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Posts Tagged ‘pan’

Reprendre goût à la vie (Daniel Deleuze)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

Illustration
    
Reprendre goût à la vie
avec ou sans excès
avec ou sans alcool.
Nudité subtile
du cours de la vie.
Casser les flûtes comme Pan,
tirer les nymphes
à sa façon,
dans les roseaux,
ou quelque pastourelle
dans un grenier soyeux.
Du roulis vivant
en veux-tu, en voilà !
Un rai de lumière
éclaire la poussière
en suspens
dans la sous-pente
aux joyeux ébats.

(Daniel Deleuze)

 

Recueil: Courtoises frimousses avec fleurs précédé de Troubadour de service
Traduction:
Editions: Tarabuste

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LÉDA (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Mariano Fortuny Madrazo
    
LÉDA

Le cygne paraît de neige dans la nuit,
et son bec est d’ambre quand l’aube reluit ;
le crépuscule suave qui bientôt se perd
rosit les ailes candides de sa lumière.

Et puis, sur les ondes du lac azuré,
après que l’aurore perdit sa teinte vermeille,
les ailes tendues et le col recourbé,
le cygne est d’argent, baigné de soleil.

Tel est-il, quand il lustre ses plumes de soie,
olympique oiseau que l’amour a meurtri,
et dans les flots sonores, viole Léda,
un bec recherchant les lèvres cramoisies.

La belle soupire, dévêtue et vaincue,
et pendant que ses plaintes s’envolent au vent,
des vertes profondeurs d’un feuillage dru
étincellent les yeux troubles de Pan.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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PAR L’INFLUENCE DU PRINTEMPS (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration
    
PAR L’INFLUENCE DU PRINTEMPS

Dans le vase de cristal
il y a des fleurs nouvelles. Cette nuit,
il y eut une pluie de baisers.
Elle réveilla un faune bicorne
à la poursuite d’une âme émotive.
Nombre de fleurs exprimèrent leur parfum.
Dans la passionnelle syrinx
grandirent sept voix
qui dans sept roseaux furent placées
par Pan.

D’anciens rites païens
se renouvelèrent. L’étoile
de Vénus brilla, plus limpide
et diamantine. Les fraises
des bois rendirent leur sang.
Le nid se mit en fête.
Un rêve florentin
refleurit de printemps,
de façon qu’en chair vive
resurgirent les aspirations perdues.
Imaginez un chêne
donnant une rose fraîche ;

un bon ægipan latin
avec une bacchante grecque
et parisienne. Une musique
magnifique. Une suprême
inspiration primitive,
emplie de choses modernes.
Un vaste orgueil viril
que parfume l’odor di femina ;
un trône de pierre où
repose un lys.

Divine Saison ! Divine
Saison ! L’aube sourit
plus tendrement. La traîne
du paon exalte
son prestige. Le soleil augmente
son intime influence, et la harpe
nerveuse vibre seule.
Ô Printemps sacré !
Ô jouissance du don sacré
de la vie ! Ô palme superbe
sur nos fronts ! Cou
du cygne ! Colombe blanche !
Rose rouge ! Pallium bleu !
Et tout pour toi, ô mon âme !
Et pour toi, mon corps, et pour toi,
idée qui les relies.
Et pour Toi, que nous cherchons
et jamais ne trouverons —
jamais !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Léda (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration: Paul Véronèse
    
III

Pour un court moment, ô Cygne, je voudrais unir mes voeux
à ceux de tes deux ailes, qui embrassèrent Léda,
et à mon rêve d’adulte, encore vêtu de soie,
tu diras, pour les Dioscures, la gloire des cieux.

L’automne est là. De la flûte roulent des consolations.
Juste un instant, ô Cygne, en cette allée bordée de nuit,
je boirai entre deux lèvres malgré l’interdiction
de la Pudeur, mordant tour à tour Scrupules et Jalousie.

Cygne, j’aurai pour un instant tes ailes immaculées,
et le coeur de rose que ta douce poitrine abrite
palpitera dans la mienne avec son sang régulier.

Alors, Amour sera heureux, puisque sera vibrant
l’enthousiasme qui réveille le grand Pan et l’excite
tandis que son rythme cache la fontaine de diamant.

IV

Avant toute chose, Léda, gloire à toi !
Ton doux ventre recouvrit de soie
le Dieu. Miel et or au vent de Zéphyr !
Résonnèrent alternativement
flûtes et cristaux, la fontaine et Pan.
La Terre était chant et le Ciel sourire !

Devant l’acte suprême et céleste
un pacte fut conclu entre dieux et bêtes.
La lumière du jour pour l’alouette,
la sagesse advint aux chouettes
et pour les rossignols la mélodie.
Aux lions ce fut bien sûr la victoire,
les aigles reçurent toute la gloire
et tout l’amour aux colombes fut acquis.

