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Posts Tagged ‘papyrus’

Osiris (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

osiris [800x600]

Les murs ne tombent pas
[40]

Par exemple :
Osiris égale O-sir-is ou O-sire-is ;

Osiris,
l’étoile Sirius,

rattache le mythe de la résurrection
à la réalité de la résurrection

à travers les âges ;
plâtrier, maçon grossier,

assez mal outillé, ma pensée
comblerait des brèches déplorables

dans le temps, révélerait le schisme regrettable,
comblerait ce schisme avant-et-après,

(avant qu’Abraham fût, je suis)
découvrirait des croissances cancéreuses

dans la philosophie de notre temps,
en tentant de préparer,

pour ainsi dire, le patient pour le Guérisseur ;
corrélerait foi avec foi,

recouvrerait le secret d’Isis,
qui est : il y avait Un

au commencement, Créateur,
Nourricier, Concepteur, Même-à-jamais

dans le marais de papyrus
dans la prairie de Judée.

***

For example:
Osiris equates 0-sir-is or 0-Sire-is;

Osiris,
the star Sirius,

relates resurrection myth
and resurrection reality

through the ages;
plasterer, crude mason,

not too well equipped, my thought
would cover deplorable gaps

in time, reveal the regrettable chasm,
bridge that before-and-after schism,

(before Abraham was I am)
uncover cankerous growths

in present-day philosophy,
in an endeavour to make ready,

as it were, the patient for the Healer;
correlate faith with faith,

recover the seoret of Isis,
which is: there was One

in the beginning, Creator,
Fosterer, Begetter, the Same-forever

in the papyrus-swamp
in the Judean meadow.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Substituons donc l’enchantement au sentiment (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



thot

Les murs ne tombent pas
[35]

Substituons donc
l’enchantement au sentiment,

re-consacrons nos dons
au réalisme spirituel,

raclons une palette,
épointons crayon ou pinceau,

préparons papyrus ou parchemin,
offrons de l’encens à Thot,

l’original Ancien-des jours,
Hermès-trois-fois-grand,

supplions-le donc
afin que, par sa croix de tau,

il invoque la magie-vraie,
nous reconduise vers l’unique-vérité,

que lui (Sagesse),
à la lumière de ce qui vint auparavant,

illumine ce qui vint après,
revivifie la vérité éternelle,

soyez donc fins
comme aspics, scorpions, comme serpents.

***

Let us substitute
enchantment for sentiment,

re-dedicate our gifts
to spiritual realism,

scrape a palette,
point pen or brush,

prepare papyrus or parchment,
offer incense to Thoth,

the original Ancient-of-days,
Hermes-thrice-great,

let us entreat
that he, by his tau-cross,

invoke the true-magic,
lead us back to the one-truth,

let him (Wisdom),
in the light of what went before,

illuminate what came after,
re-vivify the eternal verity,

be ye wise
as asps, scorpions, as serpents.

(Hilda Doolittle)

 

 

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KAROMAMA (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2017



KAROMAMA pictureg

KAROMAMA

Mes pensées sont à toi, reine Karomama du très vieux temps,
Enfant dolente aux jambes trop longues, aux mains si faibles
Karomama, fille de Thèbes,
Qui buvais du blé rouge et mangeais du blé blanc
Comme les justes, dans le soir des tamaris.
Petite reine Karomama du temps jadis.

Mes pensées sont à toi, reine Karomama
Dont le nom oublié chante comme un chœur de plaintes
Dans le demi-rire et le demi-sanglot de ma voix;
Car il est ridicule et triste d’aimer la reine Karomama
Qui vécut environnée d’étranges figures peintes
Dans un palais ouvert, tellement autrefois,
Petite reine Karomama.

Que faisais-tu de tes matins perdus, Dame Karomama ?
Vers la raideur de quelque dieu chétif à tête d’animal
Tu allongeais gravement tes bras maigres et maladroits
Tandis que des feux doux couraient sur le fleuve matinal.
O Karomama aux yeux las, aux longs pieds alignés,
Aux cheveux torturés, morte du berceau des années…
Ma pauvre, pauvre reine Karomama.

Et de tes journées, qu’en faisais-tu, prêtresse savante ?
Tu taquinais sans doute tes petites servantes
Dociles comme les couleuvres, mais comme elles indolentes;
Tu comptais les bijoux, tu rêvais de fils de rois
Sinistres et parfumés, arrivant de très loin,
De par delà les mers couleur de toujours et de loin,
Pour dire: «Salut à la glorieuse Karomama.»

Et les soirs d’éternel été tu chantais sous les sycomores
Sacrés, Karomama, fleur bleue des lunes consumées;
Tu chantais la vieille histoire des pauvres morts
Qui se nourrissaient en cachette de choses prohibées
Et tu sentais monter dans les grands soupirs tes seins bas
D’enfant noire et ton âme chancelait d’effroi.
Les soirs d’éternel été, n’est-ce pas, Karomama ?

— Un jour (a-t-elle vraiment existé, Karomama ?),
On entoura ton corps de jaunes bandelettes,
On l’enferma dans un cercueil grotesque et doux en bois de cèdre.
La saison du silence effeuilla la fleur de ta voix.
Les scribes confièrent ton nom aux papyrus
Et c’est si triste et c’est si vieux et c’est si perdu…
C’est comme l’infini des eaux dans la nuit et dans le froid.

Tu sais sans doute, ô légendaire Karomama !
Que mon âme est vieille comme le chant de la mer
Et solitaire comme un sphinx dans le désert,
Mon âme malade de jamais et d’autrefois.
Et tu sais mieux encor, princesse initiée,
Que la destinée a gravé un signe étrange dans mon coeur,
Symbole de joie idéale et de réels malheurs.

Oui, tu sais tout cela, lointaine Karomama,
Malgré tes airs d’enfant que sut éterniser
L’auteur de ta statue polie par les baisers
Des siècles étrangers qui languirent loin de toi.
Je te sens près de moi, j’entends ton long sourire
Chuchoter dans la nuit : «Frère, il ne faut pas rire.»
— Mes pensées sont à toi, reine Karomama.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

 

 

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Ce qu’il y a dans l’oeil du chat (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2015


oeil-de-chat

Si vous saviez ce qu’il y a
Dans l’oeil sans fond d’un petit chat,
Qu’il soit jaune, vert ou lilas
Vrai, vous n’en reviendrez pas!

On y voit des oiseaux de lune,
Des palais de laine et de lait,
Le Sphinx émergeant de ses lunes,
Et des ballets ultra-violets.

Sur des bassins d’une eau sans rides
S’épanouit la fleur de lotus
Tandis qu’une main transluscide
Peint des soleils sur papyrus.

Tout l’univers est reflété
Dans cette goutte de lumière
Qui ouvre sur l’éternité
Ainsi qu’un hublot sur la mer.

(Marc Alyn)

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