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Posts Tagged ‘pampa’

Je ne suis pas de celles… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018



Illustration: Jose Sabogal    
    
Je ne suis pas de celles…
Tango

1
Je ne suis pas de celles
Qu’on rencontre la nuit à la lueur des flambeaux
Avec de lourds colliers pour les rendre plus belles
Leurs yeux noirs de corbeaux
Éclairés d’étincelles
Sur les doigts des diamants qui brillent dans le noir
Je dors toute la nuit je ne suis pas comme elles
Qui se lèvent le soir.

2
Moi je me lève à l’aube et je cours par les champs
À travers les pampas baignées par la lumière
J’appelle avec mes chants
Charmée par le soleil et les fleurs printanières
Le grand meneur de boeufs qui m’aime sans rivale
Et qui siffle en guettant mon rire et mon passage
Dressé sur son cheval
Tandis que son troupeau emplit les pâturages.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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FAUSSES PRÉSENCES (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



Illustration: Erich Heckel
    
FAUSSES PRÉSENCES

Tous les bruits disparus au tournant de l’oreille
Les monstres défraîchis
Les ailes du réveil
Le chant de l’homme au loin
La main blanche du vent sur le cou des sapins
Le ciel sans une ride
L’odeur d’un inconnu à cette place vide
Ce qui touche le fond
Les bêtes familières
Un buisson de soleil au beau milieu du champ
Et le azur qui s’en va sur l’arbre du couchant
Les pampas de l’orage

J’ai tout perdu
Et mon propre visage
Ce qui tenait à moi par des attaches d’or
Volet qui ne bat plus
Et qui m’écrase encore

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Obscurité totale (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017




    
Obscurité totale

Je ne sais pourquoi, si vient la lumière,
Les hommes ont tous très bien dormi,
Et la vie retrouve son apparence
Jeune à nouveau, belle entre les sourires,

Je ne sais pourquoi il me faut chanter
Ou verser vaguement de mes lèvres des mots ;
Des mots de mes yeux,
Des mots de mes rêves égarés dans la neige.

Mes rêves reflètant la couleur des nuages,
Mes rêves reflètant les nuages sur la pampa.

***

Oscuridad completa

No sé por qué, si la luz entra,
Los hombres andan bien dormidos,
Recogiendo la vida su apariencia
Joven de nuevo, bella entre sonrisas,

No sé por qué he de cantar
O verter de mis labios vagamente palabras;
Palabras de mis ojos,
Palabras de mis sueños perdidos en la nieve.

De mis sueños copiando los colores de nubes,
De mis sueños copiando nubes sobre la pampa.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Remords en costume de nuit (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Illustration
    
Remords en costume de nuit

Un homme gris marche dans la rue de brouillard ;
Personne ne le devine. C’est un corps vide ;
Vide comme pampa, comme mer, comme vent,
Déserts d’amertume sous un ciel implacable.

C’est le temps passé, et ses ailes maintenant
trouvent parmi les ombres une force pâle ;
C’est le remords, qui de nuit, hésitant,
Secrètement approche une ombre insouciante.

Ne serrez pas cette main. Plein d’orgueil le lierre
S’élèvera recouvrant les troncs de l’hiver.
Invisible dans le calme l’homme gris marche.
N’entendez-vous pas les morts ? Mais la terre est sourde.

***

Remordimiento en traje de noche

Un hombre gris avanza por la calle de niebla;
No lo sospecha nadie. Es un cuerpo vacío;
Vacío como pampa, como mar, como viento,
Desiertos tan amargos bajo un cielo implacable.

Es el tiempo pasado, y sus alas ahora
Entre la sombra encuentran una pálida fuerza;
Es el remordimiento, que de noche, dudando,
En secreto aproxima su sombra descuidada.

