Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pâlissant’

À la dernière halte du voyage (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



À la dernière halte du voyage, dans la maison du soir,
un pain est rompu et mangé en silence
sous la lumière crépusculaire pâlissant à la fenêtre.

Aucune lampe ne s’allume pour la nuit,
car aucune huile n’y suffirait,
et nul piétinement de cheval ne te réveillera
pour le départ d’un hôte dans la nuit.

Au loin au-dessus des arbres le matin
et des fleurs qui s’ouvrent pour orner la vie,
mais tu les as oubliés, toi, les fleurs et les arbres,
ce qui était chagrin et bonheur terrestres.

***

Vid färdens sista rast, i aftonhuset,
där bryts ett bröd och ätes under tystnad
i skymningsljus från fönstrets skumma ruta.

Det tänds ej någon lampa där för natten,
för ingen lampas olja skulle räcka,
och inget stamp av hästar skall dig väcka
för att en gäst skall vidare i natten.

Långt borta är det morgon över träden
och blommor öppnas för att livet smycka,
men du har glömt dem, blommorna och träden,
vad som var jordisk sorg och jordisk lycka.

(Pär Lagerkvist)

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Justice déparée (André Simoncini)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Justice déparée
Qui sublime la douleur

Dérive immatérielle
Glissade enivrante
Comme un droit
Au vertige féroce
Un dernier regard braqué
Vers la cime pâlissante

Enfin en symbiose
Avec l’éternité.

(André Simoncini)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Au déclin du jour (Avraham Ben-Yitzhak)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017




    
Au déclin du jour

Lorsque sombrera le brasier rouge de nos vies
nous ôterons de nos fronts la couronne des fêtes
aux feuilles touffues, aux roses tombées,
et nous descendrons en silence vers les fleuves.

Au déclin du jour nous tenant sur la rive,
nous suivrons des yeux leur cours —
abandonnés fièrement à l’immense solitude.

Sous le déferlement du couchant,
nous verrons, éperdus, s’en venir des fleurs, blanches,
entraînées par l’eau glorieuse —
bordures d’un jardin riant
arrachées en plein midi.

Alors nous saurons : notre jeunesse est passée sous nos yeux.
Avec son souvenir pâlissant,
l’ombre du saule chagrin s’inclinera sur nous.

Au-dessus des montagnes, les étoiles, une à une,
sanctifieront la vaste nuit étrangère,
et le vent du soir, en nous frôlant,
vibrera comme un violon noir

(Avraham Ben-Yitzhak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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