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Posts Tagged ‘papillon’

Secrets (Georges Friedenkraft)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Sigrid Hofmann
    
Secrets

Je ne peux te dire mes secrets
Car mes secrets mûrissent encore en moi
(Meier, poétesse chinoise contemporaine)

Je ne peux te dire mes secrets

Mes secrets sont des graines de fenouil
Enfermées dans leur prison d’humus
Mais qui rêvent de germer

Mes secrets sont des chenilles
Doucement assoupies dans la chaleur du cocon
Mais qui rêvent de devenir papillons

Je ne peux te révéler mes secrets si troubles
Ils te feraient rougir comme une écolière
Ils te feraient frémir comme un saule à la première brise

Non, laisse mes secrets mûrir en moi
Laisse-les exploser à la vie
Alors peut-être, si tu es patiente
Un jour je te les dirai

***

GEHEIMEN

Ik kan je mijn geheimen niet verklappen
Want mijn geheimen rijpen nog in mij
(Meier, hedendaagse Chinese dichteres)

Ik kan je mijn geheimen niet verklappen

Mijn geheimen zijn zaden van venkel
Opgesloten in hun gevangenis van humus
Maar die dromen om te ontkiemen
Mijn geheimen zijn rupsen
Rustig sluimerend in de warmte van de cocon
Maar die dromen om vlinders te worden
Ik kan je mijn warrige geheimen niet onthullen
Ze zouden je doen blozen als een schoolmeisje
Ze zouden je doen huiveren als een wilg in de eerste wind
Nee, laat mijn geheimen in mij rijpen
Laat ze ontploffen en tot leven komen
Dan misschien, als je geduldig bent,
Zal ik ze je op een dag verklappen .

***

SECRETS

I cannot tell you about my secrets
as my secrets are still ripening inside me
(Mei Er, contemporary Chinese poet)

I cannot tell you my secrets.

My secrets are seeds of fennel
locked up in their humus prison
but dreaming to germinate.

My secrets are caterpillars
gently asleep inside the warmth of the cocoon
but dreaming to become butterflies
I cannot reveal to you my shady secrets.
They would make you blush like a schoolgirl.
They would make you tremble like a willow at the first breeze.
No, let my secrets ripen inside me.
Let them explode to life,
and, maybe if you are patient,
one day I will talk to you about them.

***

SECRETOS

No puedo desvelarte mis secretos
Porque mis secretos aún maduran dentro de mí
(Mei Er, poeta contemporánea chino)

No puedo desvelarte mis secretos
Mis secretos son semillas de hinojo
Encerrados en su prisión de humus
Pero que sueñan con germinar
Mis secretos son gusanos
Dormitando suavemente al calor del capullo
Pero que sueñan convertirse en mariposas
No puedo revelarte mis secretos tan enmarañados
Que te sonrojarían como a una colegiala
Te estremecerían como a un sauce con la primera brisa
No, deja que mis secretos maduren en mí
Déjalos que se abran a la vida
Quizás entonces, si eres paciente
algún día te los desvelaré.

***

秘 密
我不能告诉你我的秘密
因为我的秘密还在我体内成熟
——中国当代诗人 梅尔

我不能告诉你我的秘密

我的秘密是茴香的种子
被关在他们的腐殖质监狱里
但在梦想发芽。

我的秘密是毛虫
温柔地睡在茧壳的温暖里
但在梦想着化蝶

我不能向你透露我暧昧的秘密。
它们会让你脸红得像个女学生。
它们会让你像柳树一样在初春风中颤抖。

不,让我的秘密在我体内成熟。
让它们爆炸成生命,
如果你有耐心的话,
总有一天我会和你谈起它们。

***

GEHEIMNISSE

Ich kann dir meine Geheimisse nicht sagen/enthüllen
Den meine Geheimnisse reifen noch in mir
(Mei Er, chinesische Lyrikerin der Gegenwart)

Ich kann dir meine Geheimnisse nicht enthüllen
Meine Geheimnisse sind Samen des Fenchels
In ihrem Gefängnis von Humus eingesperrt
Aber sie träumen davon, zu keimen.
Meine Geheimnisse sind Raupen
Ruhig schlummernd in der Wärme des Kokons
Aber sie träumen davon, Schmetterlinge zu werden
Ich kann dir meine wirren Geheimnisse nicht enthüllen
Sie würden dich wie ein Schulmädchen erröten lassen
Sie würden dich wie eine Weide in der ersten Brise schaudern lassen
Nein, lass meine Geheimnisse in mir reifen
Lass sie explodieren und Leben werden
Dann vielleicht, wenn du geduldig bist
Werde ich sie dir eines Tages erzählen.

