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Posts Tagged ‘palombe’

Dormir avec toi (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



Dormir avec toi

Ecoute le tonnerre, ce bûcheron, traverser la nuit.
Entends ce délire.
Ah ! Serre-moi dans tes jambes nues.
Inonde-moi de chaleur, de lumière.

L’orage monte des draps froissés.
Je ne suis qu’un homme dans les bras de la nuit

Dormir avec toi

Dans la respiration s’ouvrent des sentiers.
Un train de luxe passe dans la sainfoin

Dormir avec toi

Je dors avec toi.
Je dors toujours en toi, plus profondément en toi.

Je t’enlace, tu me pénètres des dents, des bras.
Tu as le râle des palombes.
Les yeux fermés, je vois ouverts tes yeux.
Y dérivent les rivières

Dormir avec toi

Ne me laisse jamais seul.
Un cheval tourne dans ma tête

Dormir avec toi pour assouvir la vie.

(Jean Malrieu)

 Illustration: Emilia Castañeda

 

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Arbre, arbre (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017



    
Arbre, arbre. Un jour je serai un arbre.
Avec la maternelle complicité de l’été.
Qu’annoncent
les palombes.

Un jour j’abandonnerai ces mains
dans l’argile encore chaude du silence,
je gravirai le ciel,
aux arbres de telles choses sont consenties.

J’habiterai alors le regard nu,
fatigué du corps, ce désert
recommencé dans les eaux,
tandis que sur les feuilles le brouillard

dépose ses mains humides.
Et le feu.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Palombes (Frédéric Kiesel)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2017



Palombes

Au temps des premières feuilles,
Etonnées par leur propre douceur,
Inlassablement mille palombes
Roucoulent la tendresse du monde.

(Frédéric Kiesel)


Illustration

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LES OISEAUX QUE J’AI CROISÉS (Max Rouquette)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2016


 

LES OISEAUX QUE J’AI CROISÉS

Les oiseaux que j’ai croisés une heure de ma vie,
dans le passé volent éternellement
avec mon âme de cette heure ;
ainsi d’un arbre de l’hiver
une feuille qui se détache
et qui s’en va au fil de l’eau.
Moi de cette heure, oiseaux d’antan,
palombes évanouies
oh vous mena sans trêve ni repos
l’eau dans sa fuite ?
toujours, toujours, mon coeur chemine
pèlerin ignorant du repos
dans la combe de ma poitrine,
éternel pèlerin sous un ciel
traversé d’absence d’oiseau.

***

LOS AUCELS QU’AI CROSAT…

Los aucels qu’ai crosat, una ora de ma vida,
dins lo passat volan eternament
ambe mon amna d’aquela ora ;
coma d’un aubre de l’ivern
una fuolha que se destaca,
e qu’au fiu de l’aiga se’n vai.
Ieu d’aquela ora, auceus d’antan,
palombas esvanídas
ont vos menet ses ges d’arrest, ni mai de patz
l’aiga, dins sa fugida ?
Sempre, sempre, mon cor camina
romieu que non sap lo repaus
dins la comba de ma peitrina,
eterne romieu jos un ceu
traversat d’abséncia d’aucel.

(Max Rouquette)

 

 

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CRÉPUSCULE (Max Rouquette)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016


 

CRÉPUSCULE

Des palombes effarouchées
dans la délice de leur chant
le vol tourne sur vigne et champ
jusqu’aux heures plus apaisées
que leur plainte s’en va cherchant.
La paix, lueur d’espoir lointain
envahira l’ombre céleste,
molle de lune et de clarté ;
mêlée à l’éclat du feuillage
l’ombre créera d’étranges formes,
et le crapaud, pour les étoiles,
son chant se mouillera de lune.

***

CALABRUN

De palombas espaurugadas
dins la délícia de son cant
lo vòu vira sus vinha e camp,
fins als oras apasimadas
que son planhum se’n vai sonant.
La patz, lusor d’esper lonhtàn
gandirà l’ombra celestiala
mola de luna e de clarum
mesclada al rebat del folhum
l’ombra farà de farfantelas
e lo sabaud, per las estelas,
son cant se banharà de lum.

(Max Rouquette)

 

 

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PAROLES POUR L’HERBE (Max Rouquette)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2016



 

PAROLES POUR L’HERBE

Secrète paix, ombre du sentier,
monde caché de la fourmi,
si douce sous le pas dans l’ombre,
tu m’as accueilli comme une amie.

Debout tu bois aux sources de la nuit,
droite, dans les ténèbres muettes,
depuis que du front lisse du mont,
l’ombre était descendue.

Et tu savais l’envol de la perdrix
et la douce arrivée de la palombe,
et contemplais le ciel nu, pur miroir,
aussi nu que ta combe.

Mais pure, comme la fleur du bois-gentil
et plus humble encor que la mauve,
avec les étoiles au ciel,
tu frissonnes au vent de l’aube.

***

PARAULAS PER L’ERBA

Secreta patz, ombra dau carrairón,
monde escondut de la formiga,
tan doça jos lo pas en la foscor,
m’as aculit corn una amiga.

E beves drecha a las fonts de la nuoch,
drecha en l’escura muda,
despuoi que dau front lis dau puog,
l’ombra t’era venguda.

E conoissent l’envóu dau perdigal
e lo suave pausar de la palomba,
miraves lo cel nud, linde miralh
tan desert que ta comba.

Mas pura aitau la flor del trentanel
e mai umila que la mauva,
ambe las estelas au cel
tressalisses au vent de l’auba.

(Max Rouquette)

 

 

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