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Poésie

Posts Tagged ‘parquet’

Simplement, sur le parquet (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration: Adolph de Meyer
    
Simplement,
sur le parquet,
l’ombre d’un chrysanthème
calligraphie le soleil.

Cela suffit
à ouvrir l’espace du poème.
Soleil minuscule
dans l’exubérante floraison de l’univers.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion
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Un halo vaporeux (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: Waldyslaw Slewinski
    
Un halo vaporeux trouble
le corps de la femme assoupie
et de la granulation de la pénombre
paraît émaner le grain de sa peau
sur le parquet flotte la lueur
de ses souliers vernis

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Je suis arrivé le matin c’était trop tard (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




Je suis arrivé le matin c’était trop tard
il y avait de la rouille autour de l’évier
le poids du poêle pesait sur le parquet
ça se gondolait même les tuiles il était trop tard
je n’aurais pu redresser tout ça même avec
des cabestans des poulies des objets dont je ne connais
pas le mot qui les désigne et que je ne saurais
utiliser efficacement
les champignons poussaient sur la faïence de la vaisselle
la vaisselle croupissait dans la paille des fauteuils
les fauteuils s’endormaient sur le poil des ténèbres
les ténèbres mâchaient le chouigne gueumme des morts
je suis arrivé trop tard c’était le lendemain

(Raymond Queneau)

Illustration: Geneviève Borschneck

 

 

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2ème retouche au musée (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
2ème retouche au musée

le vrai chef-d’oeuvre est sa fenêtre

le ciel y marche entre les toits

le parquet craque
sous la lumière aux larges hanches
venue de l’ombre des rues simples

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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Il y avait dans leur intimité secrète (Karen Blixen)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017


 



    
Il y avait dans leur intimité secrète
une infinie douceur.

L’aimer, songea-t-il, c’était pour lui
comme se laver le visage et les mains
ou comme plonger dans une rivière claire et au débit régulier
dont l’eau se renouvelait sans cesse,
et il était juste que son chemin vers la rivière
et l’endroit même de son bain fussent dérobés au monde entier.

A l’intérieur de la maison, dans la longue bibliothèque,
la lumière du crépuscule filtrait à travers les fenêtres
comme la lumière de l’après-midi avait filtré à travers la cime des arbres
pour atteindre l’endroit où ils s’étaient assis ensemble.

Les vieux parquets de chêne brillaient dans cette lumière
comme de sombres troncs dans la forêt,
les cadres dorés des portraits, les couleurs de la soie et du velours
devenaient vivants et lumineux
comme des branches d’arbres, des feuillages et des mousses.

Ce profond éclat du jour finissant,
c’était son sourire tremblant au moment de leur séparation,
sa compassion et la promesse d’une nouvelle rencontre.

(Karen Blixen)

 

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SOLIPSISME (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017




    
SOLIPSISME

(Accent parigot. Véhémence et certitude
agressive. Avec gestes.)

Qui c’est qu’est là
quand j’y suis pas?

C’est-i l’bureau?
C’est-i la porte?
C’est-i l’parquet?
C’est-i l’plafond?
C’est-i la rue?
C’est-i la terre?
C’est-i le ciel?
Ah, nom de nom!

Quand j’y suis pus
Y-a pus personne.
A preuve? C’est que quand j’reviens
je ramèn’ tout à la maison :
et v’là la terre
et v’là le ciel
et v’là la rue
et ma maison
et v’là la porte
et v’là l’parquet
et v’1à l’plafond!

(Jean Tardieu)

 

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Le cœur hanté (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Mark Kostabi
    
Le cœur hanté

La plus grande tragédie de la vie
est le cœur hanté. Là où
préside un amour immense. Un amour
qui ne peut être résolu,
qui ne peut trouver la signification d’un baiser,
la paix d’une étreinte.

Toujours il y a un homme qui aime une femme
qui ne l’aime pas.

Les volets du cœur hanté claquent, le parquet
grince, des pleurs proviennent d’une chambre noire.

(Richard Brautigan)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
Traduction: Thierry Beauchamp et Romain Rabier
Editions: Le Castor Astral

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Au cou un mince chapelet (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



 

Au cou un mince chapelet,
Je cache mes mains dans un large manchon.
Mes yeux ont un regard distrait;
Ils ne pleureront plus jamais.

Mon visage a l’air plus pâle
À cause de la soie mauve,
Les cheveux raides de ma frange
Descendent jusqu’aux sourcils.

Et cette démarche lente
Ne ressemble à aucun envol,
Comme si mes pieds se posaient
Sur un radeau et non sur un parquet.

Ma bouche pâle est entrouverte,
Ma respiration, pénible, inégale;
Et sur ma poitrine tremblent
Les fleurs d’un rendez-vous manqué.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Koloman Moser

 

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Sous ma sonnette (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



Sous ma sonnette

Nettoyez vos semelles
Usez mon paillasson
Plus vous les faites belles
Plus joyeux parquets sont

Mais ils pleurent sous pied maçon

(Pierre Albert-Birot)

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La plus grande tragédie de la vie (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2016



La plus grande tragédie de la vie
est le coeur hanté. Là où
préside un amour immense. Un amour
qui ne peut être résolu,
qui ne peut trouver la signification d’un baiser,
la paix d’une étreinte.

Toujours il y a un homme qui aime une femme
qui ne l’aime pas.

Les volets du coeur hanté claquent, le parquet
grince, des pleurs proviennent d’une chambre noire.

***

Life’s greatest tragedy
is the haunted heart. In which
a huge love presides. A love
that cannot be resolved,
that cannot find the meaning of a kiss,
the peace of an embrace.

Always there is a man who loves a woman
that does not love him.

The shutters of the haunted heart bang, the floors
creak, and the sound of crying comes from a dark room.

(Richard Brautigan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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