(Georges Friedenkraft)

 

Recueil: Germain Droogenbroodt ITHACA 568
Traduction: Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Wan Hua Chapouthier –Stanley Barkan / Espagnol Rafael Carcelén / Chinois William Zhou / Allemand Wolfgang Klinck /
Editions:

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Ne laisse le vent (Shûsen)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2020



Illustration
    
Ne laisse le vent
te jeter contre le pin
papillon d’automne

(Shûsen)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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Sur la jeune feuille (Chikudô)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2020




Illustration

    
Sur la jeune feuille
chatoyant s’est reposé
le papillon

(Chikudô)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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Papillon qui va (Shokuyû)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2020



Illustration
    
Papillon qui va
ne manque pas de se poser
sur chaque chardon

(Shokuyû)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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Sur les herbes sèches (Hyakusaï)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2020




    
Sur les herbes sèches
feuilles vertes va cherchant
le papillon

(Hyakusaï)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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Premier papillon (Ryûfû)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2020




    
Premier papillon
l’enfant qui l’a découvert
rit de bon coeur

(Ryûfû)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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Les roses du jardin (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Les roses du jardin embaument tes deux mains
Qui sont des papillons qui agitent leurs ailes
Et voltigent dans l’air en frôlant les jasmins
Afin de composer des bouquets de fleurs frêles.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Andrzej Malinowski

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Lors votre main éprouvait le clavier (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Lors votre main éprouvait le clavier,
sur le feuillet vos yeux lisaient
les impossibles signes; et brisé en était
chacun des accords, voix de deuil.

Je compris qu’autour tout s’attendrissait
vous voir entravée, désarmée, ignorante
du plus vôtre langage; et la clarté des eaux
par-delà les fenêtres mi-closes en bruissait.

Dans le carré d’azur une fugace danse
de papillons passa; au soleil s’agita un feuillage.
Des choses toutes proches, aucune ne trouvait ses paroles,
et mienne, et nôtre était votre douce ignorance.

***

Tentava la vostra mano la tastiera,
i vostri occhi leggevano sul foglio
gl’impossibili segni; e franco era
ogni accordo come una voce di cordoglio.

Compresi che tutto, intorno, s’inteneriva
in vedervi inceppata inerme ignora
del linguaggio piû vostro : ne bruiva
oltre i vetri socchiusi la marina chiara.

Passò nel riquadro azzurro una fugace danza
di farfalle; unafronda si scrollò nel sole.
Nessuna cosa prossima trovava le sue parole
ed era mia, era nostra, la vostra dolce ignoranza.

(Eugenio Montale)


Illustration

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MUTILATION VOLONTAIRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020




MUTILATION VOLONTAIRE

Pour s’éviter de servir
aux armées de l’empereur,
un beau soir avec la hache,
le maître se mutila
de deux grands doigts de sa main ;
sa jeune et blonde épouse
pansa la plaie tendrement
et les pensées à coeur jaune
tremblèrent dans le parterre,
les deux chiens du maitre hurlèrent
quand on le porta au lit,
alors charbonnaient les lampes
entourées de papillons;
mais les femmes assemblées
sur la place du village
devant la rougeur des nuages
disaient que ce qu’elles voyaient
était le sang des soldats.

(Jean Follain)

Illustration

 

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CICATRICES… (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2020



Illustration
    
CICATRICES…

Dans le miroir, je me suis surpris
Avec sur ma face les baisers de qui ?
Cicatrices, cicatrices !
Au fond du coeur,
Comme au fond d’un verre vidé,
Rien que la lie amère.
Aucun souvenir.
Ni d’un effluve
De ses cheveux affolés,
Ni d’une lueur fugitive
Dans ses yeux égarés,
Ni d’une étreinte
Laissant le corps convalescent,
Ni d’un abîme
Où sur le bord j’aurais posé ma tête
Pour y plonger mes yeux.
Sur mes habits
Aucun cheveu d’autrui.
Quelle sorcière vient donc dans mon sommeil,
Outrage ma face
De sa bouche de feu ?
Rompez le charme,
Toi, basilic de mon jardin,
Toi, hirondelle nichée sous l’auvent de chez moi,
Et prie pour moi,
Ange papillon,
Sur l’autel de la rose-trémière.

(Mihai Beniuc)

 

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