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Poésie

Posts Tagged ‘paille’

La marche à l’amour (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2021



La marche à l’amour

Tu as les yeux pers des champs de rosées
tu as des yeux d’aventure et d’années-lumière
la douceur du fond des brises au mois de mai
dans les accompagnements de ma vie en friche
avec cette chaleur d’oiseau à ton corps craintif
moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches
moi je fonce à vive allure et entêté d’avenir
la tête en bas comme un bison dans son destin
la blancheur des nénuphars s’élève jusqu’à ton cou
pour la conjuration de mes manitous maléfiques
moi qui ai des yeux où ciel et mer s’influencent
pour la réverbération de ta mort lointaine
avec cette tache errante de chevreuil que tu as

tu viendras tout ensoleillée d’existence
la bouche envahie par la fraîcheur des herbes
le corps mûri par les jardins oubliés
où tes seins sont devenus des envoûtements
tu te lèves, tu es l’aube dans mes bras
où tu changes comme les saisons
je te prendrai marcheur d’un pays d’haleine
à bout de misères et à bout de démesures
je veux te faire aimer la vie notre vie
t’aimer fou de racines à feuilles et grave
de jour en jour à travers nuits et gués
de moellons nos vertus silencieuses
je finirai bien par te rencontrer quelque part
bon dieu!
et contre tout ce qui me rend absent et douloureux
par le mince regard qui me reste au fond du froid
j’affirme ô mon amour que tu existes
je corrige notre vie

nous n’irons plus mourir de langueur
à des milles de distance dans nos rêves bourrasques
des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres
les épaules baignées de vols de mouettes
non
j’irai te chercher nous vivrons sur la terre
la détresse n’est pas incurable qui fait de moi
une épave de dérision, un ballon d’indécence
un pitre aux larmes d’étincelles et de lésions profondes
frappe l’air et le feu de mes soifs
coule-moi dans tes mains de ciel de soie
la tête la première pour ne plus revenir
si ce n’est pour remonter debout à ton flanc
nouveau venu de l’amour du monde
constelle-moi de ton corps de voie lactée
même si j’ai fait de ma vie dans un plongeon
une sorte de marais, une espèce de rage noire
si je fus cabotin, concasseur de désespoir
j’ai quand même idée farouche
de t’aimer pour ta pureté
de t’aimer pour une tendresse que je n’ai pas connue
dans les giboulées d’étoiles de mon ciel
l’éclair s’épanouit dans ma chair
je passe les poings durs au vent
j’ai un coeur de mille chevaux-vapeur
j’ai un coeur comme la flamme d’une chandelle
toi tu as la tête d’abîme douce n’est-ce pas
la nuit de saule dans tes cheveux
un visage enneigé de hasards et de fruits
un regard entretenu de sources cachées
et mille chants d’insectes dans tes veines
et mille pluies de pétales dans tes caresses

tu es mon amour
ma clameur mon bramement
tu es mon amour ma ceinture fléchée d’univers
ma danse carrée des quatre coins d’horizon
le rouet des écheveaux de mon espoir
tu es ma réconciliation batailleuse
mon murmure de jours à mes cils d’abeille
mon eau bleue de fenêtre
dans les hauts vols de buildings
mon amour
de fontaines de haies de ronds-points de fleurs
tu es ma chance ouverte et mon encerclement
à cause de toi
mon courage est un sapin toujours vert
et j’ai du chiendent d’achigan plein l’âme
tu es belle de tout l’avenir épargné
d’une frêle beauté soleilleuse contre l’ombre
ouvre-moi tes bras que j’entre au port
et mon corps d’amoureux viendra rouler
sur les talus du mont Royal
orignal, quand tu brames orignal
coule-moi dans ta plainte osseuse
fais-moi passer tout cabré tout empanaché
dans ton appel et ta détermination

Montréal est grand comme un désordre universel
tu es assise quelque part avec l’ombre et ton coeur
ton regard vient luire sur le sommeil des colombes
fille dont le visage est ma route aux réverbères
quand je plonge dans les nuits de sources
si jamais je te rencontre fille
après les femmes de la soif glacée
je pleurerai te consolerai
de tes jours sans pluies et sans quenouilles
des circonstances de l’amour dénoué
j’allumerai chez toi les phares de la douceur
nous nous reposerons dans la lumière
de toutes les mers en fleurs de manne
puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang
tu seras heureuse fille heureuse
d’être la femme que tu es dans mes bras
le monde entier sera changé en toi et moi

la marche à l’amour s’ébruite en un voilier
de pas voletant par les lacs de portage
mes absolus poings
ah violence de délices et d’aval
j’aime
que j’aime
que tu t’avances
ma ravie
frileuse aux pieds nus sur les frimas de l’aube
par ce temps profus d’épilobes en beauté
sur ces grèves où l’été
pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers
harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes
ton corps tiède de pruche à mes bras pagayeurs
lorsque nous gisons fleurant la lumière incendiée
et qu’en tangage de moisson ourlée de brises
je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale
je roule en toi
tous les saguenays d’eau noire de ma vie
je fais naître en toi
les frénésies de frayères au fond du coeur d’outaouais
puis le cri de l’engoulevent vient s’abattre dans ta gorge
terre meuble de l’amour ton corps
se soulève en tiges pêle-mêle
je suis au centre du monde tel qu’il gronde en moi
avec la rumeur de mon âme dans tous les coins
je vais jusqu’au bout des comètes de mon sang
haletant
harcelé de néant
et dynamité
de petites apocalypses
les deux mains dans les furies dans les féeries
ô mains
ô poings
comme des cogneurs de folles tendresses

mais que tu m’aimes et si tu m’aimes
s’exhalera le froid natal de mes poumons
le sang tournera ô grand cirque
je sais que tout mon amour
sera retourné comme un jardin détruit
qu’importe je serai toujours si je suis seul
cet homme de lisière à bramer ton nom
éperdument malheureux parmi les pluies de trèfles
mon amour ô ma plainte
de merle-chat dans la nuit buissonneuse
ô fou feu froid de la neige
beau sexe léger ô ma neige
mon amour d’éclairs lapidée
morte
dans le froid des plus lointaines flammes

puis les années m’emportent sens dessus dessous
je m’en vais en délabre au bout de mon rouleau
des voix murmurent les récits de ton domaine
à part moi je me parle
que vais-je devenir dans ma force fracassée
ma force noire du bout de mes montagnes
pour te voir à jamais je déporte mon regard
je me tiens aux écoutes des sirènes
dans la longue nuit effilée du clocher de Saint-Jacques
et parmi ces bouts de temps qui halètent
me voici de nouveau campé dans ta légende
tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges
les chevaux de bois de tes rires
tes yeux de paille et d’or
seront toujours au fond de mon coeur
et ils traverseront les siècles

je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi
lentement je m’affale de tout mon long dans l’âme
je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches de vent sans queue et sans tête
je n’ai plus de visage pour l’amour
je n’ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m’assois par pitié de moi
j’ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
je n’attends pas à demain je t’attends
je n’attends pas la fin du monde je t’attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie tends
dégagé de la fausse auréole de ma vie

(Gaston Miron)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

 

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Fin dernière (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



Fin dernière

Le ver
dans le fruit
La paille
dans le fer
La faille
sans bruit
Qui détruit
jour et nuit
La fin avec
des oiseaux noirs
Qui lardent
de coups de bec
Les ombres du soir
qui s’attardent.

(Jean-Baptiste Besnard)

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LA FILLE DE PAILLE (Franck Gérald)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



 

Pier Toffoletti  4415

LA FILLE DE PAILLE

Ah, que c’est triste
Ah, que c’est éprouvant
D’être amoureux d’une fille de paille
Car elle s’envole au premier coup de vent
Je crois qu’elle est dans mes bras
Elle est par-dessus le toit
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

J’ai découvert dans ses yeux des bleuets
Qu’elle est jolie cette fille de paille
Je ne pouvais vraiment pas me douter
Qu’à la place de son coeur
Y’avait un grillon moqueur
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

Je n’ai que faire de ma liberté
Mes sentiments sont en pierre de taille
Je lui ai dit qu’on pourrait se marier
Alors elle s’est enflammée
Mais il n’en est rien resté
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

Ah, que c’est triste, ah que c’est éprouvant
D’être amoureux d’une fille de paille
Car elle s’envole au premier coup de vent
Je crois qu’elle est dans mes bras
Elle est par-dessus le toit
A la place de son coeur
Y’avait un grillon moqueur
Et puis elle s’est enflammée
Mais il n’en est rien resté
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah.

