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Que tient en son nid (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020


 


 

Alberto Pancorbo Sueno-Blanco-L

que tient en son nid
le joli ventre à bouche rouge ?

nuit noire mais
dans la mer intérieure
les frêles parois de chair
laves contenues
buissons de sang et
parmi les îles surgies
quelques planètes habitées
nageoires plumes palmes

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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RIEN QU’UN ENCLOS (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



RIEN QU’UN ENCLOS

Rien qu’un enclos et les bergers
descendus, un à un, des cimes,
dans l’odeur chaude des toisons,
et voici que le jeu commence.
Nous sommes là, ceux de la terre,
à souffler dans les coquilles
nos songes nés entre les seins,
bêtes et gens, dans nos haleines,
à guetter le sens de la chair.
Nous sommes là, ceux de l’absence,
l’appel des autres dans nos voix ;
rien qu’une palme sur le ciel
où Dieu caché ne répond pas.

(Géo Libbrecht)

Illustration: Ernest Biéler

 

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L’lNTIME ABSOLU (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019



    
L’lNTIME ABSOLU
Antaratama

L’objet de mon désir que je poursuivais
divaguant
n’était que peu de chose.
J’arpentais le désert —
ce qu’y cherchait mon coeur altéré
n’était ni or ni diamant,
rien qu’un peu d’eau au creux des mains
rien qu’une ombre sous les palmes d’une source
pour un instant.
Ce rien réconcilie la mort et la vie,
ce rien délasse la fatigue du chemin.

Au marché où l’air n’est que bruit
et poussière
entendre quelques notes d’un chant
est entre tout rarissime et pourtant
ce n’est que peu de chose.

C’est comme une averse éphémère
au passage imprévu d’un nuage
qu’attend la terre aride
en fin de baishakha brûlant,
comme une douce main qui réveille
d’un cauchemar suffocant.

C’est si peu de chose et pourtant
que son manque m’accable
et mon coeur inconsolable
le recherche éperdument.

Il était d’impossibles rêves
que je poursuivis et fis miens
mais que je désertai
en passant.

Le trésor qu’on ne sent que sourdre
dans ses veines,
qui fait la trame des songes,
qui siège au coeur du mouvement,
qui ne laisse d’épigraphe
ni de gloire ni de mémoire
sur écriteau de pierre ;

dans l’étoile du soir de phâlguna
s’inscrit son histoire,
son langage seule ma flûte le connaît —
ce don au tréfonds de ma vie fusionné
qui fut au-delà de mon espérance,
pour qui je ne bâtis aucune maison,
qui hors pesanteur reste dérobé à la vision,

c’est sa douleur qui emplit
mon être tout entier
c’est sa nostalgie
qui fait mon univers.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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La petite cascade chante (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Quel calme nocturne, quel calme
nous pénètre du ciel. –
On dirait qu’il refait dans la palme
de vos mains le dessin essentiel.

La petite cascade chante
pour cacher sa nymphe émue…
On sent la: présence absente
que l’espace a bue.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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Reflets (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

Jeanie Tomanek strawberrymoon

Reflets

Sous l’eau du songe qui s’élève,
Mon âme a peur, mon âme a peur !
Et la lune luit dans mon cœur,
Plongé dans les sources du rêve.
Sous l’ennui morne des roseaux,
Seuls les reflets profonds des choses,
Des lys, des palmes et des roses,
Pleurent encore au fond des eaux.
Les fleurs s’effeuillent une à une
Sur le reflet du firmament,
Pour descendre éternellement
Dans l’eau du songe et dans la lune

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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DANS LES RACINES (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



DANS LES RACINES

Dans les racines de l’aube,
rien n’est perdu pour le monde
où l’être passe et devient.
Voici les formes futures
et les souples chevelures
dans l’ombre des chants d’oiseaux.
Quand ma palme sous le nombre
effleurait la croix du sud
était-ce vous ou moi-même
le maïs aérien ?
L’eau chemine vers la source
par les aveugles chemins,
et sur le bord de l’absence
l’épi monte et se souvient.

(Géo Libbrecht)

 

 

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Le poisson rêve (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

Dao Hai Phong g08

Le poisson rêve, la Lune est pleine
belle perle rose de larmes
ornant le front noir de la peine
qu’apaise le choral des choses.

Éveil des formes, fleuve sans bord,
pas obscurs sur l’océan calme,
halte lumineuse des morts
où veille la lenteur des palmes.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Dao Hai Phong

 

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LA LUNE AUX YEUX BLEUS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration
    
LA LUNE AUX YEUX BLEUS

La nuit, les chevelures des femmes et les branches des saules se confondent.
Je marchais au bord de l’eau.
Tout à coup, j’entendis chanter :
alors seulement je reconnus qu’il y avait là des jeunes filles.

Je leur dis : « Que chantez-vous ? »
Elles répondirent : « Ceux qui reviennent. »
L’une attendait son père et l’autre son frère;
mais celle qui attendait son fiancé était la plus impatiente.

Elles avaient tressé pour eux des couronnes et des guirlandes,
coupé des palmes aux palmiers et tiré des lotus de l’eau.
Elles se tenaient par le cou et chantaient l’une après l’autre.

Je m’en allai le long du fleuve, tristement, et toute seule,
mais en regardant autour de moi,
je vis que derrière les grands arbres la lune aux yeux bleus me reconduisait.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Cygne (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




Le Cygne

Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes,
Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil
A des neiges d’avril qui croulent au soleil ;
Mais, ferme et d’un blanc mat, vibrant sous le zéphire,
Sa grande aile l’entraîne ainsi qu’un lent navire.
Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,
Le plonge, le promène allongé sur les eaux,
Le courbe gracieux comme un profil d’acanthe,
Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.
Tantôt le long des pins, séjour d’ombre et de paix,
Il serpente, et, laissant les herbages épais
Traîner derrière lui comme une chevelure,
Il va d’une tardive et languissante allure.
La grotte où le poète écoute ce qu’il sent,
Et la source qui pleure un éternel absent,
Lui plaisent ; il y rôde ; une feuille de saule
En silence tombée effleure son épaule.
Tantôt il pousse au large et, loin du bois obscur,
Superbe, gouvernant du côté de l’azur,
Il choisit, pour fêter sa blancheur qu’il admire,
La place éblouissante où le soleil se mire.
Puis, quand les bords de l’eau ne se distinguent plus,
A l’heure où toute forme est un spectre confus,
Où l’horizon brunit rayé d’un long trait rouge,
Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,
Que les rainettes font dans l’air serein leur bruit,
Et que la luciole au clair de lune luit,
L’oiseau, dans le lac sombre où sous lui se reflète
La splendeur d’une nuit lactée et violette,
Comme un vase d’argent parmi des diamants,
Dort, la tête sous l’aile, entre deux firmaments.

(Sully Prudhomme)

Illustration

 

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II (Suite Mystique) (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
II (Suite Mystique)

O sainteté !
En ce désert
Où j’ai lutté,
J’ai vu ta palme
Profuse et calme :
Haut dans les airs,
Un faible cri
A retenti.
Depuis, je tourne
Autour de l’arbre,
Et tout s’ajourne
Jusqu’à mourir.
Le froid désir
D’un fût de marbre
Sèche les pierres
De mes prières.

(Edmond-Henri Crisinel)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Oeuvres (complètes)
Traduction:
Editions: L’âge d’homme

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