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Poésie

Posts Tagged ‘parfumé’

SÉRÉNADE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



SÉRÉNADE

La lune poétise
Ta très chère fenêtre…
Dans l’ombre je t’attends
Comme par le passé
Et je fais sangloter
Sur mes cordes le chant
Qui autrefois peut-être
Par le monde t’a plu.

La lune poétise
Le jardin parfumé,
Les prosaïques hordes
Désormais se sont tues…
Dans l’ombre je t’attends,
Un étranger toujours,
En faisant sangloter
Comme autrefois mon chant.

(George Bacovia)

Illustration: Fanny Verne

 

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Ah, tu croyais (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Illustration: Edvard Munch

Ah, tu croyais que j’étais de celles
Qu’on peut oublier,
Que j’irais me jeter, pleurant, priant,
Sous les sabots de ton cheval blanc.

Que j’irais demander aux sorcières
Une racine trempée d’eau magique,
Et t’offrirais en cadeau maléfique
Mon précieux mouchoir parfumé.

Sois maudit. Pas un regard, pas une plainte,
Je ne toucherai pas à ton âme exécrée,
Mais je te jure par le jardin des anges,
Sur l’icône des miracles je le jure,
Et sur l’ardente ivresse de nos nuits —
Jamais vers toi je ne reviendrai.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Volupté des parfums ! — Oui, toute odeur est fée (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Jacob Collins

Volupté des parfums ! — Oui, toute odeur est fée.
Si j’épluche, le soir, une orange échauffée,
Je rêve de théâtre et de profonds décors ;
Si je brûle un fagot, je vois, sonnant leurs cors,
Dans la forêt d’hiver les chasseurs faire halte ;
Si je traverse enfin ce brouillard que l’asphalte
Répand, infect et noir, autour de son chaudron,
Je me crois sur un quai parfumé de goudron,
Regardant s’avancer, blanche, une goélette
Parmi les diamants de la mer violette.

(François Coppée)

Illustration: Jacob Collins

 

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NOEL (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



 

 

NOEL

Les carillons de Noël
Dans le vent nocturne…
Qui sait où sont aujourd’hui
Les cloches
Et les sons de jadis ?

Les sons vivants
Des ans écoulés
Avec leur beauté enfantine
Et leurs cheveux parfumés
Leurs cheveux parfumés de l’odeur de résine
Avec des lèvres et des boucles
Alourdies par les rêves ?

Et d’où viennent les cloches
D’aujourd’hui

Les vagabondes cloches d’aujourd’hui ?
Les jours présents
Glissent dans un souffle.
Qui écoute seulement si c’est une plainte
Ou le rieur mois de Mai
Le rougissant fleurissant mois de Mai ?

(Hugo von Hofmannsthal)

Illustration

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VERLAINE (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



 

VERLAINE

Je ne puis te donner fruit ni fleur. Feuille ou branche,
Si. Feuille d’orme, non, ni d’agreste glycine.
Feuille de la forêt, parfumée de résine,
A ta gloire apportant la rosée du matin.

(Manuel Bandeira)

 

 

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Dans le fruit, le ver (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



    

Dans le fruit, le ver

depuis toujours, et cette odeur de pourriture
à laquelle nous tenons si fort :
la moisissure et les oeufs centenaires,
l’amour et la venaison des corps.

Mais le pied parfumé du dieu
qu’on lave de son vivant. Le pied nu
de la femme qu’on caresse en s’endormant.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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RIMES DU COEUR (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



RIMES DU COEUR

De ce temps si vite passé
Rien n’est resté à la patience.

Je n’eus pas le temps d’y penser
Ni de faire un traité d’alliance
J’ai tout pris et tout dépensé.

Chaque plaisir, chaque malaise
Trouvaient les mots qui font pâlir.

Rimes du cœur sous les mélèzes,
La forêt comprend le désir
Et pleurait pour que mieux je plaise.

J’ai pris le rire en sa saison
Quand il venait en avalanche.

