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Poésie

Posts Tagged ‘paraphe’

L’invisible (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017




    
L’invisible

Où fut la truite il reste un éclair blanc,
Où fut l’oiseau le paraphe dans l’air.

Cette fleur morte a laissé son parfum,
Ce tournesol éteint sa graine d’ambre.

Le rossignol a déposé la nuit
Sur le lilas des gouttes de musique.

Pour les roseaux, l’avenir est caresse
Et le passé rit dans chaque platane.

Il reste un goût de soleil sous les ailes
Des guêpes d’or à leur dernier voyage.

Dans ce jardin superbe tout est trace
Et l’on entend ce qui ne parle plus.

L’éternité, c’est un caillou dans l’onde
Agrandissant les cercles d’infini.

Moi le passant je réserve mes gestes
Où mon silence a même son écho.

Où fut mon ombre une autre passera
Qui sera moi le temps de me connaître.

Je lui dédie un reste de mystère
Pour qu’il le cueille ainsi qu’un fruit tardif.

Que le jour s’ouvre à ces coeurs désertés
Pour que la nuit soit l’étreinte furtive.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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La fascinante mort immobile (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



Rugosité,
paraphe des volcans,
éclatement du gel.

Les nerfs s’accrochent,
tissent la toile.

Ailleurs, l’envol de l’eau du marbre:
la fascinante mort immobile.

(Jean Joubert)

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Une page du ciel (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2016



Une page du ciel où s’inscrit la terre
Ses arbres frêles, la fumée de ses feux
Où brûle une heure d’Avril
Par la blancheur de la page
S’échappent les paraphes des nuages
Leur fuite infinie
Hors de si peu d’espace
Le paysage est rentré dans la fleur de l’oeil
La cascade de la vue s’étale en cette eau ultime
Où dans un long regard, le coeur se mire

(Heather Dohollau)

 

 

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Famines (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Famines

Notre péché : nous mangeâmes le monde
Et ses forêts en de cruelles faims.
Je m’habillais de soleil, d’altitude
Pour saluer mon ange : le condor,
Et je régnais sur une orange rouge
Et qui brûlait : la terre sous mes pas.

Je danserai loin de vos lits funèbres.
Jungles, pampas, steppes, disparaissez !
Tel je vous garde avec neige et royaume,
Où fut mon rire, il naquit une fleur.

Le cormoran pour mes larmes. Le cygne
Pour page blanche où je vous écrirai.
Et l’albatros pour tracer le paraphe
D’un autre vol où la faim renaîtra.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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ON N’A PAS LE DROIT DE CRIER (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2016



ON N’A PAS LE DROIT DE CRIER

I
On n’a pas le droit de crier
Sous l’immense préau du monde,
Entre les murs pâles de haine
Où l’homme est un paraphe obscène.

On n’a pas le droit de crier ;
Tous les vivants sont verrouillés,
Personne ne connaît personne.

On n’a pas le droit de crier,
De demander pourquoi, d’oser
Regarder les femmes mouillées,
Donner du feu aux cigarettes
Au bout desquelles gît un homme
Dans la litière de ses peines.

On n’a pas le droit de crier,
De cracher rouge, de saigner ;
Tout est trop propre et, dans les chambres,
On cache les agonisants
Qui pourraient salir le pavé :
Pas de balayeur pour les gens,
Mais une trappe dérobée
Dans un coin de la conscience…

II

Partout c’est le même silence
D’hôpital, où, le coeur feutré,
Chacun, sur des rails invisibles,
S’enfonce à petites journées
Comme un lombric dans un cadavre.
Personne ne connaît personne
Dans les usines, dans les gares
Où s’époumone un seul forçat,
Où brûle une seule effigie
Que nul ne songe à regarder.
Tous les vivants sont verrouillés,
Toutes les femmes sous vitrine
Et, si parfois tu te souviens
D’avoir existé sur la terre,
Tu mords tes lèvres, tu renonces.

Ce fut toujours ainsi, crois-moi :
Des graffiti que la pluie lave
Sur les murs aveugles du temps…
Tu n’as pas besoin de crier
Puisque tu n’as que des semblables,

Tu n’as pas besoin de crier
Puisqu’ils sont la bouche et l’oreille,
Puisqu’ils se taisent, puisqu’ils ont
Accepté de vivre leur mort
Sous le domino de la vie.

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Dans la courbe des longs sourcils (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2015




Dans la courbe des longs sourcils
j’ai appris à l’apprivoiser, le vif hiéroglyphe,
que d’un coup de paraphe a garanti pour nous les pages blanches du bonheur.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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La chaleur, l’irradiation de la mer (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



 

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La chaleur, l’irradiation de la mer, les barques,
j’aurais souhaité les faire entrer tellement exactes et vivantes en moi
qu’au plus faible appel de ma mémoire, elles fussent encore telles quelles.

Le bonheur signe d’un paraphe inimitable
ces tableaux de notre musée personnel…

(André Hardellet)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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AUTOMNE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2015



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AUTOMNE

Automne, automne, automne, oh,
La saison de l’ancolie
La saison où les tonneaux
Se remplissent de folie,

Saison du blaireau, du loir
Et des premiers doigts du froid,
Bords de la Loire ou du Loir
— Monte la fumée des rois —

Automne, automne, automne, oh,
Un maigre fagot de bois
Des paraphes infernaux
Sur le ciel glacé de droit,

Puis des brumes ravigotes,
Des écharpes de velours,
Des guivres, des matelotes
Des rumeurs et des tambours

Automne, automne, automne, oh.
C’est la rentrée des écoles,
C’est la rentrée des tonneaux
Des rouliers de Picrochole.

La poix des matins des soirs.
Jeux brutaux et têtes-bêches,
Le morne ennui des dortoirs.
Les souliers et les bobèches.

Automne, automne, oh, chenu
Mon coeur se fond d’amertume
Les bois, les taillis sont nus
Le givre aux lampes s’allume.

Mon enfance vous évoque
Tandis qu’un soleil léger
Pâle comme oeuf à la coque
S’élève sur les vergers.

Oh garde-moi ma présence
Là-bas près des figuiers bleus
J’y reconnais mon enfance
Mon petit sarrau de serge

Sous le regard des persiennes
Où dorment ceux que j’aimais
J’y entends des voix anciennes
Qui ne se tairont jamais.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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