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Posts Tagged ‘palais’

SONNET DE LA BOUCHE VUE EN RÊVE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019




    
SONNET DE LA BOUCHE VUE EN RÊVE

Ayant requis Paula de sa faveur première,
J’attendais que le somme eût porté son conseil,
Quand, bâillante, elle offrit sa bouche à la lumière,
Y tourna par sa glace un rayon de soleil.

A quelque fine église en gothique manière
L’intérieur, miracle! était assez pareil;
Les lèvres paraissaient la superbe portière
Qui s’ouvrait, découvrant le dévot appareil.

La langue y composait un lisse et mol dallage,
Le palais un plafond en ogival ouvrage,
Les dents étaient piliers étincelants d’émail.

A la voûte du choeur, de cramoisi tendue,
La luette semblait la lampe suspendue.
Toute la gorge, au fond, n’était qu’un haut vitrail.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Annoncez (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019




    
Annoncez les couleurs du soleil étouffé
annoncez l’incendie du blanc déjà tué
annoncez le roi nu
annoncez quatorze heures à midi
annoncez sur le seuil la venue des maudits
la neige des pétales sur l’hiver qui s’est tu
annoncez j’aime dans leurs palais de sang
annoncez pile et deux fois face
sur les linges qui savent quelle face ils essuient
annoncez l’impossible multiplié par tous
ne vous laissez pas questionner
ne vous laissez pas déséquilibrer
ne vous laissez pas séduire
annoncez.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Histoire contemporaine
Traduction:
Editions:

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En une attente désespérée (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration: Renata Ratajczyk
    
En une attente désespérée je vais cherchant après elle
dans tous les coins de ma demeure; je ne la trouve pas.
Ma maison est petite, et ce qui une fois en est sorti jamais plus ne peut être ressaisi.
Mais immense est ton palais, mon Seigneur,
et tandis que je cherchais après elle je suis parvenu devant ta porte.

Je m’arrête sous le céleste dais d’or de ton soir,
et vers ton visage je lève mes yeux pleins de désir.
Je suis parvenu sur le bord de l’éternité d’où jamais rien ne se dissipe
– nul espoir, nul bonheur, nul souvenir de visage entrevu à travers les larmes.

Oh ! trempe dans cet océan ma vie creuse,
plonge-la dans le sein de cette plénitude, et que cette caresse perdue,
je la ressente enfin dans la totalité de l’univers.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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CREPUSCULE ANTIQUE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



CREPUSCULE ANTIQUE

Le jet d’eau, derrière le palais mort
Jaillit et grandit, et s’élève et pleure —
Et les gouttes dans le soir tombent, meurent,
En s’irisant de bleu, de sang et d’or.

Sur l’eau une file de cygnes blancs…
Le parc emprunte au lac son tendre rêve,
Le couchant pare les cygnes, sans trêve
Les irisant de bleu, d’or et de sang.

Les sculptures gisent là, tristement,
Rêvant dans leur blancheur et elles pleurent
Et le couchant les colore en cette heure
Les irisant de bleu, d’or et de sang.

(George Bacovia)

Illustration: Patricia Blondel

 

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CHANT DU PALAIS PRINTANIER (Wang Changling)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



CHANT DU PALAIS PRINTANIER

La nuit dernière le vent emportait les fleurs de
pêchers au puits Lujing
Du haut du ciel le disque lunaire
éclairait le palais Weiyang

Pour la remercier de ses chants et danses
L’empereur a offert à sa nouvelle favorite Pingyang
une robe la protégeant de la fraîcheur du printemps

(Wang Changling)

 

 

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Le palais (Wang Po)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Le palais n’est plus visité que le matin par les vapeurs du rivage
et le soir par la pluie qui ronge les stores en lambeaux.

Des nuages paresseux se promènent lentement
en se mirant dans les eaux limpides.
Combien d’automnes ont déjà passé sur ce palais ?…
Le jeune roi qui l’habitait a contemplé comme nous ce grand fleuve
qui roule toujours ses flots muets et profonds.

(Wang Po)

 

 

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Cette nuit… (Maurice du Plessys)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



 

Karol Bak 217

Cette nuit (noble accord des êtres et des choses)
En un palais, le plus tranquille des tombeaux,
Trois nymphes, l’or, la neige échangeantes aux roses,
Dansaient, flammes de marbre, aux feux des vieux flambeaux.

