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Poésie

Posts Tagged ‘panier’

Médailles antiques (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



A sea nymph  *oil on canvas  *114 x 195.5cm  *signed b.r.: Falero / 1892

Médailles antiques

Celui-ci vivra, vainqueur de l’oubli,
Par les Dieux heureux! Sa main sûre et fine
A fait onduler sur l’onyx poli
L’écume marine.

Avec le soleil, douce, aux yeux surpris,
Telle qu’une jeune et joyeuse reine,
On voit émerger mollement Kypris
De la mer sereine.

La Déesse est nue et pousse en nageant
De ses roses seins l’onde devant elle;
Et l’onde a brodé de franges d’argent
Sa gorge immortelle.

Ses cheveux dorés aux flots embellis
Roulent sans guirlande et sans bandelettes;
Tout son corps charmant brille comme un lys
Dans les violettes.

Elle joue et rit; et les gais dauphins,
Agitant autour nageoires et queues,
Pour mieux réjouir ses regards divins
Troublent les eaux bleues.

II
Les belles filles aux pressoirs
Portent sur leur tête qui ploie,
A pleins paniers, les raisins noirs;
Les jeunes hommes sont en joie.
Ils font jaillir avec vigueur
Le vin nouveau des grappes mûres;
Et les rires et les murmures
Et les chansons montent en choeur.

Ivres de subtiles fumées,
Les vendangeurs aux cheveux blancs
Dansent avec des pieds tremblants
Autour des cuves parfumées;
Et non loin, cherchant un lit frais,
Éros, qui fait nos destinées,
A l’ombre des arbres épais
Devance les lents Hyménées.

III
Ni sanglants autels, ni rites barbares.
Les cheveux noués d’un lien de fleurs,
Une Ionienne aux belles couleurs
Danse sur la mousse, au son des kithares.
Ni sanglants autels, ni rites barbares:
Des hymnes joyeux, des rires, des fleurs!

Satyres ni Pans ne troublent les danses.
Un jeune homme ceint d’un myrte embaumé
. Conduit de la voix le choeur animé;
Éros et Kypris règlent les cadences.
Satyres ni Pans ne troublent les danses:
Des pieds délicats, un sol embaumé!

Ni foudres ni vents dont l’âme s’effraie.
Dans le bleu du ciel volent les chansons;
Et de beaux enfants servent d’échansons
Aux vieillards assis sous la verte haie.
Ni foudres ni vents dont l’âme s’effraie:
Un ciel diaphane et plein de chansons!

(Leconte de Lisle)

Illustration: Luis Ricardo Falero

 

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MARCHAND DE BALLONS (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



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MARCHAND DE BALLONS

Au marché de petite banlieue
Un homme loquace fait l’article de ses ballons de couleur :
— « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Autour de lui, un cercle de petits enfants pauvres,
Regarde avec des yeux extasiés les grands ballons ronds.

Cependant le marché bat son plein.
Voici qu’arrivent les dames pauvres,
Et les servantes des dames riches,
Et les femmes du peuple, et les blanchisseuses des alentours.
Sur l’étal des poissonniers,
Dans les échoppes de céréales,
Auprès des paniers de légumes,
On marchande avec acrimonie pour un sou.

Les enfants pauvres ne voient ni les tendres petits pois
Ni les tomates écarlates,
Ni les fruits,
Ni rien.

On comprend bien que pour eux ici au marché
la seule marchandise utile et vraiment indispensable
ce sont les ballons de couleur.
Le vendeur infatigable bonimente :
– « Le meilleur amusement pour les enfants! »
Et autour de l’homme loquace les petits enfants pauvres font
un cercle inamovible de désir et d’émerveillement.

