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Poésie

Posts Tagged ‘pantalon’

Ces pas qui nous mènent (Frédérique Archimbaud)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration
    
Ces pas qui nous mènent
(extraits)

Un forsythia
dans le printemps
se souvient de l’enfant
qui prenait la pose
le gilet de mailles bariolées
les pantalons usés
où scintillent encore quelques fleurs
le jaune d’or et de miel
de l’arbuste fraîchement éclos
tricotent pour l’enfant un théâtre
de sourires de dents blanches
qu’une photographie
a volé
au temps.

(Frédérique Archimbaud)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Numéro 128 de la revue Friches
Traduction:
Editions: Revue Friches

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CORPS ABSOLU (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



 

CORPS ABSOLU

Le corps absolu s’éveille
enfile chemise et pantalon

et s’en va par les rues

*

THE ABSOLUTE BODY

The absolute body wakens
puts on pants and shirt

and goes out into the streets

(Kenneth White)

Illustration

 

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Mobilisation générale, 1914. (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



    

Mobilisation générale, 1914.

Ils marchaient en chantant
vers Berlin
via la gare de l’Est
fleur au fusil
La belle guerre en poésie
sous les vivats
de ceux qui ne la feraient pas!

La nuit, dans un wagon de marchandises
les fleurs se desséchaient
à la bouche d’acier muette
des canons noirs glacés
les corps fanés mêlaient leurs rouges pantalons
avant d’être couchés ailleurs
mêlant d’autres rougeurs
balle au fusil

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le fer à repasser (Joël Sadeler)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

Le fer à repasser

Le fer à repasser

Assez assez j’en ai assez
gémit le fer à repasser

j’en ai assez d’aller et venir
sur ma planche sans avenir

j’en ai assez de souffler
toujours le chaud et le mouillé

sur les maillots les pantalons
les corsages et les jupons

les blouses me donnent le blues
quand il faut les presser par douze

et les mouchoirs sont ma terreur
soupire encore le fer-vapeur

Assez assez j’en ai assez
gémit le fer à repasser

(Joël Sadeler)

 

 

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Comptine (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017




    

Comptine
(Voix d’enfant; zézaiement recommandé.)

J’avais une vache
elle est au salon

j’avais une rose
elle est en chemise
et en pantalon

j’avais un cheval
il cuit dans la soupe
dans le court-bouillon

j’avais une lampe
le ciel me l’a prise
pour les nuits sans lune

j’avais un soleil
il n’a plus de feu
je n’y vois plus goutte
je cherche ma route
comme un malheureux.

(Jean Tardieu)

 

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Souris grise et souriceau (Jean-Pierre Vallotton)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Souris grise et souriceau

Une souris grise
repasse ses chemises

Un jeune souriceau
recoud son chapeau

Un rat d’opéra
reprise ses bas

Une souricette
lave ses chaussettes

Un petit rat d’hôtel
fixe ses bretelles

Une souris des champs
astique ses gants

Un joli raton
met son pantalon

Une souris blanche
retrousse ses manches

Un beau rat musqué
lace ses souliers

Une jeune rate
renoue sa cravate

Mais un vieux rat d’égout
ne fait rien du tout

(Jean-Pierre Vallotton)

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Ophélie (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Arthur Hughes

    

Ophélie

À la pêche à la ligne avec un bouchon
Qui ressemble à la fleur du jupon d’Ophélie
Avec une chanson au bout de mon hameçon
Y a quelque chose de pourri au royaume des poissons

Quand ils s’étaient couchés dans l’herbe de l’été
Les gens disent qu’elle s’était mise à chanter
S’était mise à chanter dans l’herbe de l’été
Comme jamais l’été fille n’avait chanté

À la pêche à la blonde avec un regard
Qui ressemble à un train qui a perdu sa gare
Avec un billet pour partir à l’armée
Y a quelque chose de pourri au royaume de Peynet

Quand ils s’étaient quittés dans l’herbe de l’été
Les gens disent qu’elle s’était mise à pleurer
S’était mise à pleurer dans l’herbe de l’été
Comme jamais l’été fille n’avait pleuré

À la pêche aux médailles avec un pantalon
De la couleur du temps qu’il fait dans les entrailles

Avec une mitraille pour faire la moisson
Y a quelque chose de pourri au royaume des semailles

Quand il était tombé dans l’herbe de l’été
Les gens disent qu’elle s’était mise à prier
S’était mise à prier dans l’herbe de l’été
Comme jamais l’été fille n’avait prié

