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Ma plus belle histoire d’amour (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Ma plus belle histoire d’amour

Du plus loin, que me revienne,
L´ombre de mes amours anciennes,
Du plus loin, du premier rendez-vous,
Du temps des premières peines,
Lors, j´avais quinze ans, à peine,
Cœur tout blanc, et griffes aux genoux,
Que ce furent, j´étais précoce,

De tendres amours de gosse,
Ou les morsures d´un amour fou,
Du plus loin qu´il m´en souvienne,
Si depuis, j´ai dit « je t´aime »,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

C´est vrai, je ne fus pas sage,
Et j´ai tourné bien des pages,
Sans les lire, blanches, et puis rien dessus,
C´est vrai, je ne fus pas sage,
Et mes guerriers de passage,
A peine vus, déjà disparus,
Mais à travers leur visage,

C´était déjà votre image,
C´était vous déjà et le cœur nu,
Je refaisais mes bagages,
Et poursuivais mon mirage,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

Sur la longue route,
Qui menait vers vous,
Sur la longue route,
J´allais le cœur fou,
Le vent de décembre,
Me gelait au cou,
Qu´importait décembre,
Si c´était pour vous,

Elle fut longue la route,
Mais je l´ai faite, la route,
Celle-là, qui menait jusqu´à vous,
Et je ne suis pas parjure,
Si ce soir, je vous jure,
Que, pour vous, je l´eus faite à genoux,
Il en eut fallu bien d´autres,
Que quelques mauvais apôtres,
Que l´hiver ou la neige à mon cou,
Pour que je perde patience,
Et j´ai calmé ma violence,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

Mais tant d’hiver et d’automne
De nuit, de jour, et personne,
Vous n´étiez jamais au rendez-vous,
Et de vous, perdant courage,
Soudain, me prenait la rage,
Mon Dieu, que j´avais besoin de vous,
Que le Diable vous emporte,
D´autres m´ont ouvert leur porte,
Heureuse, je m´en allais loin de vous,
Oui, je vous fus infidèle,
Mais vous revenais quand même,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

J´ai pleuré mes larmes,
Mais qu´il me fut doux,
Oh, qu´il me fut doux,
Ce premier sourire de vous,
Et pour une larme,
Qui venait de vous,
J´ai pleuré d´amour,
Vous souvenez-vous?

Ce fut, un soir, en septembre,
Vous étiez venus m´attendre,
Ici même, vous en souvenez-vous?
A vous regarder sourire,
A vous aimer, sans rien dire,
C´est là que j´ai compris, tout à coup,
J´avais fini mon voyage,
Et j´ai posé mes bagages,
Vous étiez venus au rendez-vous,
Qu´importe ce qu´on peut en dire,
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous,
Qu´importe ce qu´on peut en dire,
Je suis venue pour vous dire,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous…

(Barbara)

 

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Les garçons et les filles s’aimaient (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Entre les viols les crimes
les parjures et les massacres
les tournois et les sacres
les garçons et les filles s’aimaient
sur les bords du ruisseau
Lorlei liseron le héron et l’eau.
Et pêchaient les pêcheurs d’alose
et de brochet
tandis que songeuses
les Eminences Roses
sirènes frileuses
regardaient à la poupe des bateaux
plonger au fil des eaux
pour prendre l’amour au filet
les carrelets beaux carrelets
de la trahison.
Colère colère du roitelet
et du pinson !

(Armand Lanoux)


Illustration

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AVOIR (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Oleg Korolev - (57)

AVOIR

Je puise un fleuve à la fontaine
Je traîne un désert dans la ville
J’ai un émetteur de mirages
Où s’affranchissent les esclaves
Dès qu’ils boivent de mon eau

J’ai des ombres qui lessivent
Dans les étoiles des lavoirs
Toutes les traces de sang d’homme
Le sang des femmes des enfants
Je n’ai rien pour l’effacer

J’ai des remords un peu partout
J’ai des larmes dans les yeux
J’ai un recueil de désespoirs
D’un temps dont j’ai séché les fleurs

J’ai des refuges secrets
Pour les ennemis de la misère
J’ai des lieux de réunions sûrs
Pour les conjurés

J’ai un choeur de neuf sibylles
Pour prédire le beau temps
J’ai des observatoires
Pour le monde nouveau

J’ai des formules de pacte
Pour lier l’homme à ses semblables
Et des oubliettes absolues
Pour tous les parjures

J’ai des lampes pour déchiffrer
Les faux contre l’homme
J’ai assez d’amour
Pour supporter la vie

J’ai dans mon paradis
Les battements de cils
Qui arrêtent les larmes
Des femmes indomptables
Sous l’humble tablier
Dans leur patience d’ange
Mortes en captivité

J’ai un pape dans mes étables
Des rois des banquiers des faux frères
J’attends un fleuve salutaire
Pour nettoyer toute la terre

J’ai un phare qui éclaire
Si loin le profond avenir
Qu’on voit même les plus humbles
Devenir les égaux des plus grands

(Ernest Delève)

Illustration: Oleg Korolev

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