(Franck Gérald)

Illustration: Pier Toffoletti

 

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Sous mes sandales en paille (Shiki)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2021



    

sous mes sandales en paille
le parfum
des herbes des prés

***

野辺の草草履の裏に芳しき

(Shiki)

 

Recueil: Ah! Le printemps
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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Si un lézard s’arrête (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2020



Les douces eaux fument
Dans la grande chaleur ce soir. Je suis
Sans poids et sans peine.
Mon coeur gît sur la paille
Tiède. Ma mère sur cette aire
A battu la récolte.

(Leonardo Sinisgalli)


Illustration: Jules Bastien-Lepage

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CONTE DU SOLEIL ET DE LA ROUTE (Alain Fournier)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



 
    
CONTE DU SOLEIL ET DE LA ROUTE
(À une petite fille)

— Un peu plus d’ombre sous les marronniers des places,
Un peu plus de soleil sur la grande route lasse…

Des noces passeront, aux « beaux jours » étouffants,
sur la grand’route, au grand soleil, et sur deux rangs.

De très longs cortèges de noces campagnardes
avec de beaux habits dont tout le monde parle

Et de petits enfants, dans la noce, effarés,
auront de très petits « gros chagrins » ignorés…

— Je songe à l’Un, petit garçon, qui me ressemble
et, les matins légers de printemps, sous les trembles,

à cause du ciel tiède et des haies d’églantiers,
parce qu’il était seul, qu’on l’avait invité,
se prenait à rêver à la noce d’Été :

« … On me mettra peut-être – on l’a dit – avec Elle
qui me fait pleurer dans mon lit, et qui est belle…

(Si vous saviez – les soirs, quelquefois – ô mamans,
les pleurs de tristesse et d’amour de vos enfants !)

« … J’aurai mon grand chapeau de paille neuve et blanche ;
sur mon bras la dentelle envolée de sa manche… »
— Et je rêve son rêve aux habits de Dimanche.

« … Oh ! le beau temps d’amour et d’Été qu’il fera,
Et qu’elle sera douce et penchée, à mon bras.

J’irai à petits pas. Je tiendrai son ombrelle.
Très doucement, je lui dirai « Mademoiselle »

d’abord – Et puis, le soir, peut-être, j’oserai,
si l’étape est très longue, et si le soir est frais,
serrer si fort son bras, et lui dire si près,
à perdre haleine, et sans chercher, des mots si vrais

qu’elle en aura « ses » yeux mouillés – des mots si tendres
qu’elle me répondra, sans que personne entende… »

— Et je songe, à présent, aux mariées pas jolies
qu’on voit, les matins chauds, descendre des mairies
Sur la route aveuglante, en musique, et traîner
des couples en cortège, aux habits étrennés.

Et je songe, dans la poussière de leurs traînes
où passent, deux à deux, les fillettes hautaines
les fillettes en blanc, aux manches de dentelles,
Et les garçons venus des grandes Villes – laids,
avec de laids bouquets de fleurs artificielles,

— je songe aux petits gars oubliés, affolés
qu’on n’a mis, « au dernier moment », avec personne

— aux petits gars des bourgs, amoureux bousculés
par le cortège au pas ridicule et rythmé

— aux petits gars qui ne s’en vont avec personne
dans le cortège qui s’en va, fier et traîné
vers l’allégresse sans raison, là-bas, qui sonne.

— Et tout petits, tout éperdus, le long des rangs,
ne peuvent même plus retrouver leurs mamans.

