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Posts Tagged ‘pardonner’

UN AUTRE MONDE (Téléphone)(Jean-Louis Aubert)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




    
UN AUTRE MONDE

Je rêvais d’un autre monde
Où la Terre serait ronde
Où la lune serait blonde
Et la vie serait féconde

Je dormais à poings fermés
Je ne voyais plus en pied
Je rêvais réalité
Ma réalité

Je rêvais d’une autre Terre
Qui resterait un mystère
Une Terre moins terre à terre
Oui je voulais tout foutre en l’air

Je marchais les yeux fermés
Je ne voyais plus mes pieds
Je rêvais réalité
Ma réalité m’a alité

Oui je rêvais de notre monde
Et la Terre est bien ronde
Et la lune est si blonde

Ce soir dansent les ombres du monde

A la rêver immobile
Elle m’a trouvé bien futile
Mais quand bouger l’a faite tourner
Ma réalité m’a pardonné
M’a pardonné
Ma réalité m’a pardonné

Dansent les ombres du monde
Dansent les ombres du monde
Dansent les ombres du monde
Dansent les ombres du monde

Hé ! Hé !

Dansent, dansent, dansent, dansent, dansent, dansent,

dansent, dansent, dansent, dansent, dansent, dansent

Dansent les ombres du monde.

(Téléphone)(Jean-Louis Aubert)

 

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LENDEMAIN MATIN (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2020



    
LENDEMAIN MATIN

Les nouilles de votre jardin
chère Madame on désespère
ne sont pour moi débile
que balançoires et boulingrins

Comment veut-on que je digère
chère Madame aidez-moi
ces vautours trop mal cuits
et les valseurs au gratin

Pardonnez papillons
vous êtes les miracles
qui peuplez nos rêves
et nous laissez rêveurs

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Ouvrez aux enfants (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



Ouvrez aux enfants

Les enfants sont venus vous demander des roses;
Il faut leur en donner
– Mais les petits ingrats détruisent toutes choses…
Il faut leur pardonner.

Tout printemps est leur fête, et tout jardin leur table;
Qu’ils prennent à loisir!
Ils nous devront du moins, souvenir délectable!
D’avoir eu du plaisir.

Demain nous glanerons les rosés répandues,
Trésor du jardin vert;
Ces haleines d’été ne seront pas perdues
Pour embaumer l’hiver.

Ouvrez-donc aux enfants qui demandent des roses:
Il faut leur en donner;
Et si l’instinct les pousse à briser toutes choses,
Il faut leur pardonner!

(Marceline Desbordes-Valmore)


Illustration: Christophe Leparoux

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Pardonnes-tu ma jalousie en rêve (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020




Pardonnes-tu ma jalousie en rêve
Et mon amour follement agité?
Tu m’es fidèle, alors pourquoi sans trêve
Rendre craintif mon esprit tourmenté?
Dis-moi pourquoi tu veux paraître aimable
Envers chacun de tes admirateurs,
Donner à tous, espoir invraisemblable,
Ton beau regard, triste ou plein de douceur?
Tu m’as saisi, m’as fait perdre la tête,
Asservissant mon amour malheureux,
Ne me vois-tu, seul et silencieux,
Plein de tourment, de dépit, quand s’apprête
A t’encenser tout ce monde étranger?
Pour moi, cruelle, aucun mot, aucun geste!
Veux-je m’enfuir, prêt à te supplier,
De ton regard, tu ne me dis pas: reste!
Une beauté me tient-elle un discours
A double sens, toi tu restes tranquille,
Et même gaie en blâmant cette idylle,
Et moi j’en meurs: tu parles sans amour.
Si mon rival éternel t’a surprise
A mes côtés, en tête à tête assise,
Pourquoi vient-il te saluer, narquois?
Qu’est-il pour toi? Dis-moi donc de quel droit
Devient-il blême et pris de jalousie?
Et quand vient l’heure indiscrète du soir,
Pourquoi dois-tu, seule, le recevoir,
Nue à moitié, quand ta mère est partie?
Mais je suis préféré. Seule avec moi
Tu es si tendre. Et que tu es ardente
Dans tes baisers ! Ton âme est éloquente
Quand tu me dis ton amour avec foi.
Tu crois que mes tourments, je les invente.
Mais je suis préféré: je te comprends.
Epargne-moi, s’il te plaît, toute offense:
Ne sait-tu pas que j’aime fortement,
Ne sais-tu pas qu’atroce est ma souffrance.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

