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Posts Tagged ‘parcours’

Où que tu sois, je t’aime (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Où que tu sois, je t’aime

Pour te rejoindre
nul parcours sur la terre,
il y faut l’ascension
de la montagne immense
qui me déchire le coeur.

Là tout est vertical,
de l’abîme du sang
aux mille soleil de l’âme,
une épée de lumière
et pas un seul sentier.

Est-ce mon amour
au souffle fragile,
à la fougue patiente
et légère, qui va ouvrir
la septième voie ?

Amour sauvage que tu voulais
libre du chasseur et de la proie,
amour qu’inventait l’amour
sans un appui sans une corde,
amour absolu, tout à toi.

(André Velter)

 

 

 

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Qui s’inquiète d’un oiseau (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




    
Qui s’inquiète
d’un oiseau et qu’il saute d’une branche

à l’autre, qui s’étonne des mille parcours
d’une fourmi

on passe, on déchire
sans le savoir le tissu de l’être

et les apparences
vacillent, le sol vient à manquer.

(Claude Esteban)

 

Recueil: La mort à distance
Traduction:
Editions: Gallimard

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SOUS UNE VILLE (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



Illustration: Marina Dieul
    
SOUS UNE VILLE

Sous une ville
le grand parcours
qui n’est pas le nôtre

Sous une pierre
les racines blanches
qui nous portent

A regarder l’herbe
je vois l’incertain

Une mort dénuée de sens
Une vie dénuée de sens

Dans l’herbe, des enfants, des oiseaux

(Inger Christensen)

 

Recueil: HERBE
Traduction: Janine et Carl Poulsen
Editions: Atelier La Feugraie

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Le secret (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018



Illustration
    
Le secret

Qui étais-je avant
Que serais-je après
Ce bref parcours de vie
Encerclé de mystère ?

J’alerte
Les crédos de l’âme
Je m’attache
Aux menées de l’esprit
Je braconne
Dans les gisements du cœur
Je furète
Parmi les trames du savoir
J’avance
À l’insu des mots
Je malmène
Les dieux et les lois

Impénétrable
Demeure
Le secret.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Correspondances d’après Baudelaire (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



Illustration: Gustave Courbet
    
Correspondances d’après Baudelaire

Oui, les parfums, la musique m’inspirent,
comme le rythme et les belles paroles,
je me réjouis quand Baudelaire en vers
pleins d’harmonie raconte ce que l’âme
désorientée ressent confusément,
au milieu de ses émotions stériles.

« La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens. »

Ne crois pas seulement aux choses que tu vois.

Rien de plus pénétrant qu’un regard de poète.
Il voit dans la nature un jardin familier.

Un paradis obscur, là sont les autres hommes ;
ils marchent à tâtons sur un rude chemin.
Et l’unique lueur, la précaire étincelle
qui éclaire un instant la nuit de leur parcours,
c’est l’éphémère sentiment d’un voisinage,
d’une correspondance imprévue, magnétique —
fugace nostalgie, frisson d’un seul instant,
joie sans cause soudain qui dans le coeur entra
et puis soudain s’en va.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Ne t’envole pas colombe (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



Illustration
    
Ne t’envole pas colombe-amie colombe
Souviens-toi : entre nous, il y a des codes et des langages
Laisse mes yeux lire
L’aile, les pieds, la tête
La nuque, le collier
Et ouvre
À ma passion le chemin des désirs endormis
Éclaire-moi
Sur le parcours des désirs
Dans la séduction des mots

(Adonis)

 

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Il y a noir et l’idée du noir (Nicole Brossard)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



visages-noir-7a8e

il y a noir et l’idée
du noir un parcours des mains
des secousses comme si l’ombre allait
pénétrer dans les muscles
tailler dans la chair ses propres réponses
au sujet de l’universel

(Nicole Brossard)

 

 

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Ma sœur ô mon amie (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



Ma sœur ô mon amie

Ma sœur ô mon amie je ne te connais pas
Du fond du cœur pourtant je comprends ton alcool
Moi aussi j’ai suivi ton chemin pas à pas
Et je me suis plongé dans la jouissance folle

Que procurent la brume et tous les maëlstroms
De la bière et du vin délicieux nectars
Où l’on se sent enfin redevenir un homme
Et comme toi les nuits j’ai bu jusqu’à très tard

Se dressèrent alors les aubes de douleur
Aurores de souffrance et des atroces rêves
Un jour j’ai arrêté ce parcours de malheur

Ô mon amie ma sœur j’assécherai tes pleurs
Tout comme moi bientôt tu connaîtras les grèves
Et les plages d’amour où les soleils se lèvent

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Edgar Degas

 

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Le livre nous attend pour PARLER (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



La musique du soleil tisse une tapisserie
d’oiseaux
Parcours des forêts
Plaisirs
Dans nos bagages des signes

Les murs végétaux se sont ouverts
Etincelles des étangs
Hautes lices des rivières
Un enfant lance une pierre

De l’aube tombent des couteaux de cristal
sur les nuques lourdes
Le feu de la nuit crépite encore

Ailleurs les hommes tendent des bras ligneux
à travers les déserts

Des femmes aveugles accouchent au bord des chemins

Nous
nous finirons par entrer dans les couloirs de cendres où

Le livre nous attend

pour PARLER.

(Georges Jean)

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Ce qui est là dans le là (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



Ce qui est là dans le là
Point à la ligne
Retour insurgé
D’un seuil de blanc
Et distance conçue
Comme parcours sans bord
Mais vrillé dans l’espace
D’une voie étroite
Main courant dans le temps
De l’arc-en-ciel
Chaque couleur a sa place
De simple appui

(Heather Dohollau)

 

 

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