(Manuel Bandeira)

Illustration

 

 

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Pour me souvenir du pays de Yoshino (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



japon

Pour me souvenir
du pays de Yoshino
un panier de fleurs

***

tsuto ni sen
Yoshino no sato no
hanagatami

(Ryôkan)

 

 

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EMILY DICKINSON (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
EMILY DICKINSON

Laide est la petite cuisinière
mais elle touche le ciel
entre la planche à pain
et le panier de linges

Lourde d’aimer les roses
au-delà des rosiers
elle s’envole avec la poussière d’or
des meubles

Dedans dehors douce où les coeurs
sont de pierre elle pleut
et du piano endormi sous la mer
tire mille et mille papillons
qui gardent la nuit plus haute

(Guy Goffette)

 

Recueil: Éloge pour une cuisine de province
Traduction:
Editions: Gallimard

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INNOCENCES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




    
INNOCENCES

Dans une pauvre famille
apparaît parfois la beauté d’une épaule
un long travail y conditionne
les tressages de paniers oblongs
et le terrage de la vigne
les chevelures y gardent
de profonds reflets
même jusqu’après la mort
de celles
qui hâtives se peignent à l’aube.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Est-il trop limpide et invisible (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Gérald Lefèvre

    
Est-il trop limpide et invisible à d’autres yeux
le secret qui remplit le panier de mes jours ?

Qui mangera avec moi les fruits dont il regorge ?
Ne sont-ils pas trop acides ou trop mûrs pour d’autres bouches ?

Leur odeur berce mon âme, lui donne saveur d’éternel et couleur d’amour.
Elle peut alors rejoindre le pré nourrissant et sauvage de l’enfance première,
l’ordre pur qui attire et délivre, première porte du paradis.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Où… (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2018



 

Kim Anderson_3810-640x550

Où…

Où la journée n’est plus
Qu’un panier de soleil,

Où les enfants refondent
Sans fin le chant du monde,

Où les vols d’hirondelles
Passent sous l’arc-en-ciel,

Où les cloches n’annoncent
Que de bonnes nouvelles,

Où la paix rit à l’aise
Assise sur sa chaise,

C’est là, seulement là
Que je me sens chez moi.

(Maurice Carême)

Illustration: Kim Anderson

 

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LA FEMME (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
LA FEMME

Je poserai dans le panier les fruits du temps.
Prends garde à ceux qui ont roulé dans l’herbe :
Ce sont les plus chargés du sucre de nos joies.
Voici l’hiver aux arbres vides.

Ton sourire éclaire aux fenêtres
La tambourinade grise des pluies.
Tu regardes qui vient, la vallée sombre,
La ligne de cyprès qui dodelinent.

Tes mains ont charge d’éternel
Pour des paroles qui rassurent.
Ô joie que tu fais paraître, paisible,
quand la nature se confie.

Entends les pensées qui dérivent,
Les rêves. Que sais-tu de la nuit,
Parle, dis-moi, que sais-tu de la nuit ?
J’ai veillé jusqu’ici vainement,
Comme dehors l’hiver, la page est vide.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Illustration: François Boucher    
    
À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE,
AU BRUIT DES SOURCES, SOUS LE CIEL,
RÊVANT AU RYTHME PLANÉTAIRE,
ON PLONGE, GISANT, DANS LA TERRE
ET SI JAMAIS RÊVE AU RÉEL
RÉVÉLA SECRET OU MYSTÈRE
C’EST EN DORMANT AU BRUIT DES EAUX
ET DU VENT FERMANT SES CISEAUX.

À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE,
SUR LA TERRE, DANS QUEL FOUILLIS,
TERRIENS, SOMBREZ-VOUS ? LA FOUGÈRE
S’ÉCROULE EN PANIERS DE LINGÈRE
DANS UNE ARMOIRE DE TAILLIS
BRODÉS DE SOIE OÙ S’EXAGÈRE
LA LUMIÈRE, HORS DU MANTEAU,
DE TA CHAIR, NYMPHE CALIXTO.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mon Panier ne contient – que – des Firmaments – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Mon Panier ne contient – que – des Firmaments –
Ceux-là – à mon bras – aisément se balancent,
Quand de moindres ballots sont -Accablants.

(Emily Dickinson)


Illustration: Fabienne Contat

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