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Poésie

Posts Tagged ‘pâmée’

Jouissance (Marie-Catherine-Hortense de Villedieu)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Aujourd’hui dans tes bras j’ai demeuré pâmée,
Aujourd’hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur
Triomphe impunément de toute ma pudeur
Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.

Ta flamme et ton respect m’ont enfin désarmée;
Dans nos embrassements, je mets tout mon bonheur
Et je ne connais plus de vertu ni d’honneur
Puisque j’aime Tirsis et que j’en suis aimée.

O vous, faibles esprits, qui ne connaissez pas
Les plaisirs les plus doux que l’on goûte ici-bas,
Apprenez les transports dont mon âme est ravie!

Une douce langueur m’ôte le sentiment,
Je meurs entre les bras de mon fidèle Amant,
Et c’est dans cette mort que je trouve la vie.

(Marie-Catherine-Hortense de Villedieu)

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Combien m’est cher (Izumi Shikibu)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2016



J’étais là, pâmée,
ignorant le désordre de mes cheveux noirs
Combien m’est cher celui qui d’abord les releva

(Izumi Shikibu)

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ETÉ (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



ETÉ
ET l’enfant répondit, pâmée
Sous la fourmillante caresse
De sa pantelante maîtresse :
« Je me meurs, ô ma bien-aimée !

« Je me meurs; ta gorge enflammée
Et lourde me soûle et m’oppresse;
Ta forte chair d’où sort l’ivresse
Est étrangement parfumée;

« Elle a, ta chair, le charme sombre
Des maturités estivales, —
Elle en a l’ambre, elle en a l’ombre;

« Ta voix tonne dans les rafales,
Et ta chevelure sanglante
Fuit brusquement dans la nuit lente. »

(Paul Verlaine)

Illustration: Irina Kotova

 

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L’eau vivante (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2016



L’eau vivante vraiment et vraiment féminine
Aime le ciel, comme en un hymen consenti,
Reflétant ses couleurs — et sans nul démenti !
Car, pour lui correspondre en tout, elle élimine
Les choses qui pourraient mitiger son reflet,
Et soi-même s’oblige à rester incolore.
Quel émoi douloureux si le vent éraflait
Ce cristal où le ciel lointain trouve à s’enclore,
Infidèle miroir désormais nul et nu!
Il est des jours dans cet amour tout ingénu,
Dans cet amour du ciel et de l’eau, des jours tristes
Où le ciel gris clans l’eau se retrouve si peu;
Puis d’autres où l’eau gaie absorbe tout son bleu,
Bleu de mois de Marie et de congréganistes.
Mais c’est le soir surtout que devient mutuel
Leur amour, à l’heure où l’eau pâmée et ravie
Brûle des mêmes feux d’étoiles que le ciel!
Lors plus rien n’est dans eux qui les diversifie.
Ressemblance ! Miracle inouï de l’amour
Où chacun est soi-même et l’autre tour à tour…
Or, dans l’assomption de la lune opportune,
— Comme l’amour de deux amants silencieux,
Pour se prouver, se réciproque dans leurs yeux,—
On voit le ciel et l’eau se renvoyer la lune

(Georges Rodenbach)

 

 

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