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Poésie

Posts Tagged ‘parler’

Cette douceur impérieuse (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017




Cette douceur impérieuse
du poème, de qui
nous parle-t-elle
à qui monte son chant
j’écoute, je suis sourd
quelle est cette caresse
quelle est cette injonction

(Gérard Pfister)

Illustration: Claude Bour

 

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Ils sont assis dans l’herbe (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



 

Ils sont assis dans l’herbe
et parlent des saisons

la terre et les mots
liés par le vent

A peine nés les mots
hantés par la parole

(Georges Bonnet)

Illustration: Edouard Manet

 

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Fille Sauvage (Richard Anthony)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Fille Sauvage

On n’a jamais su qui elle était
Ni de quel pays elle venait
Elle dansait la nuit, et au matin sans bruit
S’en allait, comme un regret

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Elle parlait du vent et de la pluie
Mais jamais de son coeur ou de sa vie
Elle riait de tout, en disant après tout
Que demain, est encore loin

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Mais j’ai bien compris qu’elle nous mentait
Et quoi qu’elle en dise son coeur battait
Elle rêvait souvent, devant un enfant
Et pour une fleur, versait des pleurs

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Oh dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

(Richard Anthony)


 

 

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J’en ai vu plusieurs… (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



J’en ai vu plusieurs…

J’en ai vu un qui s’était assis sur le chapeau d’un autre
il était pâle
il tremblait
il attendait quelque chose… n’importe quoi…
la guerre… la fin du monde…
il lui était absolument impossible de faire un geste ou de parler
et l’autre
l’autre qui cherchait  » son  » chapeau était plus pâle encore
et lui aussi tremblait
et se répétait sans cesse
mon chapeau… mon chapeau…
et il avait envie de pleurer.
J’en ai vu un qui lisait les journaux
j’en ai vu un qui saluait le drapeau
j’en ai vu un qui était habillé de noir
il avait une montre
une chaîne de montre
un porte monnaie
la légion d’honneur
et un pince-nez.
J’en ai vu un qui tirait son enfant par la main et qui criait…
j’en ai vu un avec un chien
j’en ai vu un avec une canne à épée
j’en ai vu un qui pleurait
j’en ai vu un qui entrait dans une église
j’en ai vu un autre qui en sortait…

(Jacques Prévert)


Illustration: René Magritte

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Hier au soir (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



Hier au soir

Hier, le vent du soir, dont le souffle caresse,
Nous apportait l’odeur des fleurs qui s’ouvrent tard;
La nuit tombait; l’oiseau dormait dans l’ombre épaisse.
Le printemps embaumait, moins que votre jeunesse;
Les astres rayonnaient, moins que votre regard.

Moi, je parlais tout bas. C’est l’heure solennelle
Où l’âme aime à chanter son hymne le plus doux.
Voyant la nuit si pure et vous voyant si belle,
J’ai dit aux astres d’or : Versez le ciel sur elle!
Et j’ai dit à vos yeux : Versez l’amour sur nous!

(Victor Hugo)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: Le Titien

 

 

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Très peu de vraies paroles s’échangent chaque jour (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



 

Très peu de vraies paroles s’échangent chaque jour, vraiment très peu.
Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler.
Peut-être n’ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre.

(Christian Bobin)

Illustration: Alberto Galvez

 

 

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Courrier du cœur (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Courrier du cœur

Madame dit Blanche
même à seize ans mes soeurs
ne me parlaient jamais
de ce que vous savez.
Mais je vibrais déjà.
Je suis restée pure
jusqu’à trente-deux dents.
Mon premier amoureux
s’appelait Henri.
Il me convoitait
mais ne m’aimait pas.
Je lui dis non.
J’espérais qu’il insisterait.
J’attendis.
J’attendis sept ans.
Il ne revint jamais.
Un soir mon voisin Élie
me dit :
Mademoiselle Blanche
on va danser.
C’est dimanche
et vous ne sortez jamais.
J’acceptai
rien que pour être deux.
J’ai valsé
j’ai ri
j’ai oublié
Henri.
Élie m’a prise
par surprise
dans un jardin public.
J’ai toujours les pieds froids depuis.

Élie était fidèle
sage
mais il n’embrassait jamais.
Comment s’aimer sans baisers ?
J’y ai pensé longtemps
au sana
où je suis restée cinq ans.
Quand je suis rentrée
c’est long cinq ans
quand on vibre
j’ai revu Élie.
Il ne voulait plus Madame.
-Parce que tu es malade
Blanche et j’ai peur.
-Je te comprends. Va
tu ne m’embrasserais pas.
J’en étais là.
Mais il ne me croyait pas.
Alors je lui ai montré mes papiers
mes papiers du sana
mes diplômes
mes certificats :
tuberculeuse
pas bacillaire
pas contagieuse
pas incendiaire
pas vénéneuse
pas dangereuse.
Je lui ai montré tous mes papiers
de pulmonaire.

Il ne veut toujours pas.
A ma place
que feriez-vous Madame ?

(Armand Lanoux)

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L’HOMME ET SON IMAGE (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



 

L’HOMME ET SON IMAGE

Un homme qui s’aimait sans avoir de rivaux
Passait dans son esprit pour le plus beau du monde.
Il accusait toujours les miroirs d’être faux,
Vivant plus que content dans son erreur profonde.
Afin de le guérir, le sort officieux
Présentait partout à ses yeux
Les Conseillers muets dont se servent nos Dames :
Miroirs dans les logis, miroirs chez les Marchands,
Miroirs aux poches des galands,
Miroirs aux ceintures des femmes.
Que fait notre Narcisse ? Il va se confiner
Aux lieux les plus cachés qu’il peut s’imaginer
N’osant plus des miroirs éprouver l’aventure.
Mais un canal, formé par une source pure,
Se trouve en ces lieux écartés ;
Il s’y voit ; il se fâche ; et ses yeux irrités
Pensent apercevoir une chimère vaine.
Il fait tout ce qu’il peut pour éviter cette eau ;
Mais quoi, le canal est si beau
Qu’il ne le quitte qu’avec peine.

On voit bien où je veux venir.
Je parle à tous ; et cette erreur extrême
Est un mal que chacun se plaît d’entretenir.
Notre âme, c’est cet Homme amoureux de lui-même ;
Tant de Miroirs, ce sont les sottises d’autrui,
Miroirs, de nos défauts les Peintres légitimes ;
Et quant au Canal, c’est celui
Que chacun sait, le Livre des Maximes.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Le secret (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



 

Manuel Gil Perez    ict 1

Le secret

Dans la foule, Olivier, ne viens plus me surprendre ;
Sois là, mais sans parler, tâche de me l’apprendre :
Ta voix a des accents qui me font tressaillir !
Ne montre pas l’amour que je ne puis te rendre,
D’autres yeux que les tiens me regardent rougir.

Se chercher, s’entrevoir, n’est-ce pas tout se dire ?
Ne me demande plus, par un triste sourire,
Le bouquet qu’en dansant je garde malgré moi :
Il pèse sur mon coeur quand mon coeur le désire,
Et l’on voit dans mes yeux qu’il fut cueilli pour toi.

Lorsque je m’enfuirai, tiens-toi sur mon passage ;
Notre heure pour demain, les fleurs de mon corsage,
Je te donnerai tout avant la fin du jour :
Mais puisqu’on n’aime pas lorsque l’on est bien sage,
Prends garde à mon secret, car j’ai beaucoup d’amour !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Manuel Gil Perez

 

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Les câlins (Kathleen Keating)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



Les câlins, mieux que l’esperanto,
parlent une langue universelle.

(Kathleen Keating)

 

 

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