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Poésie

Posts Tagged ‘paradoxe’

Post-merci (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



Post-merci

Nous sommes des météores à gueule de planète.
Notre ciel est une veille, notre course une chasse,
et notre gibier est une goutte de clarté.

Ensemble nous remettrons la Nuit sur ses rails ;
et nous irons, tour à tour nous détestant et nous aimant,
jusqu’aux étoiles de l’aurore.

J’ai cherché dans mon encre ce qui ne pouvait être quêté :
la tache pure au-delà de l’écriture souillée.

En poésie, devenir c’est réconcilier.
Le poète ne dit pas la vérité ; il la vit ;
et la vivant, il devient mensonger.
Paradoxe des Muses : justesse du poème.

Dans le tissu du poème doit se retrouver un nombre égal de tunnels dérobés,
de chambres d’harmonie, en même temps que d’éléments futurs,
de havres au soleil, de pistes captieuses et d’existants s’entr’appelant.
Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre.
Et un ordre insurgé.

(René Char)

 

 

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Que la lune brouillardeuse éclaire (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
Que la lune brouillardeuse éclaire

Cette nuit que je voulais sereine et solitaire à ma table

Voici la mémoire pauvre, l’idée enfuie
Tellement je suis perméable à cet air blanc
Dans la boule de la terrestre chambre
Blanche et peu bénéfique à mon projet

Terre lunaire, brouillard d’une table
Appauvrissement du souvenir et de la volonté
Quel bénéfice ouvrirait l’air
Au cahier de
Diane et de l’orage
Entre boule blanche et vierge enfouie
Quand la seule mémoire de l’Instant
Tue la lumière du songe Ô paradoxe à vivre dans cette claire ombre et son refus énigmatique

Que la lune à cette fin me laisse

A ma paresse dans mon aire

La pauvreté larvaire de notre calendrier

Me faisant incapable d’affronter l’heure

le passage des astres divins
De lire à la volée le dedans et le dehors
Au-dessus de ma peau les nuées
En moi le rire et le regret de
Ton regret

(Jacques Chessex)

 

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Il y a toujours quelque chose (Gaspard Hons)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



non-dualite

il y a toujours quelque chose
qui perturbe la logique
un centre décentré
un paradoxe tombé de l’éclair

(Gaspard Hons)

Découvert chez Lara ici

 

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J’ai réglé mes comptes avec la vie (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Hans Baldung
    
En disant « J’ai réglé mes comptes avec la vie »,
je veux dire : l’éventualité de la mort est intégrée à ma vie ;
regarder la mort en face et l’accepter comme partie intégrante de la vie,
c’est élargir la vie.

A l’inverse, sacrifier dès maintenant à la mort un morceau de cette vie,
par peur de la mort et refus de l’accepter,
c’est le meilleur moyen de ne garder qu’un pauvre petit bout de vie mutilée,
méritant à peine le nom de vie.

Cela semble un paradoxe :
en excluant la mort de sa vie on se prive d’une vie complète
et en l’y accueillant on élargit et on enrichit sa vie.

(Etty Hillesum)

 

 

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Te vêtir… Ô le paradoxe (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2016



Te vêtir… Ô le paradoxe
Quand au contraire je ne veux
Pour l’amour et sa tendre boxe
Que ta parure de cheveux

C’est en vain que tu dérobes
Sous tous les plis que tu voudras
A la plus belle de tes robes
J’aime mieux le pli de tes draps.

Ôte-moi donc vite la gêne
De la souple et nerveuse gaine.

(Paul Valéry)

 Illustration: Elena Khmeleva

 

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