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Poésie

Posts Tagged ‘pais’

Arbres (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
à la mémoire de Jean Onimus

Arbres
Soyez
Les obscurs veilleurs
Sous l’écorce des siècles
Le souffle spiralé
Des germinations

Soyez
La cantate rugueuse
Des racines
La voix enfouie qui frémit
Aux fractures des rocs

Arbres
Soyez
Le pleur des ramures d’hiver
Le cri aveugle des bourgeons
Tâtonnant dans leurs songes

Soyez
La louange verticale
La paix ruisselante
Le contre-point d’or et d’ombre
Sous l’immuable clarté

Arbres
Soyez
L’Alleluia feuillu
L’Amen fleuri des cimes
Le Répons murmurant
A la ferveur infuse
Des étoiles.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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La nuit pose ses lacs (Elisabeth Racine)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    

La nuit pose ses lacs

Toute la nuit, j’écoute le silence qui m’appelle.
La lune qui se cache,
La lune absente
N’est pas plus noire
Que tes cheveux.
Le silence n’est pas plus sombre.

Tu es la source invisible,
Le lieu même de la nuit.
En toi, elle a contemplé son visage
Et s’est aimée.

Toute la nuit, j’écoute ton appel,
J’écoute l’appel de la nuit.
A l’aube, je suis morte.
Dès la matin qui nous sépare
J’attends la nuit.

Etrange et sans merci,
C’est toi l’abence originaire
Dont tant, comme moi, sont épris
Et à jamais meurtris.

*

Dans le ciel obscur elle se mire,
étoile vespérale, étoile du matin.
Comme toi son propre reflet.

Tu es le même et l’autre,
Le tourment créateur
Né de la paix du songe,
La passion pour le jour
Que la nuit seule éprouve.

Le nuit pose ses lacs
Et jette ses filets,
Lentement les ramène.

Du Nord vient l’oubliance
Et du Sud le tourment :
Auprès du Sagittaire
Ils s’étreignent.

A l’aube, ils sont captifs.

*

Puisque tout a été nommé
mesure et démesure,
lumière et nuit,
deux voix s’opposent et se fondent dans la plus grande union et la plus grande séparation.

Pour elles brille dès le soir,
pour elles s’attarde l’étoile double et singulière que la nuit s’efforce
de ramener au jour et le jour renvoie à la nuit, visage défendu, chant perdu.

Plus loin que la flamme en sa source mystérieuse, vers la
demeure invisitée tu me portes. Splendeur nocturne de ton regard
cherchant son reflet lumineux…

Dans l’échange contenu de nos regards
Réside mon désir.
Dans la nuit sans miroir, la nuit incessante
Il s’accomplit,
Demeuré désir.

Vers la demeure invisitée
Tu me portes,
En toi réside mon désir.

(Elisabeth Racine)

 

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L’attente toujours (Bernard Mazo)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2016



L’attente toujours

Découvrirons-nous au soir d’une longue patience
La source d’où cheminent nos rêves les plus obstinés ?
Remonterons-nous les longs chemins de la mémoire ?
Lorsque nous aurons atteint l’autre versant du temps
De grands faisceaux de brume emprisonneront les oiseaux de passage
Comme autant de liens invisibles reliés au cœur du monde
Nous irons alors par les fins réseaux du sang
Dans cette odeur âcre de fleurs pourrissantes
Avec sur les lèvres, comme la brûlure d’une paix rassurante,
La saveur du sel de la nuit.

(Bernard Mazo)

 

 

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Après tempêtes, le beau temps revient (Hadewijch)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016



Après tempêtes, le beau temps revient,
plus d’un jour on en fait l’épreuve ;
colère d’un soir, paix le lendemain :
c’est ainsi que s’affermit l’amour.

(Hadewijch)

Illustration: David Brayne

 

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