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Poésie

Posts Tagged ‘paraître’

Plus bas (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019



 


   
Plus bas

Quand l’obscurité me paraît céder en un point,
blanchir un peu de lumière,
c’est toujours un effet sans lendemain.
J’ai beau suivre les points brillants
dans la pénombre,
j’arrive chaque fois en bas
et chaque fois, de plus en plus bas,
là où je risque de ne plus prendre part à la vie.

Depuis le temps, j’aurais dû m’en douter:
c’est comme ça –

je finis toujours par m’abandonner
à des idées noires
comme si l’obscurité me saisissait en plein jour
et n’avait cessé depuis l’enfance
d’effriter la terre dans mes mains,
quand bien même je travaillerais,
avec l’obstination d’un dément,
essayer de rendre les choses plus visibles.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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Mais cet espace et cette rose (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2019



Illustration: Salvador Dali
    
Mais cet espace et cette rose
Exempte de colère
Ont besoin de moi quand et si
Par malheur ils éclatent […]

Mais cette fleur et ce vide inchangé
Qui me réclament pour paraître
Gagner un sens en devenant des mots

(Jean Tortel)

 

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L’enfant (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019


 

L’enfant qui se savait
Torturé du démon

Venait voir au miroir
Si rien n’en paraissait.

(Guillevic)

Illustration

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Nous devons faire en sorte (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
Nous devons faire en sorte que le texte que nous lisons nous lise.
Que la musique que nous écoutons
nous entende.
Que cela que nous aimons
au moins paraisse nous aimer.

Il faut en finir avec l’illusion
d’une réalité à un seul sens.
Il importe à présent
que chaque chose en ait au moins deux,
bien qu’au fond nous sachions
que si une chose n’a pas tous les sens
elle n’en a aucun.

Nous devons faire en sorte que la rose
que nous venons de créer en la regardant
nous crée à son tour.
Et obtenir qu’ensuite
elle engendre à nouveau l’infini.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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Jasmins (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019



Illustration
    
Jasmins

Nous avons peur de paraître faibles,
de nous faire surprendre dans un geste
étourdi de tendresse.

(Leonardo Sinisgalli)

 

Recueil: Le moineau et le lépreux
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Part Commune

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REVERBERATION (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019


 


 

Ambrogio Antonio Alciati -il-convegno-ca1918

REVERBERATION

Mon visage n’est plus
Seul et désert
Comme délaissé dans l’ombre.

Mon visage est beau.

C’est parce que tu le vois beau qu’il est beau

C’est parce que ton visage
Le fait paraître beau, qu’il paraît beau.
Mon visage est beau, parce que mon visage
Reçoit et réfléchit ton visage.

(Georges Themelis)

Illustration: Ambrogio Antonio Alciati

 

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TON IMAGE TE MONTRE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019


 


 

Zdzislaw Beksinski_075

TON IMAGE TE MONTRE

Où que tu t’en ailles, ton image te montre.
Nous paraissons, la honte paraît,
La déformation terrible apparaît au-dedans.
Tu n’es pas ce que tu es, ni ce que tu parais être
Aux yeux nus, a la lumière nue.

On fait semblant de nous dévêtir, on nous couvre de honte,
Une main implacable fait semblant de nous dénuder
Elle palpe la chair, elle touche la conscience,
Elle gratte la conscience qui souffre.

Les plaies s’ouvrent, nos os peuvent être comptés.

(Tant de côtes, tant d’articulations,
Tant de cordes dans la peau.)

Ainsi qu’on sépare la chair de l’os,
Ainsi sépare-t-on
L’âme du corps, la chair de l’esprit.

Le diable en prendra, l’Ange en prendra.

(Georges Themelis)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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A quoi bon chercher le repos (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



à quoi bon chercher le repos
dans le hasardeux équilibre
il y a bien deux équilibres
mais lequel sauverait ma peau

s’il y avait trois équilibres
celui du milieu peut-être
(mais il faudrait que je sois libre)
me donnerait la clé de l’être
ou la recette pour paraître

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gilbert Garcin

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ARBRE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
ARBRE

De toi une ombre se dénoue
et fait paraître la mienne morte
qui pourtant va oscillante
et fend l’eau fraîche azurée
sur la rive de l’Anapo, où je reviens ce soir
sous l’impulsion de mars lunaire
riche déjà d’herbes et d’ailes.

Je ne vis pas seulement d’ombre,
quand la terre et le soleil et le doux don de l’eau
ont fait neuve chacune de tes feuilles
pendant que je m’affaisse et que desséché
avec mon visage je touche ton écorce.

***

ALBERO

Da te un ‘ombra si scioglie
che pare morta la mia
se pure al moto oscilla
o rompe fresca arqua azzurina
in riva all’Anapo , a cui torno stasera
che mi spinze matzo lunare
gia d’erbe ricco e d’ali.

Nan solo d’ombra vivo,
ché terra e sole e dolce dono d’acqua
t’ha fatto nuova ogni fronda,
mentr’io mi piego e secco
e sul mia visa tocco la tua scorza.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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SYLLABES À ERATO (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration: Edward John Poynter
    
SYLLABES À ERATO

Pour toi se penche le coeur dans la solitude,
exil de sens obscurs
où aime et se transmue
ce qui paraissait nôtre hier
et qui est à présent enfoui dans la nuit.

Des demi-cercles d’air te font un visage
resplendissant et tu m’apparais
au moment où accourt la première angoisse
et je deviens blanc tandis que tarde
la lumière d’un sourire sur ta bouche.

T’avoir c’est te perdre,
mais tant pis : tu es encore belle,
surprise dans la pose gracieuse du sommeil:
sérénité de la mort joie extrême.

***

SILLABE A ERATO

A te piega il cuore in solitudine,
esilio d’oscuri sensi
in cui trasmuta ed ama
cio che parve nostro ieri,
e ora è sepolto nella notte.

Semicerchi d’aria ti splendono
sul volto; ecco m’appari
nel tempo che prima ansia accora
e mi fai bianco, tarda la bocca
a luce di sorriso.

Per averti ti perdo,
e non mi dolgo: sei bella ancora,
ferma in posa dolce di sonno:
serenità di morte estrema gioia.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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