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Poésie

Posts Tagged ‘paré’

Le bonheur était au grenier (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
le bonheur était au grenier
paré de toiles d’araignées
par la lucarne entrait la lune
et le frisson par l’escalier

on avait peur d’être surpris
par un fantôme ou bien par une
grand-mère folle au regard gris
la bougie s’éteignait la lune

glissait sur un meuble branlant
nos mouvements devenaient lents
pendant que nos coeurs palpitaient

l’un de nous ouvrait la lucarne
sur les mystères de l’été
qui nous déléguaient la lucane

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Gens sérieux s’abstenir
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Cils de la nuit (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018



Illustration
    
Cils de la nuit
entre les joncs
blonds sur encre

Cils immobiles
remous d’ombres
ciel paisible

Sous les paupières
des ténèbres
l’aube mûrit

Parée de frais
loin de la nuit
désemparée

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Bouche endeuillée (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
bouche endeuillée
énumérant mes morts

bouche sans langue
prière à nul

se succèdent en ma personne
des générations
de passagères sans destin
oscillent étranges

pleure-moi d’être ici
pleure-moi et attache-moi aux roses
à la source qui a cessé
présage-moi des lumières effarées

conversation des exterminateurs
qui viennent à mon visage
paré à vivre

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Invitation au voyage (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Invitation au voyage

Sur les rythmes discrets
Des ondes ancestrales,
Que ne puis-je, fillette, emporter tous tes traits!
Tes beautés idéales!
De loin s’en vient la vague au murmure assourdi
Qu’on entend jusqu’ici.

Cernant ton ombre douce
Au contour éthéré,
Le clapotis imprime une faible secousse

A mon bateau paré.
Et le port virginal de la beauté lointaine
M’ouvre grand son domaine.

Viens, montre-moi ton art.
Ta grâce et ton jeune âge
Puissent-ils embellir pour une large part
Son céleste rivage!
Son rempart, fléchis-le de ton regard câlin.
Fais qu’il soit moins hautain.

Viens. Vois, sur notre route,
Le phare incandescent
De mon rêve irisé, superbe… que j’écoute…
Quand, mon désir naissant,
Son éclat argenté tâche de te rejoindre…
Le soir. Viens. Sans rien craindre.

Pourquoi donc rester là?
Tu viens ou je t’enlève.
Pourquoi donc différer? Décide-toi. Suis-moi.
Ma volonté, sans trêve,
Se jouera de l’écueil de ta sotte pudeur,
Dissoudra ta froideur.

(Attila Jozsef)


Illustration: Antoine Watteau

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Laissez laissez les colombes (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Laissez laissez les colombes
venir sur le sable, les colombes venir
sur l’ombre des nuages sur le monde
ombres de neige de l’hiver à venir.

Laissez laissez ces coeurs parés
près de la mer se poser
elles m’amènent des pensées
belles mêlées au souvenir.

Dieu se cache en leur vol d’eau
Dieu mon ami flèche de feu
que j’attends en tentant le jeu
d’un piège où s’allègent les mots.

Plus de fardeau dans l’air
ne faites pas saigner leurs ailes
ne clouez pas tant de lumière
au sol ainsi marié de ciel.

Ayez pitié de mon esprit
qui pense trouver une échelle
avec ces légères qui s’en vont d’ici
avec ces légères qui s’en reviennent.

J’oublie le pigeonnier que partage l’amour
et la trouble naissance de ces gestes de Dieu
mon regard et mon coeur se soulèvent du feu
dont c’est le pur envers que m’offre ce miroir

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Non, tout cela (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



Illustration: Josephine Wall 
    
Non, tout cela n’est pas sous le ciel,
Mais dans l’esprit paré pour sa victoire
Où pas un jeu n’est joué sans amour.

(Jean Tardieu)

 

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Une boucle de soie (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



La prairie éveillée attirait par ses charmes
Foulant les violettes elle venait à la grille
parée pour le fiancé comme chaque année
Elle pensait à lui jusqu’après les vendanges.

Seule une alouette en chantant dans le bois
Remarquait sa rougeur et aussi son effroi
Et le cortège long des jours d’été la vit
Songeuse en se fanant derrière ses ifs.

De ses sveltes beautés seule peut témoigner
Auprès de ses colliers une boucle de soie
Qu’une amie fidèle garda dans un tiroir…
Et aussi l’herbe simple avec un bloc marbré.

(Stefan George)


Illustration: Claude Monet

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Bientôt viendra l’amie (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Illustration: Albert Pierre René Maignan

    

Bientôt
viendra l’amie
de bien loin
parée d’un silencieux
baiser de fleurs
J’aime
ses jolis mots
comme une
parole divine

***

Bald
kommt die Freundin
aus der Ferne
mit einem stillen
Blumenkuss

Ich Liebe
ihre schönen Worte
wie einen
Himmelsgruss

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Je compte les étoiles de mes mots
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Tu ressembles à un papillon (Jostein Gaarder)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Tu ressembles à un papillon somptueusement paré
qui viendrait de s’envoler de la main de Dieu.

(Jostein Gaarder)

 

 

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CORTEGE (Leopoldo Marechal)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



CORTEGE

Vêtue et parée comme pour ses noces
S’en va la Morte : deux enfants
la conduisent en pleurant.
Et c’est sur le chariot même où l’on charge en Décembre
les épis mûrs.

Le corps est étendu sur des laines brillantes,
les essieux et les roues chantent
leur antique servage.
Fiché dans la prairie comme une lance d’or
midi flamboie.

(Mon frère monte un poulain couleur de nuit,
moi une jument blanche
qui n’est pas encore ferrée.)

La Morte s’en va sur le chariot des blés mûrs :
Sa face tournée vers le soleil
a le brillant du nickel.
On devine la forme du silence à ses lèvres,
une forme de clé.

Elle a fermé les yeux au calme visible
du jour, et au jeu
des nombres chantants;
et ses mains agrippent la Croix en un geste
d’invisible naufrage.

Et pendant que le cortège s’avance parmi les fleurs
et les épis de lin qui murmurent
dans la langue du vent,
la tête gisante secouée par le voyage
fait le signe du « non ».

Deux enfants la conduisent : dans leurs têtes nuageuses
bourgeonnent les questions :
Pourquoi la Morte est-elle en robe de noces ?,
Pourquoi sur le char même
Où l’on transporte les épis ?

(Mon frère monte un poulain couleur de nuit,
moi une jument blanche
qui n’est pas encore ferrée.)

(Leopoldo Marechal)

Illustration: Claude Monet  

 

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