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Posts Tagged ‘paradis’

UNE OUVERTURE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021



Illustration: ArbreaPhotos
    
UNE OUVERTURE

Comment dessiner si on ne fait que deviner
entre deux arbres, dans la rapidité des nuages
une vague lumière incertaine, fragile mais constante,
qui repose dans sa parfaite limpidité,
couronne d’écume ? C’est la terre, c’est peut-être le visage
de la terre et une offrande du ciel, le paradis épars
qui à travers ombres et branches a parcouru le champ entier
de la mémoire dans un vertige immobile. Comment être
l’oiseau fidèle de cet éclair ? Comment garder vivantes
les images concaves et aériennes, les germes de l’origine ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Le Paradis (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021




Le Paradis, voilà ce que j’ai tenté d’écrire
Ne bougez pas
Laissez parler le vent
Le paradis est là

(Ezra Pound)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: ArbreaPhotos

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Le Paradis n’est pas artificiel (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021



Le Paradis n’est pas artificiel
mais.. il n’existe qu’en fragments inattendus.

(Ezra Pound)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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VIERGE MODERNE (Edith Sôdergran)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2021



    

VIERGE MODERNE

Je ne suis pas une femme. Je suis neutre.
Je suis un enfant, un page, une résolution hardie
je suis un rai de soleil écarlate qui rit…
Je suis un filet pour poissons gloutons,
je suis un toast porté en l’honneur de toutes les femmes,
je suis un pas vers le hasard et la ruine,
je suis un bond dans la liberté et le soi…
Je suis le sang qui chuchote à l’oreille de l’homme
je suis fièvre de l’âme, désir et refus de la chair,
je suis l’enseigne à la porte de paradis interdits,
Je suis une flamme exploratrice et gaillarde,
je suis une eau profonde mais téméraire jusqu’aux genoux,
je suis eau et feu loyalement, librement unis…

(Edith Sôdergran)

Trad. : Carl Gustaf Bjurstom et Lucie Albertini

***

Jag är ingen kvinna. Jag är ett neutrum.
Jag är ett barn, en page och ett djärvt beslut,
jag är en skrattande strimma av en scharlakanssol…
Jagr ett nit för alla glupska fiskar,
jag är en skål för alla kvinnors ira,
jag är ett steg mot slumpen och fördàrvet,
jag är ett språng I friheten och sj ilvet…
Jag är blodets viskning i mannens öra,
jag är en sj lens frossa, köttets liingtan och förvägran,
jag är en ingångsskylt till nya paradis.
Jag är en flamma, sökande och käck,
jag är ett vatten, djupt men dristigt upp till knäna,
jag är eld och vatten I ärligt sammanhang på fria villkor…

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Corps et âme (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



Corps et âme

Egaré dans l’espace
En extase sous l’orage
J’erre entre l’abîme du désir
Et la cime du plaisir
La clé m’ouvre un chemin
Qui m’emporte tout droit
Sous un ciel bleu foncé
Vers la porte où je frappe
Mon corps libéré de mon âme
Que brûle le ridicule feu de l’enfer
Retrouve le paradis des sens
Avant de rôtir dans les flammes.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Blake

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PLUS DE SOLEIL AU LEVER DU JOUR (Richard Seff)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



 

Pier Toffoletti

PLUS DE SOLEIL
AU LEVER DU JOUR

Tu me dis je t’aim’ mais un jour tu me quitteras
Aux moissons d’automn’ pour une grappe de lilas
Et les jours seront longs
Sans prononcer ton nom
Je n’aurai plus de notes à mettre dans mes chansons
Plus de chants d’oiseaux autour de ma maison
Plus d’amour dans mon lit
Pour réchauffer mes nuits
Il n’y aura plus d’âm’ pour me porter secours
Plus de soleil au lever du jour
Plus de soleil au lever du jour
Il n’y aura plus un seul verger au paradis
Plus un seul pommier pour t’inspirer l’envie
De me laisser un jour
Victime de l’amour
Il n’y aura plus d’âm’ pour me porter secours
Plus de soleil au lever du jour
Plus de soleil au lever du jour.