No estrechéis esa mano. La yedra altivamente
Ascenderá cubriendo los troncos del invierno.
Invisible en la calma el hombre gris camina.
¿ No sentís a los muertos? Mas la tierra está sorda.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Soleil couchant (Michiko Saïtó)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2017



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Soleil couchant —
Dans les champs d’herbes des pampas
le vent s’endort aussi

(Michiko Saïtó)

 Illustration

 

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Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol (Jean-Dominique Rey)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol
ta couleur d’apsara
descendue des temples aux pierres grèges
ta langueur d’herbe bénie
tes hanches de cyclades
lorsque
le soleil achève
entre les vagues
et le silence du premier matin
sa naissance
rouge

à tes narines rapides
j’offre
l’encens du désir
le copal des marches
ivre de sang

à tes yeux
l’eau tendre
qui sourd des rochers

à l’oreille
cachée sous la forêt
le chant rugueux
de la mémoire

au front
la neige ronde
d’un tympan

aux cils
la sentence
d’une plume tigrée

à tes lèvres
la rumeur
de l’horizon sans trace

là-bas
les moteurs tremblent
entre les vitres
du jour brouillé
près de la pampa
sèche
l’arbre acajou
ruisselle d’ombre
un colibri
remonte à l’envers
le temps
couleur de nuit

(Jean-Dominique Rey)

Illustration: Alan Lee

 

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Famines (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Famines

Notre péché : nous mangeâmes le monde
Et ses forêts en de cruelles faims.
Je m’habillais de soleil, d’altitude
Pour saluer mon ange : le condor,
Et je régnais sur une orange rouge
Et qui brûlait : la terre sous mes pas.

Je danserai loin de vos lits funèbres.
Jungles, pampas, steppes, disparaissez !
Tel je vous garde avec neige et royaume,
Où fut mon rire, il naquit une fleur.

Le cormoran pour mes larmes. Le cygne
Pour page blanche où je vous écrirai.
Et l’albatros pour tracer le paraphe
D’un autre vol où la faim renaîtra.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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Tu rêves comme une forêt en feu (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2015


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Tu rêves
comme une forêt en feu
agites des bras
de tornade blanche
déracines
chaque visage
pampa à perte de vue
balayée par les vents
comment le faire comprendre
à ceux qui croient rendre visite

à un simple
nourrisson

(Thierry Cazals)

 

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Adieu à l’estancia (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2015



Adieu à l’estancia

(…)
Adieu, chardons fleuris, azur frais des pampas,
Bois lointains que l’aurore inondait d’espérance,
Et familier jardin où tout sera silence,
Jardin des souvenirs et des blonds mimosas !

Adieu, ma meule d’or comme une grappe mûre
Que le bœuf sous le joug, regarde tout rêveur,
Chaumine qui t’ouvrais, l’été, fraîche et obscure,
Et qui pendant l’hiver es chaude comme un cœur !

Mes chers eucalyptus, il est tard, je vous quitte,
Adieu, mes vieux amis au feuillage profond,
Vous, le parfum léger et l’âme de ce site,
Je vous laisse mon Rêve épars sur votre front…

(Jules Supervielle)

 

 

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Le sommeil du condor (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2015



 

Le sommeil du condor

Par-delà l’escalier des roides Cordillères,
Par-delà les brouillards hantés des aigles noirs,
Plus haut que les sommets creusés en entonnoirs
Où bout le flux sanglant des laves familières,
L’envergure pendante et rouge par endroits,
Le vaste Oiseau, tout plein d’une morne indolence,
Regarde l’Amérique et l’espace en silence,
Et le sombre soleil qui meurt dans ses yeux froids.

La nuit roule de l’est, où les pampas sauvages
Sous les monts étagés s’élargissent sans fin ;
Elle endort le Chili, les villes, les rivages,
Et la mer Pacifique, et l’horizon divin ;
Du continent muet elle s’est emparée :
Des sables aux coteaux, des gorges aux versants,
De cime en cime, elle enfle, en tourbillons croissants,
Le lourd débordement de sa haute marée.

Lui, comme un spectre, seul, au front du pic altier,
Baigné d’une lueur qui saigne sur la neige,
Il attend cette mer sinistre qui l’assiège :
Elle arrive, déferle, et le couvre en entier
Dans l’abîme sans fond la Croix australe allume
Sur les côtes du ciel son phare constellé.
Il râle de plaisir, il agite sa plume,
Il érige son cou musculeux et pelé,

Il s’enlève en fouettant l’âpre neige des Andes,
Dans un cri rauque il monte où n’atteint pas le vent,
Et, loin du globe noir, loin de l’astre vivant,
Il dort dans l’air glacé, les ailes toutes grandes.

(Leconte de Lisle)

 

 

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