Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘palpitant’

Présence (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    

Présence

Ta main est là sans beauté, sans finesse
ta main est là sans chaleur
miracle ta main près de moi
palpitante d’un coeur,
en silence pareille aux cent millions de mains
levées sur mes yeux pour les gestes
dérisoires qu’usent les rondes de la terre.

Lumière ta main brûlée, plus rare, d’ancien enfant
parmi les cils retrouvée
chère comme la vie d’un ciel éteint que nous savons
unique ainsi que ma douleur en cet instant
car tout mystère glisse d’elle pour mon coeur
ô ta main ! d’être tienne transfuge de la race
bandeau d’éternité si tu l’offres à mon front
fermant ces yeux déçus pour l’oubli par toi-même
des blessures des ombres qu’un cauchemar impose.

Je n’ai rien reconnu sur cette terre
aucun poids pour souffrir aucun envol
je n’ai rien reconnu que ton visage
image sans mensonge de ton âme.
Je n’ai rien reconnu sur cette terre
que sa pâleur de neige frêle encore à neiger.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

Publicités

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Des frères partout (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Illustration: Gao-Xingjian
    
Oui, des frères partout.
(Je le sais, je le sais!)

Ils sont seuls comme nous.
Palpitants de tristesse.

La nuit, ils nous font signe!

(Jules Laforgue)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Inspiration (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration: Michael Putz-Richard 
    
L’Inspiration

Ah ! lorsque débordait ainsi la poésie,
Torrent impétueux, brûlante frénésie,
Dans mon âme vibraient d’indicibles accords ;
Comme sous l’ouragan bat la vague marine,
Sous la muse mon cœur battait dans ma poitrine,
Mais ma lyre jamais n’égalait mes transports !…
Par l’inspiration je restais oppressée,
Comme la Druidesse au sommet du Dolmen ;
J’implorais, pour donner un corps à ma pensée
Ton langage éthéré, musique, écho d’Eden !

Il est des sentiments, mystérieux, intimes.
Qu’aucun mot ne peut rendre, et que toi seule exprimes ;
Ces rêves, incompris du monde où nous passons,
Ces extases d’amour, d’un cœur qui vient de naître,
Alors, j’aurais voulu, pour les foire connaître,
Moduler sous mes doigts de séraphiques sons !

J’aurais voulu, penchée à la harpe sonore,
Répandre autour de moi l’âme qui me dévore,
Dans des flots d’harmonie aux anges dérobés !
Oui, j’aurais voulu voir, quand mon âme est émue,
Tous les cœurs palpitants, d’une foule inconnue,
Sous mes accents divins demeurer absorbés !

Vains désirs ! jeune aiglon, on a coupé mes ailes,
On a ravi mon vol aux sphères éternelles,
Pour me faire marcher ici-bas en rampant !
Si la Muse, parfois, vient visiter ma route,
Mon chant meurt sans écho, personne ne l’écoute ;
Et l’hymne inachevée en larmes se répand !

(Louise Colet)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 10 Comments »

Legs (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Legs

Je ne laisserai de moi aucun hymne radieux,
aucune voix matinale palpitant dans la brume
qu’une secrète épine puisse arracher à quelqu’un.

De tout ce qu’aura pu être mon pas capricieux
à travers la vie, restera, car le reste s’estompe
une pierre qu’il y avait au milieu du chemin.

(Carlos Drummond de Andrade)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’AI MOISSONNE TOUT L’OR … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




J’AI MOISSONNE TOUT L’OR …

J’ai moissonné tout l’or du Printemps et je viens,
N’en ayant dans les mains point d’autre, vers ton âme ;
Je ne suis qu’un poète et tu n’es qu’une femme ;
J’ouvre les mains ; cet or, vois-tu, c’est tout mon bien…

Mais si je te le donne, il ne me reste rien ;
Tu m’as pris ces genêts en flammes et la flamme
De mon amour, je suis dénué…je réclame
Ton sourire et ton coeur battant auprès du mien.

Tu consens ; – j’ai posé mes lèvres sur tes lèvres ;
Comme le mois de Mai tes lèvres sont en fièvre ;
Tes yeux comme un profond azur sont palpitants ;

Tes cheveux sentent bon comme un buisson de roses ;
Ah ! te donner ces fleurs fut une absurde chose !…
N’ai-je pas apporté le Printemps au Printemps ?…

(Emile Ripert)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je sais un nid charmant et tendre (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Alberto Vargas  
    
Je sais un nid charmant et tendre
Où niche l’oiseau bleu du cœur,
L’oiseau dont nul ne peut entendre
Sans tressaillir, l’accent vainqueur ;

Nid plein de grâces sans pareilles,
Qui, sous un rayon de gaieté,
Scintillent comme des abeilles
Dans l’or des aurores d’été.