Mais n’êtes-vous pas, vous, les divins
princes ? Indolents comme les bateaux
immaculés et purs comme le lin,
et merveilleux comme les oiseaux !

Vous avez dans vos becs les qualités
qui révèlent les coraux purs.
De vos poitrines, vous ouvrez les sentiers
que d’en haut vous indiquent les Dioscures.

La dignité de chacun de vos actes,
immortalisée dans l’infini,
fait qu’ils sont rythmes exacts,
lumières du mythe, voix de nos rêveries.

De l’orgueil olympien vous êtes le résumé,
ô blanches urnes de l’harmonie !
Joyaux éburnés qu’anime une volonté
de par sa céleste mélancolie.

Mélancolie d’avoir aimé,
auprès de la fontaine, dans le bois,
son cou lumineux étiré
entre les cuisses blanches de Léda !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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O Fontaine… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
O Fontaine…

O Fontaine
Toi blessé(e) par le feu
O Fontaine
Tu te tais en ce lieu
Et le soir se reflète et saigne en ton miroir.
Un pan de la nuit
Au ciel se déchire si tu fuis
Ah! les feux du soir
Tremblant au dortoir
Temps fermé
C’est en vain qu’à tes horloges
On frappe et interroge
Les bûchers sont en feu pour la mort du jour
Au son lourd des tambours

O Fontaine
Tu meurs en vain sur les cailloux
Toi blessée au feu,
Pleurant à genoux
Temps fermé
Temps mort
Tu te tais en ce lieu
Ta mort n’est qu’un jeu.
Et ta vie un désaccord.
O temps
O jours et nuits
O jardins pour personne

O Fontaine
Toi blessé(e) par le feu
O Fontaine
Tu te tais en ce lieu
Et le soir se reflète et saigne en ton miroir.
Un pan de la nuit

Au ciel se déchire si tu fuis
Ah! les feux du soir
Tremblant au dortoir

Temps fermé
C’est bien en vain qu’en tes horloges
Temps
Au son lourd des tambours
Les bûchers sont en feu pour le remords du jour
Au son lourd des tambours
O Fontaine
Toi blessé(e) par le feu.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Pan (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Pan

Vous me dessinez sur vos urnes
oubliant que je ne suis rien, rien qu’un nom
couché à l’encre sur les feuillets, rien qu’un son
prononcé aux veillées nocturnes
pour attirer la floraison

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Retouche au lyrisme (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Illustration: Frida Kahlo
    
retouche au lyrisme

Pan!

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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ODORANT AUTOMNE MÉLODIEUX AUTOMNE (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
ODORANT AUTOMNE
MÉLODIEUX AUTOMNE

La folie des parfums

Que je les goûte et que j’en meure,
Tel un philtre aphrodisiaque,
Les parfums déments qui m’effleurent
Embrumant les nuiteux cloaques.

Que j’en comprenne le mystère
De cet étourdissant breuvage,
Effluve de Pan solitaire
Dansant par les tourbeux pacages.

O voluptés exténuantes,
Odeurs, qui sont des mains tenaces,
Des souches que l’hiver crevasse
Des champignons aux chairs gluantes.

Comme un Dieu qui m’enlacerait,
Que votre errance me possède,
Plus mythique qu’un chant d’aède
M’enseignant le divin secret.

(Marie Dauguet)

 

 

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Nos habitudes (Jacques Prevel)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017




    
Nos habitudes des grands échafaudages de poutrelles et de planches

Ici il y a l’indéterminé
Toute la misère éclatante
Des pans entiers écroulés du sommeil
Des lézardes et des rigoles de boue glacée
Et des paroles haletantes qui se maintiennent
Comme des feux follets
Comme la prescience de nos cris de haine
Ici il y a le tabernacle du mépris
Et nos vies somnambuliques
Nos yeux hagards et révulsés
Nos habitudes des grands échafaudages de poutrelles et de planches
Ici il y a les glaciers infranchissables
Du sarcasme et de la folie
Ici il n’y a rien qui soit au monde

(Jacques Prevel)

 

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A travers les vergers (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



 Illustration
    
A travers les vergers tu vas et tu viens
sans faire bouger une feuille,
sans déranger l’espace rempli d’abeilles
et l’herbe se relève sur ta foulée.

Le ciel ne pourra pas retrouver ta trace
parce qu’il n’est plus qu’un pan de vitre
cassé en mille morceaux dans les branches d’arbres
qui vont jusqu’à toucher amicalement ton front.

Nous ne pouvons nous guider dans la nuit
qu’en nous tenant aux cordages de rosée
tendus de plante haute en plante haute
sous le regard étonné de quelques pierres sans sommeil.

Dans l’air du matin mal assuré,
notre baiser est fait de verre brisé,
mais il remontera vite jusqu’à tes tempes
où toute la tendresse de la terre est déposée.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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