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Poésie

Posts Tagged ‘pâmoison’

À travers la campagne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018





Illustration

    
À travers la campagne

Le vent m’enveloppe de froid
Là-bas l’horizon bouscule les nuages
Derrière la ferme
Où les vignes arpentent les fils de fer
Où le chemin s’accroche aux haies

Une cloche égrène des sons
Je ne crois pas
Mais la foi est en moi
Je me moque de l’éternité
Elle est en moi
Quand la clarté lisse
Les cailloux de ma fronde
Que la peau du champ craquelle sous mes yeux
Que ma main caresse
Jusqu’à sa pâmoison
Le ventre plat de la prairie
Sous sa robe d’herbage
Qu’ornent des boutons d’or.

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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L’UNIQUE BLESSURE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




L’UNIQUE BLESSURE

Quelle bête tombée en pâmoison
se traîne dans mon sang
et désire se sauver ?

Voici la difficulté :
marcher dans les rues
et signaler le ciel ou la terre.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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SAINTE MADELEINE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



 

Illustration: Philippe de Champaigne
    
SAINTE MADELEINE

N’ai jamais vu telle servante
Avoir le coeur si près du ventre

Disait Simon le métayer
A ses amis les bons fermiers

Par les deux bouts brûle chandelle
Au lendemain d’être pucelle

De quatorze ans si j’en avais
Me maigrirait tous mes valets

Mais quand revint finie la guerre
Le fils occis devant l’Yser

A peine entré dans la maison
Les siens tombés en pâmoison

A ses genoux la Madeleine
Comme une eau pure de fontaine

Se répandit et fit si bien
jeune homme à lui revint

sont trompés tous sur ton compte
Relève-toi fille de comte

En vérité je te le dis
Ton amour mène au Paradis.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Berceuse (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Printemps-Eté-Automne-Hiver
    

Berceuse

Pose ta tête endormie, mon amour
Humaine sur mon bras infidèle ;
Le temps et les fièvres consument
La part de beauté
Des enfants pensifs et la tombe
Prouve que l’enfant est éphémère ;
Mais que dans mes bras jusqu’au point du jour
Repose cet être vivant,
Mortel, coupable, mais pour moi
Beauté absolue.

L’âme et le corps n’ont point de bornes ;
Aux amants étendus
Dans leur pâmoison coutumière
Sur la pente enchantée de son indulgence
Vénus gravement apporte la vision
D’une compassion surnaturelle,
Un amour, un espoir universels ;
Tandis qu’une intuition abstraite
Eveille parmi les glaciers et les rocs
L’extase sensuelle de l’ermite.

Certitude, fidélité
Sur le coup de minuit passent
Comme les vibrations d’une cloche,
Et les fous à la mode poussent
Leurs cris ennuyeux de pédants ;
Chaque centime de la dépense,
Tout de que prédisent les cartes redoutées
Sera payé, mais de cette nuit
Que pas un murmure, pas une pensée
Pas un baiser ni un regard ne soient perdus.

Tout meurt, la beauté, la vision, minuit :
Que les vents de l’aube qui demeurent
Soufflent sur ta tête rêveuse
Annonçant un jour d’une telle douceur
Que les yeux et le cœur qui cogne puissent louer
Ce monde mortel et s’en satisfaire ;
Que les midis de sècheresse te voient nourri
Par les puissances irréfléchies,
Que les nuits d’insulte te laissent vivre
Sous la garde de tout amour humain.

***

Lullaby

Lay your sleeping head, my love,
Human on my faithless arm;
Time and fevers burn away
Individual beauty from
Thoughtful children, and the grave
Proves the child ephemeral:
But in my arms till break of day
Let the living creature lie,
Mortal, guilty, but to me
The entirely beautiful.

Soul and body have no bounds:
To lovers as they lie upon
Her tolerant enchanted slope
In their ordinary swoon,
Grave the vision Venus sends
Of supernatural sympathy,
Universal love and hope;
While an abstract insight wakes
Among the glaciers and the rocks
The hermit’s carnal ecstasy.

Certainty, fidelity
On the stroke of midnight pass
Like vibrations of a bell,
And fashionable madmen raise
Their pedantic boring cry:
Every farthing of the cost,
All the dreaded cards foretell,
Shall be paid, but from this night
Not a whisper, not a thought,
Not a kiss nor look be lost.

Beauty, midnight, vision dies:
Let the winds of dawn that blow
Softly round your dreaming head
Such a day of welcome show
Eye and knocking heart may bless,
Find the mortal world enough;
Noons of dryness find you fed
By the involuntary powers,
Nights of insult let you pass
Watched by every human love.

(Wystan Hugh Auden)

 

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Je t’enlace la taille (Alexandre Smith)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



Je t’enlace la taille,
je sens ton coeur battre.
Oh, embrasse-moi
jusqu’à la pâmoison,
tendrement,
éperdument.

(Alexandre Smith)

 Illustration

 

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Sous tes lèvres de miel (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



Sous tes lèvres de miel quand tu fermes mes yeux,
A travers tes baisers je te vois encor mieux.
Si je ne réponds pas alors à ta caresse,
C’est qu’une pâmoison m’envahit et m’oppresse.

Mon sang ne fait qu’un tour, mon cœur manque au dedans,
Toute ma peau frissonne, et je claque des dents.
Et du haut jusqu’en bas je sens une secousse
Qui m’ébranle les nerfs, à la fois brusque et douce,

Et, se laissant couler à ce néant profond,
Ma chair dans un courant électrique se fond.

(Jean Richepin)

Illustration: Auguste Rodin

 

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LE ROSSIGNOL (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2016



 

LE ROSSIGNOL
A Georges Artigues.

Dans le secret de cet arbre tout nu
— Mais il n’est rien qu’au silence on ne vole
Puisqu’en lui-même un dieu s’est entendu.
Pluie ou soleil, vertige ou dénuement,

Si je me tais, rien en moi ne dément
L’aveu confus qui cherche sa parole
Je fais mon nid dans ces branches obscures,
Soeurs d’un espace où j’éclate à foison :

Plutôt mourir dans ma verte prison
Que de changer d’amour et de blessures!
Avril en fleurs, le chant des créatures

Brûle au zénith de cette pâmoison;
Je suis ce chant, ce ciel, cet horizon,
La nuit du monde avec ses aventures.

(Louis Emié)

Illustration

 

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A peine deux soupirs et quelques pointillés (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2015




A peine deux soupirs et quelques pointillés
puis le silence opine après la pâmoison pieuse des étoiles…

(Jacques Rabemananjara)

 

 

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Mi-route (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



 

Mi-route

Il y a un moment précis dans le temps
Où l’homme atteint le milieu exact de sa vie,
Un fragment de seconde,
Une fugitive parcelle de temps plus rapide qu’un regard,
Plus rapide que le sommet des pâmoisons amoureuses,
Plus rapide que la lumière.
Et l’homme est sensible à ce moment.

[…]

(Robert Desnos)

 

 

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Deuil (Halwâ al-Abbâr « al-Miknâsiyya »)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2015




Deuil

Vous ne rendrez pas, seigneur,
les pleurs, les baisers et les pâmoisons
à celle qui a fait de son corps le temple
où la foi jurée file le temps.

Loin de tous, sur une sente obscure,
je vais, trempée de noir intense
parmi des fleurs vermeilles qui s’en rient.

(Halwâ al-Abbâr « al-Miknâsiyya »)

Illustration

 

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