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Vous le voyageur (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2019



Illustration:  Iwai Tojaku
    
Vous le voyageur,
Pardonnez-moi je vous prie
Ces rêves si minces,
Ces rêves si verts encore
Que je ne sais que vous dire

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Un petit lambeau (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019




    
Un petit lambeau

Il arrive au fil du temps
et des événements
qui nous submergent
que certains de nos actes
fassent de nous un peu moins
que ce que nous étions
c’est comme arracher soi-même
un petit lambeau de son coeur
Il arrive au fil du temps
qu’on nous pardonne
qu’on se pardonne
qu’on vive avec
qu’on vive sans
mais jamais
que la chair
ne revienne

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Agape (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019



Illustration
    
Agape

Aujourd’hui personne n’est venu poser de question;
et cette après-midi on ne m’a rien réclamé.

Je n’ai même pas vu une fleur de cimetière
en si joyeuse procession de lumières.
Pardonne-moi, Seigneur : je ne suis mort que si peu!

Cette après-midi tous, tous passent
sans me poser de question ni rien me réclamer.

Et je ne sais quelle chose ils oublient et qui n’a pas
sa place dans mes mains, comme étrangère.

Je suis sorti à la porte,
et j’ai envie de leur crier à tous :
S’il vous manque quelque chose, c’est ici!

Car toutes les après-midi de cette vie,
je ne sais quelles portes claquent sur un visage,
et de quelque chose d’étranger se saisit mon âme.

Aujourd’hui personne n’est venu;
et aujourd’hui je ne suis mort que si peu cette après-midi!

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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CHANSON DE MÉLISANDE (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



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CHANSON DE MÉLISANDE

L’eau qui pleure et l’eau qui rit,
L’eau qui parle et l’eau qui fuit,
L’eau qui tremble dans la nuit …

L’anneau glisse et l’anneau luit,
L’anneau trouble l’eau qui fuit,
L’anneau tombe dans la nuit …

L’anneau tombe et la couronne,
Que les anges nous pardonnent !…
La couronne tombe aussi
Dans l’eau froide et dans la nuit.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration

 

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Détresse (Léon Deubel)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



 

Détresse

Seigneur ! je suis sans pain, sans rêve et sans demeure.
Les hommes m’ont chassé parce que je suis nu,
Et ces frères en vous ne m’ont pas reconnu
Parce que je suis pâle et parce que je pleure.

Je les aime pourtant comme c’était écrit
Et j’ai connu par eux que la vie est amère,
Puisqu’il n’est pas de femme qui veuille être ma mère
Et qu’il n’est pas de cœur qui entende mes cris.

Je sens, autour de moi, que les bruits sont calmés,
Que les hommes sont las de leur fête éternelle.
Il est bien vrai qu’ils sont sourds à ceux qui appellent.
Seigneur ! pardonnez-moi s’ils ne m’ont pas aimé !

Seigneur ! j’étais sans rêve et voici que la lune
Ascende le ciel clair comme une route haute.
Je sens que son baiser m’est une pentecôte,
Et j’ai mené ma peine aux confins de sa dune.

Mais j’ai bien faim de pain, Seigneur ! et de baisers !
Un grand besoin d’amour me tourmente et m’obsède,
Et sur mon banc de pierre rude se succèdent
Les fantômes de Celles qui l’auraient apaisé.

Le vol de l’heure émigre en des infinis sombres,
Le ciel plane, un pas se lève dans le silence,
L’aube indique les fûts dans la forêt de l’ombre,
Et c’est la Vie, énorme encor qui recommence !

(Léon Deubel)

Illustration: David Caspar Friedrich

 

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Je ne prends aucun nouvel ami (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Mes haines
Je les ai oubliées
Mes amours
Mes ennemis
Je leur ai pardonné
Je ne prends aucun nouvel ami

(Abbas Kiarostami)


Illustration: Odilon Redon

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