(Richard Seff)

Illustration: Pier Toffoletti

 

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JE N’AI JAMAIS RENCONTRE DIEU (Pierre Delanoë)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



 

Rockwell Kent 27 [1280x768]

JE N’AI JAMAIS RENCONTRE DIEU

Tant de mystèr’s tant de questions
Auxquell’s personne ne répond
J’ai envie d’une autre vie

Pourtant mon chien me dit bonjour
Et le bonheur me tourne autour
Mais j’ai envie d’une autre vie

J’ai vu le soleil briller sur la Californie
Je n’étais pas loin du Paradis
J’ai vu les pays et les gens les plus merveilleux
Mais je n’ai jamais rencontré Dieu

J’ai vu les étoiles qui tombaient de l’Univers
J’ai vu des torrents noyer la terre
J’ai vu les volcans cracher l’enfer de tout leur feu
Mais je n’ai jamais rencontré Dieu

Je donnerais sans hésiter
Le temps qui me reste à chanter
Pour simplement le rencontrer

Je sais qu’il n’y a pas d’horloge sans horloger
Pas de flamm’ qui ne soit allumée
Je connais l’amour, je sais qu’il n’y a rien de mieux
Mais je n’ai jamais rencontré Dieu

Des foules de gens lui ont parlé depuis Moïse
Dans l’ombre des temples et des églises
Moi je veux le voir, c’est un rendez-vous que je veux
Car je n’ai jamais rencontré Dieu
Mais je n’ai jamais rencontré Dieu.

(Pierre Delanoë)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Le bon moment (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2020



    
Le bon moment

Rien de meilleur que le plaisir :
printemps, verdure et amis tendres.
Où est l’échanson ? Dis-le-moi !
Pourquoi donc me fait-il attendre ?
Sache apprécier chaque occasion
que la fortune te propose,
Car personne ne peut savoir
quelle sera la fin des choses.
Sois vigilant, car notre vie
est suspendue à un cheveu.
Ne prends garde qu’à tes ennuis :
le monde tournera sans eux.
Que signifie : Eau de Jouvence ?
Qu’est-ce qu’un Paradis terrestre ?
L’une n’est qu’un petit ruisseau ;
l’autre, un bon petit vin champêtre.
Pudique ou buveur, ce ne sont
que deux facettes du réel.
Les deux aspects sont attirants,
mais nous allons choisir lequel ?
Le secret derrière l’écran,
qu’en connaît le Ciel ? Maintenant,
Tais-toi, prétentieux ! A quoi bon
traiter avec le chambellan ?
Si je n’étais pas responsable
de mes erreurs, de mes offenses,
Que signifierait Ton pardon,
ô mon Dieu miséricordieux ?
Le dévot boit l’eau de l’Eden ;
Hâfez, le vin. Auquel des deux
Le Créateur, en fin de compte,
donnera-t-il la préférence ?

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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Allez, vagabonds sans trêves (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2020



 

Portrait of an Old Man

Allez, vagabonds sans trêves

Leurs jambes pour toutes montures,
Pour tous biens l’or de leurs regards,
Par le chemin des aventures
Ils vont haillonneux et hagards.

Le sage, indigné, les harangue;
Le sot plaint ces fous hasardeux;
Les enfants leur tirent la langue
Et les filles se moquent d’eux.

C’est qu’odieux et ridicules,
Et maléfiques en effet,
Ils ont l’air, sur les crépuscules,
D’un mauvais rêve que l’on fait:

C’est que, sur leurs aigres guitares
Crispant la main des libertés,
Ils nasillent des chants bizarres,
Nostalgiques et révoltés;

C’est enfin que dans leurs prunelles
Rit et pleure -fastidieux-
L’amour des choses éternelles,
Des vieux morts et des anciens dieux!

Donc, allez, vagabonds sans trêves,
Errez, funestes et maudits,
Le long des gouffres et des grèves,
Sous l’oeil fermé des paradis!

La nature à l’homme s’allie
Pour châtier comme il le faut
L’orgueilleuse mélancolie
Qui vous fait marcher le front haut.

Et, vengeant sur vous le blasphème
Des vastes espoirs véhéments,
Meurtrit votre front anathème
Au choc rude des éléments.

Les juins brûlent et les décembres
Gèlent votre chair jusqu’aux os,
Et la fièvre envahit vos membres,
Qui se déchirent aux roseaux.

Tout vous repousse et tout vous navre,
Et quand la mort viendra pour vous,
Maigre et froide, votre cadavre
Sera dédaigné par les loups!

(Paul Verlaine)

Illustration: Adolph Friedrich Erdmann von Menzel

 

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SOUVENIR (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



Illustration: Oleg Zhivetin    
    

SOUVENIR

À mes lèvres le goût du miel :
Son baiser.
Dans mon âme un reflet du paradis :
Ses yeux.
Dans mon cœur un poignard :
Ses serments.

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

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