Formé de fleurs fraîches écloses,
Œuvre admirable de l’amour,
Des perles, des feuilles de rosés,
Dessinent son riant contour.

Écrin délicieux que dore
La jeunesse en traits éclatants ;
D’où s’échappe, ailée et sonore,
La vive chanson du printemps ;

D’où sort une divine haleine,
Comme d’un calice vermeil
Qui livre aux souffles de la plaine
Son sein tout baigné de soleil.

Nid séducteur où rit l’ivresse,
Cachant ses secrètes ardeurs,
Comme une coupe enchanteresse
Dont les bords sont voilés de fleurs.

Plus mignon qu’un nid d’oiseau-mouche,
Plus frais qu’un cœur de rose-thé, —
Ce nid ravissant…, c’est ta bouche,
Doux paradis de volupté,

Où les désirs, ramiers fidèles,
Volent toujours inapaisés,
Et vont provoquer à coups d’ailes
L’essaim palpitant des baisers !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon amour (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Illustration: Odile Wysocki-Grec
    

Mon amour

Sanglant ainsi qu’une lame,
Mon amour est une flamme
Debout sur les hauts sommets;

Il est le cyprès pourpré
Brûlant au bûcher sacré
A ces bords qu’Héros aimait;

Le feu que les vents attisent
En la nuit qu’aromatisent
De bleus tourbillons d’encens;

Le javelot d’or qui darde
A travers la nuit blafarde
Son élan resplendissant.

Dans sa somptueuse gloire,
Il est, sur le promontoire
Dominant les flots soyeux,

L’ardent autel où rougeoit,
Le coeur palpitant de joie,
La victime offerte aux dieux.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je voudrais qu’on m’aime (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




    
Je voudrais qu’on m’aime

Je voudrais qu’on m’aime avec de belles paroles
Palpitantes comme au ciel bleu des banderoles,
Avec des mots qui soient d’un métal précieux:
Des carillons d’argent dans un beffroi pieux;

D’un mystique métal rendant le son d’une âme
Où beaucoup d’infini se trouve emprisonné,
D’un métal fulgurant, la pointe d’une lame
Qui lentement pénètre en mon coeur forcené.

Très-pâle théorie emmy des bouleaux frêles,
Je voudrais écouter des mots comme envolés,
Musique d’ailes d’ange où l’inconnu révèle
Les lointains paradis dont je suis exilé.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ah ! tu viens d’enivrer mon âme (Ecouchard Lebrun)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Ah ! tu viens d’enivrer mon âme
D’un baiser si délicieux
Que j’ai cru respirer la flamme
Dont Vénus embrase les dieux.

Ce n’est point un baiser ; non, c’est l’Amour lui-même.
Il passe dans mon coeur, et mon coeur embrasé,
Tout à coup palpitant, saisi d’un trouble extrême,
A reconnu le dieu vainement déguisé.

Il se trouble, il palpite encore,
Il se plaît à consumer ;
Il désire, il craint, il adore,
Et tout conspire à l’enflammer.

Aux accents de ta voix mon âme est éperdue ;
Mes regards inquiets brillent d’humides feux ;
Je rougis, je pâlis ; un voile est sur ma vue ;
Tous mes sens sont en proie au délire amoureux.

Même quand ma bouche est muette,
Fanni, mon coeur parle à ton coeur
Et le doux nom de son vainqueur
Est le seul nom qu’il me répète.

Absent de tes regards, dans l’ombre et le sommeil,
Je te vois, je te suis, j’embrasse ton image ;
De mes songes brûlants, Fanni, reçois l’hommage ;
Fanni, reçois encor l’hommage du réveil.

O baiser ! divine caresse !
Source flatteuse de tourment !
O Fanni ! partage l’ivresse
Du baiser qui m’a fait amant !

Te désirer, te voir, parler et t’entendre,
T’aimer ! … que sais-je encore ? Il est un autre voeu !
Donne un second baiser plus secret et plus tendre ;
J’étais plus qu’un mortel ; je serai plus qu’un dieu.

(Ecouchard Lebrun)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Libère-toi ô coeur (Filomena Embalo)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017




    
Coeur captif

Libère-toi ô coeur
des chaînes du temps
des préjugés
et des rêves absents

Suit la petite lumière
au fond du tunnel
c’est la chandelle
de la flamme de la vie

Laisse-toi aimer
ô coeur palpitant
libère tes chaînes
et aime toi aussi

Suis le destin
que la vie t’a donné
libère tes chaînes
éteins ta peur
et donne-toi aussi

Ne perds pas de temps
cours comme le vent
avant que la chandelle
ne s’éteigne elle aussi !

(Filomena Embalo)

 

Recueil: L’inventaire des choses (Anthologie)
Traduction: Filomena Embalo
Editions: Action Poétique

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :