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Poésie

Posts Tagged ‘parfum’

Tous les parfums de la montagne (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



 

Tous les parfums de la montagne
dans ce panier abandonné
vide de fleurs

(Jean Mambrino)

Illustration

 

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LE SOUHAIT (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



Louis Treserras -ImpressioniArtistiche-17 [800x600]

LE SOUHAIT

Du roi Phrygien la fille rebelle
Fut en noir rocher changée autrefois;
La fière Prokné devint hirondelle,
Et d’un vol léger s’enfuit dans les bois.
Pour moi, que ne suis-je, ô chère maîtresse,
Le miroir heureux de te contempler,
Le lin qui te voile et qui te caresse,
L’eau que sur ton corps le bain fait couler,
Le réseau charmant qui contient et presse
Le ferme contour de ton jeune sein,
La perle, ornement de ton col que j’aime,
Ton parfum choisi, ta sandale même,
Pour être foulé de ton pied divin !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Louis Treserras 

 

 

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Une allée du Luxembourg (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020


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Elle a passé, la jeune fille,
Vive et preste comme une oiseau :
A la main une fleur qui brille,
A la bouche un refrain nouveau.

C’est peut-être la seule au monde
Dont le cœur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D’un seul regard l’éclaircirait !

Mais non, ma jeunesse est finie…
Adieu, doux rayon qui m’as lui,
Parfum, jeune fille, harmonie…
Le bonheur passait, il a fui !

(Gérard de Nerval)


Illustration: Cécile Robert Sermage

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LA (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



LA

Fenêtre pleine
de couleurs de parfums
d’espace en fleurs.

S’ouvre aussi l’espace
dans ton coeur
tissé d’odeurs et d’oiseaux.

La lumière se retire
dans l’ouvert
par les feuillages.

Tu ne vois que le jardin.

(Jean Mambrino)

Illustration: Claude Monet

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Silène (David Marino)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



Silène

Des roses divines embellissent les coeurs
De parfums bleuâtres : diffusion d’asphodèles.
Beau Silène, écoute toutes tes âmes soeurs
Réclamant en priant tes liqueurs éternelles.

Ton lit rouge de lys disperse les odeurs
De ton vin nourricier: ô splendides couleurs.
Ô mon Saint Ivrogne, donne-nous ton ivresse
Afin que ta musique exalte tous nos sens,

Et que de tes danses naissent les beaux encens.
Je suis Dionysos ; l’enfant servant ta messe.
Ô Père Silène, donne-moi tes brebis,

Je les emmènerai vers tes champs de rubis
Où le vin et le miel coulent en abondance
Où ton peuple assoiffé boit, rit, s’amuse et danse.

(David Marino)


Illustration: Antoine Coypel

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Où sont les perles douces larmes (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Où sont les perles douces larmes
Où sont les roses de la couche opulente?
Le jeu de la séduction et des faveurs?
La pompe se fana le parfum se gâta.
L’expiation: un voeu strict de silence –
Germinal… l’aube la plus matinale
Gemme secrète floraison chaste
Une lumière froide un souffle âpre.

(Stefan George)


Illustration: John William Waterhouse

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Je me rends (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019



 

Immaculada Juarez 68]

Je me rends

Dooonnng!
Ca brille.
Faste.
Silence.
Ainsi le jour.
Me rejette au-dedans.

Entre le parfum
qui est dedans
et la lumière
qui est dehors
vole vole vole je tombe.

Je me rends.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Immaculada Juarez

 

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Je ne t’aime pas telle une rose de sel (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



Je ne t’aime pas telle une rose de sel,
topaze, oeillets en flèche et propageant le feu :
comme on aime de certaines choses obscures,
c’est entre l’ombre et l’âme, en secret, que je t’aime.

Je t’aime comme la plante qui ne fleurit,
qui porte en soi, cachée, la clarté de ces fleurs,
et grâce à ton amour vit obscur en mon corps
le parfum rassemblé qui monta de la terre.

Je t’aime sans savoir comment, ni quand, ni d’où,
je t’aime sans détour, sans orgueil, sans problèmes :
je t’aime ainsi, je ne sais aimer autrement,

Je t’aime ainsi, sans que je sois, sans que tu sois,
si près que ta main sur ma poitrine est à moi,
et si près que tes yeux se ferment quand je dors.

***

No te amo como si fueras rosa de sal, topacio
o flecha de claveles que propagan el fuego :
te amo como se aman ciertas cosas oscuras,
secretamente, entre la sombra y el alma.

Te amo como la planta que no florece y lleva
dentro de sí, escondida, la luz de aquellas flores,
y gracias a tu amor vive oscuro en mi cuerpo
el apretado aroma que ascendió de la tierra.

Te amo sin saber cómo, ni cuándo, ni de dónde,
te amo directamente sin problemas ni orgullo :
así te amo porque no sé amar de otra manera,

sino así de este modo en que no soy ni eres,
tan cerca que tu mano sobre mi pecho es mía,
tan cerca que se cierran tus ojos con mi sueño.

(Pablo Neruda)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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La ruelle sous la pluie (Dai Wangshu)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



 

Catherine Rebeyre 7 [1280x768]

La ruelle sous la pluie

Avec un parapluie en papier huilé, seul
je déambule dans une longue et longue
ruelle solitaire, sous la pluie
et j’espère rencontrer
une jeune fille aussi triste
qu’une fleur de lilas.

Elle aura
la couleur du lilas
Elle soupirera sa plainte dans la pluie,
triste et mélancolique.

Elle déambulera dans cette ruelle solitaire
avec comme moi
un parapluie en papier huilé
et comme moi
elle marchera en silence
froide, seule et triste.

Elle s’approchera sans bruit
et à cet instant me jettera
un regard qui soupire
puis elle passera comme un rêve
un rêve vague et triste.

Comme un lilas
qui passe, fugitif dans un rêve
cette jeune fille me croisera
et s’éloignera, s’éloignera en silence
dépassant la haie délabrée
pour disparaître au bout de la ruelle, sous la pluie.

Dans l’air mélancolique de la pluie
se trouveront effacée sa couleur
éclipsé son parfum
disparus même son regard
qui soupire
et sa tristesse de lilas.

Avec un parapluie en papier huilé, seul
je déambule dans une longue et longue
ruelle solitaire, sous la pluie
et j’espère rencontrer
une jeune fille aussi triste
qu’une fleur de lilas.

(Dai Wangshu)

Illustration: Catherine Rebeyre

 

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Tu te rappelleras ce ravin capricieux (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



 

Tu te rappelleras ce ravin capricieux,
c’est là que palpitaient les arômes grimpants,
de temps en temps passait un oiseau revêtu
de lenteur et de pluie : son costume d’hiver.

Tu te rappelleras les présents de la terre :
l’irascible parfum, avec la fange d’or,
les herbes du buisson et les folles racines,
sortilège d’épine et pareil à l’épée.

Tu te rappelleras le bouquet apporté
par toi, bouquet fait d’ombre et d’eau et de silence,
bouquet pareil à la pierre entourée d’écume.

Ce fut alors comme jamais, comme toujours :
nous partons tous les deux vers le lieu sans attente
pour y trouver tout ce qui est en train d’attendre.

***

Recordarás aquella quebrada caprichosa
a donde los aromas palpitantes treparon,
de cuando en cuando un pájaro vestido
con agua y lentitud : traje de invierno.

Recordarás los dones de la tierra :
irascible fragancia, barro de oro,
hierbas del matorral, locas raíces,
sortílegas espinas como espadas.

Recordarás el ramo que trajiste,
ramo de sombra y aguas con silencio,
ramo corno una piedra con espuma.

Y aquella vez fue como nunca y siempre :
vamos allí donde no espera nada
y hallamos todo lo que está esperando.

(Pablo Neruda)

Illustration: Marc Chagall

 

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