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Posts Tagged ‘parleur’

Contradictions (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



 

contradictions

Contradictions

Ils cohabitent en moi.
Se battent sans qu’on le voie :

Le passé le présent
Le futur et maintenant
L’illusion et le vrai
Le maussade et le gai
La bêtise la raison
Et les oui et les non
L’amour de ma personne
Les dégoûts qu’elle me donne
Les façades qu’on se fait
Et ce qui derrière est
Et les peurs qu’on avale
Les courages qu’on étale
Les envies de dire zut
Et les besoins de lutte
Et l’humain et la bête
Et le ventre et la tête
Les sens et la vertu
Le caché et le nu
L’aimable et le sévère
Le prude et le vulgaire
Le parleur le taiseux
Le brave et le peureux
Et le fier et le veule…

Pour tout ça je suis seul.

(Esther Granek)

 

 

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Le gorille (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018


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Je suis enfant de Dieu mais d’une autre nature.
Ma force est souveraine et je ne parle pas,
Ma narine est sensible et mon oreille est sûre.
Si grand que vous soyez, vous ne me voyez d’en bas.

Je suis enfant de Dieu, mais je suis d’un autre âge.
Je vous ai vus jadis vous manger entre vous,
Et puis jour après jour perdre votre pelage
Et grelotter de froid tout au fond de vos trous.

Pauvres humains parleurs, du haut de mes futaies
Je vous ai vus trembler de peur et dépérir,
Allumer de grands feux pour mieux sécher vos plaies
Et j’ai battu des mains en vous voyant partir.

Moi j’ai su préserver ma vie calme et sereine,
Mes enfants sont des princes au coeur de la forêt,
Nous ne connaissons pas la folie ni la haine.
Vous, vous n’êtes plus rien, vous avez trop duré.

Au fond de mon oeil noir une étincelle brille.
Vous n’allez pas tarder à tomber à genoux,
Car je vois arriver le règne des gorilles…
Je suis enfant de Dieu, je suis plus beau que vous.

(Bernard Dimey)

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J’ai Vu La Lumière (Marc Lavoine)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

Abrishami Hessam_jk

J’ai Vu La Lumière:
Oui l’amour est mal coiffé,
L’amour non identifiée,
L’amour est un clandestin,

Si l’amour est voyageur,
L’amour pousse à l’intérieur
Et l’amour à toujours faim,

L’amour est mystérieux,
L’amour c’est un malchanceux
Mais l’amour est un héros,

L’amour est insaisissable
Même si l’amour est cassable,
L’amour à ça dans la peau…

[Refrain]
J’ai vu la lumière
En passant par là,
Elle était si belle
Qu’elle m’a conduit chez toi

L’amour est couché par terre,
L’amour c’est un appel d’air,
L’amour est un évadé

L’amour un jour fiche le camp
L’amour un jour te reprend,
L’amour est un habitué,

Que l’amour est volatil,
L’amour fait son difficile,
L’amour est un beau parleur,

L’amour nous fait ses aveux,
Mais l’amour fait ce qu’il ce veut
Comme il brisera ton coeur

[Refrain] (x2)

J’ai vu la lumière
En passant par là
Elle était si belle
Qu’elle c’est jetée sur moi

L’amour c’est comme un point de non retour,
On peut s’y perdre pour toujours,

L’amour peu devenir fou,
L’amour s’accroche à ton cou,
L’amour a le diable au corps

Car l’amour est dangereux,
L’amour c’est un ange heureux
Qui n’a pas peur de la mort,

L’amour n’est pas invincible
Mais quand il te prend pour cible,
L’amour est plus fort que toi,

L’amour couche avec la vie,
L’amour défait tous les lits,
Il aura raison de moi…

[Refrain]

J’ai vu la lumière
En passant par là
Elle était si belle
Qu’elle c’est jetée sur moi

(Marc Lavoine)

Illustration: Abrishami Hessam

 

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L’écrivain véritable (Philippe Claudel)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



l’écrivain véritable est un parleur.
En sa compagnie,
la conversation prend le tour amical
d’une immédiate intimité

(Philippe Claudel)

 

 

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Incantation (Denise Miège)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



Je t’enlise, je t’enrobe, je te love, je te veux
Je te vise, te bombarde, et je te prends d’assaut.
Je ne te laisse pas le temps, je t’invite,
Je t’emperle, je t’envoûte, je t’attends.
J’ai tellement envie de toi.
Je t’envahis, je t’environne, je suis partout à la fois.
Je suis de tous les départs
Que tu prendras au hasard
Pour ne plus m’entendre te répéter que je t’aime
T’enlise, te veux, t’attends,
Te vise, te prends, te laisse,
T’embobine à chaque pas, te frise, te lisse , te lèche,
T’use et ruse, charme et louvoie.
Et du plus loin que tu sois,
Je suis ta dernière demeure
Et tu chemines vers moi.

Donner le change,
Tu n’en finis pas, ma tendresse murée.
Toute gouaille dehors, pourquoi cacher profond
Ta douceur de pollen? Tu n’es pas fait pour la mêlée!
Des animaux gracieux dorment dans tes prunelles,
S’éveillent à la caresse.
Même blessé, je t’aime, t’imaginant parfois soleil
D’une contrée heureuse.
Pourtant c’est quand tu mords à dents de loup
Les mots mieux que personne,
Beau parleur, que tu donnes le change
D’une légende dont rien ne te délivre.

(Denise Miège)

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