— Un surtout… qui me ressemble de plus en plus !
un surtout, que je vois – un surtout… a perdu

au grand vent poussiéreux, au grand soleil de joie,
son beau chapeau tout neuf, blanc de paille et de soie

et je le vois… sur la route… qui court après
– et perd le défilé des « Messieurs » et des « Dames » –
court après – et fait rire de lui – court après,
aveuglé de soleil, de poussière et de larmes…

(Alain Fournier)

 

Recueil: Miracles
Traduction:
Editions:

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Le chapeau de paille (Chiyo-ni)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2020




    
Le chapeau de paille
on ne sait où le poser
Prairie fleurie

***
笠を置くとこを尋ぬる花野かな
kasa wo oku / toko wo tazunuru / hanano kana

(Chiyo-ni)

 

Recueil: Chiyo-ni Une femme éprise de poésie
Traduction: Grace Keiko / Monique Leroux Serres
Editions: Pippa

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Si je frappe du pied dans la poussière (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



    

Si je frappe du pied dans la poussière
ce n’est pas un grouillement de fantômes qui se lève
du pied dans les nuées,
dans les lignes de la main
ce n’est pas une armée d’ossements qui s’avance
un vertige qui souffle sur le sommeil des servantes
si je frappe, le village ne s’envole pas
les anges de perles bleues, rouges, noires
au plafond des auberges ne s’envolent pas
si je frappe du pied, tout ce pays me monte à la tête,
avec derrière lui dans la prière du soir
sa barbe de gros froment roux qui frotte mon épaule
la chaleur des hanches et des bras prise sur la dernière danse
les champs qui se lavent des pieds à la tête
si je frappe du pied, dimanche
trois fois dimanche
trente-trois fois dimanche
et rien ne change, rien ne change jamais
pas une fleur dans la prairie
pas un pli de la robe
pas une étoile de la fièvre bleue des foins
et puis ça recommence du grain à la paille
de la terre au ciel, de la mère à l’enfant
des sources à l’océan fumant sous le coup de midi
de la rosée du matin à la rosée du soir
du paysan qui va aux champs au paysan qui en revient
la main passe, le ciel recule et avance
les servantes, l’amour en tête
montent dans leur chambre pleine d’oracles
si je frappe du pied ça recommence
dimanche, trois fois dimanche, trente-trois fois dimanche.

(Albert Ayguesparse)

 

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Lorsque parait la lune citadine (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




Lorsque parait la lune citadine sur les places
Et la ville assoupie s’en illumine lentement,
Et la nuit s’épaissit, pleine de cuivre et de mélancolie,
Et la cire mélodieuse au temps cruel fait place;

Et le coucou gémit au sommet de sa tour de pierre,
Et la blême moissonneuse, en ce monde sans souffle descendue,
Fait bruire doucement les énormes aiguilles d’ombres
Et répand la paille jaune sur le plancher de bois…

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Alina Maksimenko

 

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LIEDER DU VENT À DECORNER LES BŒUFS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2020



    

LIEDER DU VENT À DECORNER LES BŒUFS

Le vent court à brise abattue
il court il court à perdre haleine
Pauvre vent perdu et jamais au but
où cours-tu si vite à travers la plaine

Où je cours si vite où je cours si vite
Le vent en bégaye d’émotion et d’indignation
Se donner tant de mal et de gymnastique
et qu’on vous pose après de pareilles questions

À quoi bon souffler si fort et si bête
et puis s’en aller sans rien emporter
Quelle vie de chien qui toujours halète
qui tire sa langue de chien fatigué

Jusqu’au bout du monde il faut que tu ailles
poussant ton charroi de vent qui rabâche
Vente vent têtu de sac et de paille
Gémir pleurer prier est également lâche

Déjà autre part j’ai entendu ça
Je ne veux plus être vent dit le vent qui boude
Je change de peau je change de pas
Je me fais flûtiau route ou pierre qui roule

Mais il dit tout ça sans conviction aucune
Il sait qu’il faut bien en passer par là
venter quand on est vent luner quand on est lune
et quand on n’est qu’un homme nommer ce qui est là

Le vent la pluie le froid le chaud la solitude
la belle vie qui prend de mauvaises habitudes.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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