensées qui s’envolent de leurs fenêtres
de tout ce qui se déplie, telles les eaux
que parcourt un battement d’aile dans la nuit
de l’eau solidaire de celui qui dort,
comme de celui qui écoute le poème au-dedans, au-dehors

(Lorand Gaspar)
Découvert chez Lara ici

 

 

 

 

 

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BATTERIE (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



 

BATTERIE

SOLEIL, je t’adore comme les sauvages,
à plat ventre sur le rivage.

Soleil, tu vernis tes chromos,
tes paniers de fruits, tes animaux.

Fais-moi le corps tanné, salé ;
fais ma grande douleur s’en aller.

Le nègre, dont brillent les dents,
est noir dehors, rose dedans.

Moi je suis noir dedans et rose
dehors, fais la métamorphose.

Change-moi d’odeur, de couleur,
comme tu as changé Hyacinthe en fleur.

Fais braire la cigale en haut du pin,
fais-moi sentir le four à pain.

L’arbre à midi rempli de nuit
la répand le soir à côté de lui.

Fais-moi répandre mes mauvais rêves,
soleil, boa d’Adam et d’Eve.

Fais-moi un peu m’habituer,
à ce que mon pauvre ami Jean soit tué.

Loterie, étage tes lots
de vases, de boules, de couteaux.

Tu déballes ta pacotille
sur les fauves, sur les Antilles.

Chez nous, sors ce que tu as de mieux,
pour ne pas abîmer nos yeux.

Baraque de la Goulue, manège
en velours, en miroirs, en arpèges.

Arrache mon mal, tire fort,
charlatan au carrosse d’or.

Que j’ai chaud ! C’est qu’il est midi.
Je ne sais plus bien ce que je dis.

Je n’ai plus mon ombre autour de moi
soleil ! ménagerie des mois.

Soleil, Buffalo Bill, Barnum,
tu grises mieux que l’opium.

Tu es un clown, un toréador,
tu as des chaînes de montre en or.

Tu es un nègre bleu qui boxe
les équateurs, les équinoxes.

Soleil, je supporte tes coups ;
tes gros coups de poing sur mon cou.

C’est encore toi que je préfère,
soleil, délicieux enfer.

(Jean Cocteau)

 

 

 

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STONEHENGE (Denis Rigal)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



STONEHENGE

sous le gazon usé,
une pacotille d’ossements,
notables sans doute

mais où
le sang offert au premier soleil
et la terreur des entrailles ?

des signes brisés se déhalent
dans une nuit énorme.

Tout près,
Sur un pieu de bois frais taillé,
un corbeau,
plus vieux que les pierres

(Denis Rigal)

Illustration

 

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