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Posts Tagged ‘parlant’

SCANTATE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



 

Zdzislaw Beksinski  Lo1_500

SCANTATE

je ne sais d’où je viens
je ne sais où je vais
j’avance au beau milieu
de la vie de la mort
comme un danseur de vide
cherchant le sang des choses
j’écris contre le bruit
de la douleur du monde

j’avance au beau milieu
de la vie de la mort
je ne sais où j’ai vu
cette pluie d’insomnie
j’écris contre le bruit
de la douleur du monde
encore un souffle d’or
dans la course au soleil

je ne sais où j’ai vu
cette pluie d’insomnie
je mets ma vie en jeu
je mets ma nuit en feu
encore un souffle d’or
dans la course au soleil
un grand vent étoilé
qui secoue les vertèbres

je mets ma vie en jeu
je mets ma nuit en feu
réclamant sans répit
ce qui laisse sans voix
un grand vent étoilé
qui secoue les vertèbres
je le reconnais bien
c’est l’infini parlant

(Zéno Bianu)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

 

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Si seulement (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Si seulement une trouée d’azur
la percée d’une étoile aguerrie
parlante
avant le rendez-vous obligé
du crépuscule
Comme il serait aisé
de nourrir
les chevaux de la raison
à même
la mangeoire des nuages

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: Tribulations d’un rêveur attitré
Traduction:
Editions: La Différence

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QUE N’AI-JE CONNU UNE FEMME ? (David Herbert Lawrence)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
QUE N’AI-JE CONNU UNE FEMME ?

Que n’ai-je connu une femme
qui serait comme un feu rouge dans l’âtre
rayonnante après les agitations du jour?

Ainsi l’on pourrait s’approcher d’elle
dans la rouge quiétude du crépuscule
et trouver sa joie en elle
sans avoir à faire l’effort poli de l’aimer
ou l’effort mental de faire sa connaissance.
Sans avoir à prendre froid en lui parlant.

***

I WISH I KNEW A WOMAN –

I wish I knew a woman
who was like a red fire on the hearth
glowing after the day’s restless draughts.

So Mat one could draw near ber
in the red stillness of the dusk
and really take delight in her
witbout having to make Me polite effort of loving her
or the mental effort of making her acquaintance.
Without having to take a chill, talking to her.

(David Herbert Lawrence)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Lorand Gaspar et Sarah Clair
Editions: Gallimard

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Ce jardin (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




Il a fait l’éternité sienne,
Ce jardin terrible et parlant.
Jamais, jamais qu’on ne me prenne
Epiant l’arbre avec les persiennes:

Je suis perdu si l’on me prend.
Envoûté, jusqu’au fond des temps.

(Boris Pasternak)

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Et la plaie, l’éreintant (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018




    
Et la plaie, l’éreintant, ce sont ceux qui ne voient que marbre.
Et qui ne comprendront jamais.
Ils vous diront rêveurs, ils vous penseront vains,
il vous faudra veiller, toujours,
commercer juste ce qu’il faut pour assurer la subsistance – et la civilité.

Ne vous ouvrir qu’au coeur parlant. Ou silencieux.

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Ne me dis rien (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017




    
Regarde mon visage tout jaune et ne me dis rien !
Regarde ma douleur sans fin et de grâce, ne dis rien !

Regarde mon cœur en sang, regarde mes yeux en pleurs
Passe sur ce que tu vois, des pourquoi et des comment, ne dis rien !

Hier ton image vint à la porte de la maison du cœur
Frappa à la porte et dit : viens, ouvre la porte, ne dis rien !

Je me mordais les doigts pour ne pas hurler de désir
Il dit : Je suis à toi, ne te mords pas les mains, ne dis rien !

Tu es mon hautbois, sans mes lèvres ne gémis pas !
Tant que comme une lyre, je ne te pince pas, de la fortune ne dis rien !

Je dis : pourquoi traînes-tu mon cœur ainsi autour du monde ?
Il dit : où que je le traîne, viens vite et ne dis rien !

Je dis : si je ne dis rien, tu seras exaucé
Tu deviendras un feu et diras : entre et ne dis rien !

Comme une fleur, il éclata de rire et dis : entre et tu verras
Que le feu est tout fleurs, verdure et feuilles, ne dis rien !

Le feu devint tout entier fleur parlante et me dit :
Sauf de la douceur et la grâce de notre Aimé, ne dis rien !

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Le matin du monde (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2016



Le matin du monde

Alentour naissaient mille bruits
Mais si pleins encor de silence
Que l’oreille croyait ouïr
Le chant de sa propre innocence.

Tout vivait en se regardant,
Miroir était le voisinage
Où chaque chose allait rêvant
À l’éclosion de son âge.

Les palmiers trouvant forme
Où balancer leur plaisir pur
Appelaient de loin les oiseaux
Pour leur montrer leurs dentelures.

Un cheval blanc découvrait l’homme
Qui s’avançait à petit bruit,
Avec la Terre autour de lui
Tournant pour son cœur astrologue.

Le cheval bougeait des naseaux
Puis hennissait comme en plein ciel
Et tout entouré d’irréel
S’abandonnait à son galop.

Dans la rue, des enfants, des femmes,
À de beaux nuages pareils,
S’assemblaient pour chercher leur âme
Et passaient de l’ombre au soleil.

Mille coqs traçaient de leurs chants
Les frontières de la campagne
Mais les vagues de l’océan
Hésitaient entre vingt rivages.

L’heure était si riche en rameurs,
En nageuses phosphorescentes
Que les étoiles oublièrent
Leurs reflets dans les eaux parlantes.

(Jules Supervielle)

Illustration: Ibara

 

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