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Posts Tagged ‘parfum’

Il y a toujours ce vieux chien galeux (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



il y a toujours ce vieux chien galeux
qui passe à la même heure seul
et qui semble trembler de peur
ne vois-tu pas comme il te ressemble

mais tu ne vois rien tu as le nez en l’air
tu rêves que des paroles d’amour s’élèvent
autour de toi parmi de frais parfums
comme si tu baignais dans la clarté des jours

et déjà ton avenir sombre dans ton passé
avec la lumière blanche d’un astre mort

alors tu composes la mélopée des veilles
et lourdement tu rimes l’insomnie
le chien pousse un gémissement sourd
et s’éloigne et va mourir au loin

(Jean-Claude Pirotte)

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En moi chaque jour (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



en moi chaque jour
je tue un peu de moi
oh pas grand-chose
un souffle indécis

un pétale de rose
(pourrais-je dire)
un battement d’aile
un écho souterrain

un début de chanson
comme un rayon de lune
à travers une vitre
opaque un vieux parfum

dans un flacon perdu
le sentiment à peine
exprimable d’avoir
égaré l’essentiel

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Tu vas par la montagne ainsi que vient la brise (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Tu vas par la montagne ainsi que vient la brise
ou le brusque courant qui descend de la neige
et ta palpitante chevelure confirme
les ornements altiers du soleil dans les feuilles.

Tout l’éclat du Caucase est tombé sur ton corps
comme dans un interminable petit vase
où l’eau changerait de chant et de vêtement
à chaque mouvement du fleuve transparent.

Par les montagnes le vieux chemin des guerriers
et en bas furieuse brille comme une épée
l’eau, entre des murailles de mains minérales,

jusqu’à ce que tu reçoives soudain des bois
le bouquet ou l’éclair de quelques fleurs d’azur
et l’insolite flèche d’un parfum sauvage.

***

Por las montañas vas como viene la brisa
o la corriente brusca que baja de la nieve
o bien tu cabellera palpitante confirma
los altos ornamentos del sol en la espesura.

Toda la luz del Cáucaso cae sobre tu cuerpo
como en una pequeña vasija interminable
en que el agua se cambia de vestido y de canto
a cada movimiento transparente del río.

Por los montes el viejo camino de guerreros
y abajo enfurecida brilla como una espada
el agua entre murallas de manos minerales,

hasta que tú recibes de los bosques de pronto
el ramo o el relámpago de unas flores azules
y la insólita flecha de un aroma salvaje.

(Pablo Neruda)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Volupté des parfums ! — Oui, toute odeur est fée (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Jacob Collins

Volupté des parfums ! — Oui, toute odeur est fée.
Si j’épluche, le soir, une orange échauffée,
Je rêve de théâtre et de profonds décors ;
Si je brûle un fagot, je vois, sonnant leurs cors,
Dans la forêt d’hiver les chasseurs faire halte ;
Si je traverse enfin ce brouillard que l’asphalte
Répand, infect et noir, autour de son chaudron,
Je me crois sur un quai parfumé de goudron,
Regardant s’avancer, blanche, une goélette
Parmi les diamants de la mer violette.

(François Coppée)

Illustration: Jacob Collins

 

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Lisant un jour clair mes vers bien-aimés (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



Antonio Machado

Lisant un jour clair
mes vers bien-aimés,
j’ai vu dans le profond
miroir de mes songes

qu’une vérité divine
y tremble de frayeur,
et qu’elle est une fleur qui veut
jeter au vent son parfum.

L’âme du poète
s’oriente vers le mystère.
Seul le poète peut
regarder ce qui est loin
dans l’âme, enveloppé
d’un soleil trouble et magique.

Dans ces galeries,
sans fond, du souvenir,
où les pauvres gens
ont accroché comme un trophée

un habit de fête mité et vieux,

le poète sait
regarder l’éternel
labeur des abeilles
dorées des songes.

Poètes, l’âme attentive
au ciel profond,
dans la cruelle bataille
ou dans le jardin tranquille,

nous fabriquons le miel nouveau
avec les vieilles douleurs,
patiemment nous faisons
l’habit blanc et pur,
et sous le soleil polissons
la forte armure de guerre.

L’âme sans rêve,
le miroir ennemi,
projette notre image
avec un profil grotesque.

Nous sentons une vague
de sang, dans notre coeur,
qui passe… et, souriant,
revenons à notre labeur.

(Antonio Machado)

 

 

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Accords perdus (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Daphné Collignon
    
Accords perdus

Bouche à bouche, mot à mot. Lis sur mes lèvres.
Elles s’approchent de toi et soufflent un parfum de fièvre.
Écoute. Entend la demande d’une femme cloîtrée dans le silence.
Laisse-moi faire l’esquisse des courbes qui te composent.
Réveillons l’harmonique de nos corps à corps.
Le canevas de ta peau suscitera plus d’accords
Que la rivalité morose dans laquelle nos jouissances
Ont été encloses.

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus

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Je suis dans le train (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



Illustration: Mathurin Méheut
    
Je suis dans le train, on traverse les Vosges.
De l’homme assis en face de moi
se dégage un parfum extraordinaire.
Je n’ai jamais rien senti d’aussi bon.
J’engage la conversation
et je lui demande ce qu’il fait.
« Je suis bûcheron. »
Ce parfum, c’était les arbres.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Un peuple de promeneurs histoires tziganes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Que dirai-je aux oeillets (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Que dirai-je aux oeillets
pour les remercier de leur parfum ?

(Pablo Neruda)

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Ces roses furtives (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
Ces roses furtives
pour vous dire que nous sommes vivants,
encore un peu.

Tant d’énergie tremblante, pensive,
ne dérangera pas votre sommeil.

Vous sans rêve, si proches de Rien,
effacés, vacants, faces illisibles
sous l’impalpable parfum.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Laurence endormie (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Laurence endormie

Cette odeur sur les pieds de narcisse et de menthe,
Parce qu’ils ont foulé dans leur course légère
Fraîches écloses, les fleurs des nuits printanières,
Remplira tout mon cœur de ses vagues dormantes ;

Et peut-être très loin sur ses jambes polies,
Tremblant de la caresse encor de l’herbe haute,
Ce parfum végétal qui monte, lorsque j’ôte
Tes bas éclaboussés de rosée et de pluie ;

Jusqu’à cette rancœur du ventre pâle et lisse
Où l’ambre et la sueur divinement se mêlent
Aux pétales séchées au milieu des dentelles
Quand sur les pentes d’ombre inerte mes mains glissent,

Laurence… Jusqu’aux flux brûlants de ta poitrine,
Gonflée et toute crépitante de lumière
Hors de la fauve floraison des primevères
Où s’épuisent en vain ma bouche et mes narines,

Jusqu’à la senteur lourde de ta chevelure,
Éparse sur le sol comme une étoile blonde,
Où tu as répandu tous les parfums du monde
Pour assouvir enfin la soif qui me torture !

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: Elina Brotherus

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