Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘parcelle’

Refuge après les intempéries (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



Refuge après les intempéries

Dans la forêt maltraitée
Les feuilles découragées tombent
Des arbres abattus

J’entends dans le lointain
La voix des grands bois
Quand volent au-dessus de ma tête
Les oiseaux du regard
Qui battent des cils
Au-dessus des images passées

Un nuage tisse sur la ville
Un voile de pluie fine
Qui ruisselle sur la vitre
Et j’en reçois des parcelles

Le lierre enlace le mur
Jusqu’à l’étouffer
A l’intérieur j’éprouve
Un frémissement de chaud
Et le silence limpide se brise dans l’écho
Du bruit le plus léger
Que je fais en marchant
Sur la pointe des pieds
Sur le tapis du couloir

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’ÉTOILE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



L’ÉTOILE

Bon, je ne suis pas revenu. Non revenir
ne me fait plus souffrir, le sable a décidé
et comme élément de la vague et du passage,
comme syllabe du sel, comme pou de l’eau,
moi, souverain, esclave de la côte, j’ai
plié le front, je me suis enchaîné à mon rocher.

I1 n’y a pas de libre choix pour nous qui sommes
parcelle de l’étonnement,
i1 n’y a pas d’issue pour ce retour
à soi, à cette pierre de soi-même,
i1 n’existe plus d’autre étoile que la mer.

(Pablo Neruda)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

Ta présence est une parcelle de clair de lune (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



En ton absence
Le soleil est le soleil
Le jour le jour
La nuit la nuit
Ta présence est une parcelle de clair de lune

(Abbas Kiarostami)


Illustration: Georges Hanskens

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Printemps du corps (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Printemps du corps

Mon corps ici, mon corps ailleurs, mon corps
Ensoleillé par la mort et qui glisse
De source en fleuve et de fleuve en caresse
Pour se mêler à d’autres floraisons.

Que ma non-mort en ses terres vitales
Soit cet oiseau, ce poisson, ces parures
De fleurs et d’ors dans le jardin des mots
Et que ma nuit ne soit qu’une apparence.

Ma bouche parle en d’intenses corolles,
Mon oeil regarde au-delà du rosier,
Mes bras unis sont rives de l’étang
Où nénuphar je chante au ras des eaux.

Ainsi mes mains, les ultimes semeuses,
Sont la semence éparse du blé noir
Et mon échine à tous les vents frissonne
La mort en moi, la mort qui danse encore.

Ce doux pollen aux ailes de l’abeille :
Un peu de moi. Ce bourgeon qui s’entrouvre :
Mon vieux délire ici ressuscité
Par le savoir infini de l’aurore.

Mon corps en moi, mon corps en vous, mon corps,
Cette parcelle éminente du jour,
Pour t’affranchir frère de la durée
Et composer la musique des gestes.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les Chats (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Les Chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

(Charles Baudelaire)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 7 Comments »

CE QUE NOUS SOMMES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Emma Blackwood  1

CE QUE NOUS SOMMES

Tu es radeau dans l’éclaircie
Tu es silence dans les villes
Tu es debout
Tu gravites
Tu es rapt d’infini

Mais tel que je suis
que j’écris que je tremble
Je te sais parfois
refroidi de toi-même
quand les fables et le sel t’ont quitté !

Je te sais
Tantôt mutilé
Tantôt espace

Tantôt épave
Ou illumination

Je te sais
disloqué par les parcelles du monde

Mais je te sais
De face
Dans la forge de ton feu.

(Andrée Chedid)

Illustration: Emma Blackwood

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

HÉMATITE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



HÉMATITE

Parcelle refroidie du premier monde.
Pupille de l’Ancien des siècles.
Détient, retient toujours en elle
le ciel noir d’avant la création du jour.

(Jacques Lacarrière)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RESONANCE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



 

Ernest Pignon-Ernest  corps d'extase_400

RESONANCE

Je suis moi, dans mon coeur clos.

Si tu prends la main, tu-tiens l’âme
Contact d’oiseau emprisonné ou frétillement de poisson.

Si tu coupes un peu de chair, tu coupes une parcelle d’âme,
Si tu craches sur le visage, tu craches sur l’esprit.

Chaque gifle, chaque baiser passe
A travers plusieurs couches, comme un son qui résonne.
Le Seigneur le reçoit au-dedans, il en garde l’empreinte
Dans sa chair mystique, il le cache dans son sang.

(Georges Themelis)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SIMPLICITÉ DE LA PERCEPTION (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




    
SIMPLICITÉ DE LA PERCEPTION

La blessure est la porte d’entrée
pour te trouver,
le seul organe sensible
à n’êtrе pas leurré.

Ma peau est parsemée de toi,
d’expérience : elle a échappé
à la ruse des autres sens,
à leurs seuils usés par les sensations.

Cette blessure ne doit pas se refermer,
neuve toute pensée dans la chair,
prête à tressaillir, sans mémoire,
irréconciliable, la blessure
te mêlе au monde.

On ne peut rien aplanir,
aucun reste fût-il précieux, la rédemption
est une parcelle de ce mensonge :
un message serait le salut.

Le mouvement n’avance pas
de degré en degré, il n’élève rien,
il tourne autour des lèvres de la plaie,
s’y incruste. Là où il s’arrête,
tu fus dans la sensation la durée même.

***

EINFACHHEIT DER WAHRNEHMUNG

Die Wunde ist das Tor
dich zu finden,
das Sinnessorgan,
das nicht getäuscht wird.

Übersät ist die Haut mit dir,
mit Erfahrung: sie ist der List
der alten Organe entkommen,
ihren abempfundenen Schwellen.

Die Wunde, die sich nicht schliessen soll,
neu jeder Gedanke im Fleisch,
bereit zu zucken, ohne Erinnerung,
unversöhnt, die Wunde
mischt dich und die Welt.

Es ist nicht zu glätten,
kein höherer Rest, der Erlösung
ist der Bruchteil der Lüge :
dass eine Botschaft das Heil ist.

Die Bewegung geht nicht
von Stufe zu Stufe, setzt nichts höher,
sie kreist um den Wundrand,
sie nistet sich ein. Wo sie anhält,
warst du in der Empfindung die Dauer.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TERRITOIRES DU SOUFFLE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

TERRITOIRES DU SOUFFLE

Parcourant
Les territoires du souffle
La Poésie
Ne thésaurise rien

Nulle empreinte
N’ossifie son essor
Nul usage
Ne pétrifie sa flamme

Elle insuffle son et sens
Dans les parcelles du monde

Disant sans vraiment dire
Elle ravive le désir
Multipliant les signes
Elle demeure
A l’avant.

(Andrée Chedid)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :