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Posts Tagged ‘papillon’

Où les couleurs sont-elles dès que la nuit y voit (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



Où les couleurs sont-elles
dès que la nuit y voit
Le rouge étend ses ailes
sur le blanc mort de froid

et nul ne dit le nombre
des hivers écoulés

Sur des lèvres où sombre
un papillon gelé
c’est entre une ombre et l’ombre
tout un âge en allé

Le jour qu’un pas efface
sous un ciel fait d’un nom
n’est plus l’homme qui passe
craint l’ombre et s’y confond
mais l’aube sans visage
que son regard sera
dans la blancheur des pages
où la neige est l’image
d’amours qu’on ne voit pas

Sois moins triste on t’écoute
plaider tes maux d’enfant
à l’absente qui doute
du coquelicot blanc

Ton nom ce n’est personne
mais son propre secret
tout le noir qui pardonne
les bois dans un bouquet

Cueille une fleur de glace
de loin le froid se voit
ce qui brille où tu passes

Si ce n’était pas toi

(Joë Bousquet)

Illustration

 

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Les roses d’Ispahan (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



rose d'Ispahan

Les roses d’Ispahan

Les roses d’Ispahan dans leur gaîne de mousse,
Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l’oranger
Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce,
O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.

Ta lèvre est de corail, et ton rire léger
Sonne mieux que l’eau vive et d’une voix plus douce,
Mieux que le vent joyeux qui berce l’oranger,
Mieux que l’oiseau qui chante au bord du nid de mousse.

Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,
La brise qui se joue autour de l’oranger
Et l’eau vive qui flue avec sa plainte douce
Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

O Leïlah ! depuis que de leur vol léger
Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,
Il n’est plus de parfum dans le pâle oranger,
Ni de céleste arôme aux roses dans leur mousse.

L’oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse,
Ne chante plus parmi la rose et l’oranger ;
L’eau vive des jardins n’a plus de chanson douce,
L’aube ne dore plus le ciel pur et léger.

Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,
Revienne vers mon coeur d’une aile prompte et douce,
Et qu’il parfume encor les fleurs de l’oranger,
Les roses d’Ispahan dans leur gaîne de mousse !

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration

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Le mûrissement des fruits (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Le mûrissement des fruits
dans la constante dévotion des feuilles

Les papillons en folie
dans l’impudence d’être

A l’écart un rosier
qui tarde à fleurir
Comme une robe
qu’on n’ose pas mettre

(Georges Bonnet)

 

 

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KI FONG (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



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KI FONG

La brise vient d’accourir.
Cet arbre a des frissons de jeune fille amoureuse.
Des poissons luisants sautent à la surface du lac.
Des pétales de lotus vont à la dérive,
avec des équipages de papillons.

Je me demande si ma femme se doute
que je ne suis pas à mes affaires.

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

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L’ombre sur le seuil (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



L’ombre sur le seuil
éclairée par une voix

Les graviers que le soleil
parvient à déchiffrer

On sait pourquoi soudain
les papillons sur un buisson
ouvrent leurs ailes

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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MÉTAMORPHOSE (Chantal Boqueho)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017




MÉTAMORPHOSE

De branche en branche se tortille la chenille
Dévorant toutes les feuilles sur son passage.
Elle rampe ainsi jusqu’au bout d’une brindille
Où des fleurs coquines dégrafent leur corsage.

Soudain, devant elle, une ombre se profile.
Frémissante et curieuse, elle relève la tête
Et voit, illuminé par le soleil, gracile,
Un être, aux ailes chatoyantes, qui volette.

Eblouie, elle fixe cette apparition
Et soupire. Oh ! Comme je t’envie bel ange.
J’ aimerais tant voler, quitter ma reptation.
On t’admire ; on me chasse car je dérange.

Ne désespère pas ma bien-aimée soeur.
Un beau jour toi aussi tu obtiendras des ailes
Pour butiner les corolles, ivre de bonheur.
Aie confiance, la métamorphose est réelle.

Sceptique, mais une lueur d’espoir au coeur,
La chenille poursuit lentement son chemin.
Bientôt elle ressent une profonde langueur.
Une force l’immobilise un beau matin.

La belle, dans son cocon blanc, s’est endormie.
C’est une mystérieuse transmutation
Qu’entame en grand secret l’Energie de la Vie.
Aux rayons du soleil est né le papillon.

(Chantal Boqueho)

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Mes baisers (Jules Gondoin)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



louis-jover-baiser-papillon

Mes baisers sont
des papillons

(Jules Gondoin)

Illustration: Louis Jover

 

 

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La joie (Alan Pelhon)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



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La joie

La joie sera feu
Chant du coq
Papillon pirouettant ça et là
Lumière brisant la nuit
Eau fraîche de la source
Mer bercée par les mouettes
Soleil qui ruisselle doucement
Dans ma bouche
Dans une joie que rien n’arrête

(Alan Pelhon)

 

 

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UN PEU DE REPOS (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



UN PEU DE REPOS

Ma foi, nous passerons notre journée au lit.
Le repos du combat d’amour vous amollit,
Et sur la volonté comme sur les paupières
Pose ses doigts câlins plus pesants que des pierres.

A quoi bon nous lever? Il est plus de midi.
Des langueurs vont flottant et font l’air attiédi
Dans la chambre bien close et pleine de silence.
La paresse sous nos courtines se balance,

Ainsi qu’un de ces grands papillons aux vols lourds
Qui traînent dans la nuit leurs ailes de velours.
Rien ne respire autour de nous, rien ne s’agite,
Rien ne viendra troubler la paix de notre gîte.

Oh! n’ouvrons pas les yeux, ne levons pas nos fronts!
Dormons profondément ! Nous nous réveillerons
Plus tard, bien tard, pas même aujourd’hui, pas encore,
Mais demain seulement, quand, pour fêter l’aurore,

Dans le rayon filtrant par le trou du volet
Les atomes dorés danseront leur ballet.

(Jean Richepin)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Pour écrire (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



 

pour écrire il nous faut de l’encre
n’importe quelle encre
et de la poussière d’or dans un sac qui fuit

[…]

je choisis mes semailles
dans le comptoir des papillons jaunes
je regarde tout mais n’achète rien
car je dois m’en aller

(Luis Mizón)

 

 

 

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