(Maurice du Plessys)

Illustration: Karol Bak

 

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La Dame (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Mariejpg

Hommage aux anges
[28]

J’avais pensé à Gabriel,
au cycle de lune, à la coquille de lune,

au croissant de lune
et à la lune pleine :

j’avais pensé à Gabriel,
le régent de la lune, l’Ange,

et j’avais eu l’intention de le rappeler
dans la séquence de bougie et de feu

et dans la loi des sept :
je n’avais pas oublié

son attribut spécial
d’annonciateur ; j’avais pensé

à m’adresser à lui comme aux autres,
Uriel, Annaél ;

comment pouvais-je imaginer
que la Dame elle-même viendrait à sa place ?

[29]

Nous l’avons vue
dans le monde entier,

Notre Dame au Chardonneret,
Notre Dame au Candélabre,

Notre Dame à la Grenade,
Notre Dame à la Chaise ;

nous l’avons vue, une impératrice
magnifique dans sa pompe et sa grâce,

et nous l’avons vue
avec une seule fleur

ou un amas d’oeillets mignardise
dans un verre près d’elle ;

nous avons vu la résille
tirée sur ses cheveux,

ou son visage de profil
avec capuchon bleu et des étoiles ;

nous l’avons vue la tête courbée
sous le poids d’une couronne bombée,

ou nous l’avons vue, fillette menue
enchâssée dans un halo doré ;

nous l’avons vue avec une flèche, avec des colombes
et un coeur comme une valentine ;

nous l’avons vue dans la plus belle soie importée
des contrées du Levant,

et couvertes de perles venues
de la cité de Constantin ;

nous avons vu sa manche
dans toutes les couleurs imaginables

de damas et de brocart gaufré ;
c’est vrai,

les peintres se sont montrés généreux ;
c’est vrai, ils n’ont jamais raté une ligne

de la douce inclinaison de sa tête
ou de l’ombre subtile d’une paupière baissée

ou de paupières entrouvertes ; on la trouve
partout (enfin, on la trouvait),

cathédrale, musée, cloître,
ou palier de l’escalier du palais.

***

I had been thinking of Gabriel,
of the moon-cycle, of the moon-shell,

of the moon-crescent
and the moon at full :

I had been thinking of Gabriel,
the moon-regent, the Angel,

and I had intended to recall him
in the sequence of candle and fire

and the law of the seven;
I had not forgotten

his special attribute
of annunciator; I had thought

to address him as I had the others,
Uriel, Annael;

how could I imagine
the Lady herself would come instead?

We have seen her
the world over,

Our Lady of the Goldfinch,
Our Lady of the Candelabra,

Our Lady of the Pomegranate,
Our Lady of the Chair;

we have seen her, an empress,
magnificent in pomp and grace,

and we have seen her
with atingle flower

or a cluster of garden-pinks
in a glass beside her;

we have seen her snood
drawn over her hair,

or her face set in profile
with the blue hood and stars;

we have seen her head bowed down
with the weight of a domed crown,

or we have seen her, a wisp of a girl
trapped in a golden halo;

we have seen her with arrow, with doves
and a heart like a valentine ;

we have seen her in fine silks imported
from all over the Levant,

and hung with pearls brought
from the city of Constantine;

we have seen her sleeve
of every imaginable shade

of damask and figured brocade;
it is true,

the painters did very well by her;
it is true, they missed never a line

of the suave turn of the head
or subtle shade of lowered eye-lid

or eye-lids half-raised; you find
her everywhere (or did find),

in cathedral, museum, cloister,
at the turn of the palace stair.

(Hilda Doolittle)

 

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NOMS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



NOMS

Ah! Edwige, quel joli nom
tu portes, femme au coeur bleu :
c’est un nom de reine
qui peu à peu est arrivé jusqu’aux cuisines
et n’a jamais repris le chemin des palais.
Edwige

est fait de syllabes tressées
comme l’ail qui en chapelets
pend aux poutres.

Si nous regardons ton nom dans la nuit,
attention! il scintille
comme une tiare, de la cendre,
comme une braise verte
qui se cache dans le temps.

(Pablo Neruda)


Illustration: Edwige Lefevre

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Les filles aux yeux bandés (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Les filles aux yeux bandés,
(Otez les bandeaux d’or)
Les filles aux yeux bandés
Cherchent leurs destinées…

Ont ouvert à midi,
(Gardez les bandeaux d’or)
Ont ouvert à midi,
Le palais des prairies…

Ont salué la vie,
(Serrez les bandeaux d’or)
Ont salué la vie,
Et ne sont point sorties…

(Maurice Maeterlinck)

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