À la pêche aux larmes avec le sourire
Des femmes déchirées qui n’ont plus rien à dire
Avec un télégramme venu de quelque part
Y a quelque chose de pourri au royaume des faire-part

Quand elle s’était couchée dans l’herbe de l’étang
Les gens disent que la pluie s’était mise à tomber
S’était mise à tomber dans l’herbe de l’étang
Comme jamais l’été la pluie n’était tombée

À la pêche à la ligne avec un bouchon
Qui ressemble à la fleur du jupon d’Ophélie
Avec une chanson au bout de mon hameçon
Y a quelque chose de pourri au royaume des poissons

(Maurice Fanon)

 

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Avec Fanon (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Fabienne Contat
    
Avec Fanon

C’est peut-être à coup de châtaigne qu’on devient marron
C’est peut-être à coup de bonbaine qu’on devient neutron
C’est peut-être à coup de canon qu’on se fait un bâton de maréchal
Une veuve joyeuse, une gueule cassée deux étoiles
C’est peut-être en débitant du saucisson qu’on fait fortune dans la chanson
Faudra que j’essaye avec Fanon…

C’est peut-être à petits coups de blanc qu’on devient poivrot
C’est peut-être à petits coup de dents qu’on devient salaud
C’est peut-être à coup de métro qu’on se fait une gueule de parigot
Qui ne pense plus qu’à sa voiture à son frigo
C’est peut-être en montrant le fond de son pantalon
Qu’on fait son trou dans la chanson
Faudra que j’essaye avec Fanon…

C’est peut-être par la calotte qu’on devient païen
C’est peut-être par la culotte qu’on devient putain
C’est peut-être par le calot qu’on devient crétin
par le culot qu’on devient quelqu’un
Qui ne fait rien de ses deux mains
C’est peut-être en chantant mon cul sur la commode

Qu’on se fait une chanson à la mode
Faudra que j’essaye avec Fanon…

C’est peut-être au chapeau qu’on voit l’homme d’affaires
C’est peut-être aux affaires qu’on voit le gangster
C’est peut-être à coup d’oseille qu’on se fait sa place au soleil
A coup de baise-main qu’on se fait un lit à baldaquin
C’est peut-être en marchant sur les mains des copains
Qu’on se fait un nom dans la chanson
Faudra que j’essaye avec Fanon…

C’est peut-être en forgeant qu’on devient forgeron
C’est peut-être en ahanant qu’on devient bûcheron
C’est peut-être en bourlinguant qu’on devient matelot
A coup de faucille qu’on devient marteau,
A coup de marteau qu’on fait le gros dos
C’est peut-être à coup de chansons sans concession
Qu’on fait sa petite révolution chez les rois loups de la chanson
C’est peut-être à cause d’une chanson
Qu’en une nuit comme des champignons
Poussent les amis qui font la rime à mes chansons.

(Maurice Fanon)

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Je viens d’acheter un pantalon blanc (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2017



    
Je viens d’acheter un pantalon blanc
Pour faire plaisir au soleil
La clarté allège notre monde
Et il y a des gens lourds dans le fond des maisons
Comme des roches au fond des eaux
Les maisons ne sont pas toutes de la même hauteur
Les hommes non plus
Les petites ont à porter l’ombre des grandes

(Pierre Albert-Birot)

 

Recueil: Poèmes à l’autre moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire
Editions: Gallimard

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J’ai trouvé dans mes cheveux (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2016



souris_bleue 4

J’ai trouvé dans mes cheveux
Une souris bleue.
Dans mes cheveux une souris bleue ?
Encore bien heureux qu’il n’y en ait pas deux.

J’ai trouvé dans ma manche
Une souris blanche.
Dans ma manche une souris blanche ?
Dans mes cheveux une souris bleue ?
Encore bien heureux qu’il n’y en ait pas deux.

J’ai trouvé dans mon pantalon
Une souris marron.
Dans mon pantalon, une souris marron ?
Dans ma manche une souris blanche ?
Dans mes cheveux une souris bleue ?
Encore bien heureux qu’il n’y en ait pas deux.

J’ai trouvé dans mon oreille
Une souris groseille.
Dans mon oreille, une souris groseille ?
Dans mon pantalon, une souris marron ?
Dans ma manche une souris blanche ?
Dans mes cheveux une souris bleue ?
Encore bien heureux qu’il n’y en ait pas deux.

(Claude Roy)

 Illustration

 

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