Quand parfumés de déraison
S’ouvraient les jasmins à peau blanche
J’acceptais la comparaison.

Il faisait bon si j’étais bonne
Meilleur si je faisais semblant.

Les vœux qu’on ne dit à personne
Éveillés par le cri des paons
Chantaient au remords qui fredonne.

La neige tombe, ohé! traîneau
Je vais partir en promenade.

La neige anoblit mon manteau
Je suis la reine des nomades
Dans mon lit à quatre chevaux.

Je suis la reine sans coutumes
Qui connaît tous les jeux anciens.

La parole était mon costume
Et la lune mon petit chien
Jaloux d’un astre qui s’allume.

Une larme au bord de mes cils
Je dois poursuivre mon voyage.

Beau château restez de profil,
Pour rebroder vos personnages
Je prends mon aiguille et mon fil.

Le bonheur est un invalide
Qui passe en boitant comme moi.

Il n’a pas l’épaule solide
Mais je sais ce que je lui dois:
Mon cœur est plein, j’ai les mains vides.

(Louise de Vilmorin)

Illustration

 

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LE MASQUE (Valéry Larbaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018




    
LE MASQUE

J’écris toujours avec un masque sur le visage;
Oui, un masque à l’ancienne mode de Venise,
Long, au front déprimé,
Pareil à un grand mufle de satin blanc.
Assis à ma table et relevant la tète,
Je me contemple dans le miroir, en face
Et tourné de trois quarts, je m’y vois
Ce profil enfantin et bestial que j’aime.
Oh, qu’un lecteur, mon frère, à qui je parle
A travers ce masque pâle et brillant,
Y vienne déposer un baiser lourd et lent
Sur ce front déprimé et cette joue si pâle,
Afin d’appuyer plus fortement sur ma figure
Cette autre figure creuse et parfumée.

(Valéry Larbaud)

 

Recueil: Les Poésies de A.O. Barnabooth
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA DANSE DES FLEURS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LA DANSE DES FLEURS

Anthis, danseuse de Lydie, a sept voiles autour d’elle.
Elle déroule le voile jaune, sa chevelure noire se répand.
Le voile rose glisse de sa bouche.
Le voile blanc tombé laisse voir ses bras nus.

Elle dégage ses petits seins du voile rouge qui se dénoue.
Elle abaisse le voile vert de sa croupe double et ronde.
Elle tire le voile bleu de ses épaules,
mais elle presse sur sa puberté le dernier voile transparent.

Les jeunes gens la supplient : elle secoue la tête en arrière.
Au son des flûtes seulement, elle le déchire un peu,
puis tout à fait, et, avec les gestes de la danse,
elle cueille les fleurs de son corps.

En chantant : « Où sont mes roses ? où sont mes violettes parfumées ?
Où sont mes touffes de persil ?
— Voilà mes roses, je vous les donne.
Voilà mes violettes, en voulez-vous ?
Voilà mes beaux persils frisés. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Cachée en ce beau lit de branches… (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



Brad Kunkle  h feuille

 

Cachée en ce beau lit de branches et de feuilles,
Sur cet autel de mousse où j’ai versé des roses,
De la myrrhe et du miel,
Tendrement je te porte, et doucement te pose,
Ô fille morte
De l’éternel soleil !

Et voici que je t’ouvre encore,
Comme autrefois la porte d’or,
Éclatante et sonore,
Et qu’à mon souffle tu renais,
Fille des primitives forêts,
Et que tu danses et t’enivres
De revoir la lumière et de vivre.

Le vent dénoue ta chevelure
De mille étincelles, et ta ceinture
Immense de feu ;
Tu as des ailes
D’abeille blonde et d’oiseau bleu.

Que les airs embrasés gardent ta trace,
Et ta présence parfumée ;
Flamme, ne meurs pas tout entière
Toi dont je baise la cendre ardente,
Ame pure, âme claire,
Divinité future.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Brad Kunkle

 

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