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Poésie

Posts Tagged ‘parfaite’

L’UNION PARFAITE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



L’UNION PARFAITE

Les ombres les corps les regards
se mélangent

se fondent se confondent
s’échangent

sans perdre une seconde
leur écart.

(Jean Mambrino)


Illustration

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Dizain (Marguerite de Navarre)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019




Dizain

j’aime une amie entièrement parfaite
Tant que j’en sens satisfait mon désir
Nature l’a, quant à la beauté, faite
Pour à tout oeil donner parfait plaisir ;
Grâce y a fait son chef-d’oeuvre à loisir,
Et les vertus y ont mis leur pouvoir,
Tant que l’ouïr , la hanter et la voir
Sont sûrs témoins de sa perfection :
Un mal y a, c’est qu’elle peut avoir
En corps parfait coeur sans affection.

(Marguerite de Navarre)

Illustration: Marie-Paule Deville-Chabrolle

 

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Richesse (Lucie Spède)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019


Richesse

Posséder tout
les mains ouvertes
Toutes choses s’y posent
les comblent les caressent
s’en vont des mains ouvertes
pour que d’autres s’y posent
en une ronde qui sourit
silencieuse et parfaite

(Lucie Spède)

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« Je suis à Toi » (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019


bouguereau18

A une unique interlocutrice,
celle qui tranche le fil,
nous pouvons sincèrement dire :
« Je suis à Toi ».
Femme parée d’une parfaite jeunesse,
qui nous libère à notre heure,
non à la sienne.

(René Char)

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Je crois (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Je crois qu’une feuille d’herbe n’est pas moindre que
la journée des étoiles,
Et la fourmi est tout aussi parfaite, et un grain de
sable, et l’oeuf du roitelet.

(Walt Whitman)

 

 

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Il est une Zone aux Années égales (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Il est une Zone aux Années égales
Que nul Solstice n’interrompt –
Dont le Soleil crée un perpétuel Midi
Et parfaites sont les Saisons –

Dont l’Été dans l’Été persiste
Avant que les Siècles de Juin
Et les Siècles d’Août cessent
Et que la Conscience soit – Midi –

***

There is a Zone whose even Years
No Solstice interrupt –
Whose Sun constructs perpetual Noon
Whose perfect Seasons wait –

Whose Summer set in Summer, till
The Centuries of June
And Centuries of August cease
And Consciousness – is Noon –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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NATARAJA (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




NATARAJA

I

TEMPS, rythme
De formes qui s’ouvrent,
Formes qui passent,

Parfaites ou manquées,
Le pied du Dieu
Est sur le monde,

Danseur terrible
Dont la lourde foulée
Écrase le mal et le bien,

Le flot de son fleuve
Est dans notre sang,

Fin et commencement,
Un battement du coeur
Notre tout, notre néant.

Destructeur des mondes,
Le purificateur,
Indifférent son pas,
Rouge son vêtement.

II

Comment
Sinon écrasés par ce pied
Peuvent être effacés
Nos cités de cauchemar,
Les voies sans issue, le dédale,
Les culs-de-sac,
Les pièces verrouillées, les prisons
Sans fenêtre, les esprits fermés,
Les positions retranchées,
Les coffres-forts, les caves,
Les abris à l’épreuve de la mort,
Les tours d’habitation de la solitude?

Qui
Sinon le destructeur du monde
Peut nous délivrer de cet état
Et lieu de non-retour,
La conséquence inéluctable,
Impasse, fin de la route.
Nous, déchus, ne pouvons déchoir
Plus avant, espoirs et craintes
Convergent en ce
Terme de ce qui est fait,
Pensée, parole et action finissent ici
Dans l’entropie. Il n’y a nulle part où s’enfuir.

Moi, qui suis devenue
Ce que je suis,
Suis ce que j’ai fait,
Le libre-arbitre est parvenu à ce point.
Au pied du mur
Je parle pour tous ceux
Qui, aux abois,
Se trouvent in extremis:
Seule cette Force peut
Qui nous détruira, nous délivrer.

Qu’il efface notre trace, le feu,
Le purificateur!

***

NATARAJA

I

TIME, rhythm
Of forms that open,
Forms that pass,

Perfect or marred,
The foot of the God
Is on the world,

Terrible dancer
Whose trampling tread
Crushes evil and good,

The flow of his river
Is in our blood,

End and beginning,
A beat of the heart
Our all, our nothing.

Destroyer of worlds,
The purifier,
His step indifferent,
His garment red.

II

How else
But by that trampling foot
Can be effaced
Our nightmare cities,
The dead-ends, the maze,
The culs-de-sacs,
The locked rooms, the windowless
Prisons, the closed minds,
The entrenched positions,
The safes, the cellars,
The death-proof shelters,
The high-rise towers of loneliness?

Who else
But the world-destroyer
Can free us from this state
And place of no return,
The inescapable consequence,
Impasse, end of the road.
We, fallen, can fall
No farther, hopes and fears
Converge in this
Term of what’s done,
Thought, word and deed here end
In entropy. There is no-where to run.

I, who have become
What I am,
Am what I have done,
Free-will has come to this.
Back to the wall
I speak for all
Who, at bay,
Stand in extremis:
Only that Power can
Who will destroy us, free us.

Obliterate our trace, the fire,
The purifier!

(Kathleen Raine)

 

 

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Pierre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Pierre qui roule au creux de l’eau, ou de la cordillère,
ronde fille du volcan, colombe
de la neige,
en descendant vers la mer la forme a laissé
sa colère égarée dans les chemins,
le rocher a perdu son signe
pointu, mortel, alors
comme un oeuf du ciel il est entré dans le fleuve,
il a continué à rouler parmi les autres pierres
oublieux de sa descendance,
loin de l’éboulis infernal.

Ainsi, d’une douceur de ciel, jusqu’à la mer
arrive parfaite, vaincue,
concentrée, insigne,
la pureté.

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

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Elle est comme la Lumière (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



Elle est comme la Lumière –
Délice sans artifice –
Elle est comme l’Abeille –
Mélodie sans âge – à l’oreille –
Elle est comme les Forêts –
Secrète – Comme la Brise –
Sans phrases – mais elle agite
Les Arbres les plus fiers –
Elle est comme le matin –
Parfaite – une fois accomplie –
Et que les Horloges Eternelles –
Carillonnent – Midi !

(Emily Dickinson)

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J’aime sous les voûtes les silences argentés (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017



J’aime sous les voûtes les silences argentés
Des Te Deum, le mouvement des requiem,
A Saint-Isaac (chacun lui doit reconnaissance)
Le rite émouvant de l’office des morts.

Et la démarche mesurée du prêtre,
La lente élévation du Saint Suaire,
Et dans la nasse ancienne l’obscurité de Génésareth —
L’obscurité du Grand Carême.

La fumée biblique sur les autels fervents,
L’exclamation mélancolique du prêtre,
L’humble en gloire — chasubles effarouchées
Et neige pure sur les épaules.

Cathédrales éternelles de Sophie et de Pierre,
Granges du bien universel,
Réservoirs d’air et de lumière,
Silos du Nouveau Testament.

Non ce n’est pas vers vous qu’au temps des lourds désastres
Est attiré l’esprit. Ici, sur les larges degrés sinistres
Du malheur rampe la trace du loup.
Jusqu’à la fin des temps nous lui serons fidèles.

Vu que l’esclave est libre ayant vaincu sa peur
Et que nous fut à profusion gardé
Dans les greniers ombreux et les coffres profonds
Le grain de la foi profonde et parfaite.

(Ossip Mandelstam)

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