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Poésie

Posts Tagged ‘parsemer’

DOULEUR (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



    
DOULEUR

D’où vient la mystérieuse la folle
douleur d’amour ?
je me réveille ce matin
tout entourée de la douleur de toi

— de toi : comme une irritation
dans la peau du monde où tu es
et si je me demande :
comment la faire cesser

je sais :
il faut que s’éteigne ce point
qu’il cesse de battre comme une dent
quand le reste se tait

Tissu du monde en un point transparent
tout souffre ici
tout regarde ce point
que la douleur éclaire

je rêve l’oubli complet
paroi sourde mur blanc
mais tout est écrit par ici dessiné
tout parsemé de signes

de toi — par moi —
faits pour te voir partout
et maintenant j’étouffe
j’ai mal je voudrais dormir

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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O musc parsemé (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Alexandre Cabanel
    
O musc parsemé, soleil du matin,
rameau de saule, blanche gazelle du désert,
Je n’ai pas d’autre espoir que celui de te plaire,
et de tout autre espoir je m’interdis l’accès.

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

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GOUTTES DE ROSÉE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
GOUTTES DE ROSÉE

Les gouttes de rosée sur chaque tige d’herbe
ressemblent tant à des gouttes d’argent
que j’ai dû me pencher en marchant
pour voir si c’étaient des perles,
et celles qui parsèment les lits de primevères
entrelacés de lierre sous le noisetier l’aubépine et les érables
ressemblent tant à des perles d’or
que j’ai dû me pencher pour sentir si elles étaient dures,
mais elles ont fondu sous mon doigt.

Et lorsque la rosée repose sur les feuilles
des primevères, des violettes et des aubépines,
elles sont émeraude et béryl
sans être pourtant rien d’autre
que la rosée du matin sur les feuilles en bourgeon
— mieux encore les herbes de la route
sont couvertes de perles d’or et d’argent
et plus on va plus elles paraissent brillantes
comme de l’or ou de l’argent solide.

Ce n’est que l’effet du soleil et de l’ombre
sur elles par ce matin de rosée
— chaque pointe d’épine chaque tige de ronce
a sa tremblante parure —
jusqu’au moment où le vent se fait un peu plus vif,
alors tout est jeté bas
et l’étincelante joaillerie se mue en une commune matinée de printemps
pleine de feuilles en bourgeon de primeroses
de violettes de véroniques de jacinthes d’orchidées
et de choses ordinaires

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Les Fleurs que j’aime (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
Les Fleurs que j’aime

Fleurs arrosées
Par les rosées
Du mois de mai,
Que je vous aime !
Vous que parsème
L’air embaumé !

Par vos guirlandes,
Les champs, les landes
Sont diaprés :
La marguerite
Modeste habite
Au bord des prés.

Le bluet jette
Sa frêle aigrette
Dans la moisson ;
Et sur les roches
Pendent les cloches
Du liseron.

Le chèvrefeuille
Mêle sa feuille
Au blanc jasmin,
Et l’églantine
Plie et s’incline
Sur le chemin.

Coupe d’opale,
Sur l’eau s’étale
Le nénufar ;
La nonpareille
Offre à l’abeille
Son doux nectar.

Sur la verveine
Le noir phalène
Vient reposer ;
La sensitive
Se meurt, craintive,
Sous un baiser.

De la pervenche
La fleur se penche
Sur le cyprès ;
L’onde qui glisse
Voit le narcisse
Fleurir tout près.

Fleurs virginales,
A vos rivales,
Roses et lis,
Je vous préfère,
Quand je vais faire
Dans les taillis
Une couronne
Dont j’environne
Mes blonds cheveux,
Ou que je donne
A la Madone
Avec mes vœux.

(Louise Colet)

 

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Fleurs orgiaques (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017



 

Illustration: Carlo Farneti  
    
Fleurs orgiaques

Tes doigts frais effeuillent les fleurs
Qui parsèment de leurs pâleurs
Les tapis aux rudes couleurs.

Vois mourir les roses païennes
Que les mains des Musiciennes
Mêlent aux lyres doriennes.

Aux soirs de voluptés, les fleurs
Neigent, ineffables pâleurs,
Parmi les sons et les couleurs.

Et leurs fébriles agonies
Ensanglantent les harmonies
Des corruptions infinies.

Les femmes masquent leurs pâleurs
Dans le soir ivre de couleurs
Qu’hallucine la mort des fleurs.

(Renée Vivien)

 

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TES BAISERS (Jean Rameau)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017




    
TES BAISERS

Oh ! laisse-les tomber en cataracte folle
Tes baisers, tes divins baisers, tous tes baisers!…
Lorsque l’un d’eux m’effleure, un an de moi s’envole
Comme un oiseau d’un temple aux autels embrasés.

As-tu vu le vent ivre assaillir les vieux chênes ?
As-tu vu leur bois mort s’abattre?… Tes baisers
M’allègent de douleurs, me libèrent de chaînes
Et font tomber de moi des deuils pulvérisés.

As tu au mai rieur souffler sur les prairies
Et leurs flancs verts se rompre en parfums?… Tes baisers
Fout gronder du printemps rous mes tempes flétries
Et les lis de mon cœur renaissent, mal brisés.

Mon Dieu, j’ai tes baisers! Prenez-moi tout. Qu’importe?
Prenez mes biens, prenez mes jours: j’ai tes baisers!
Le souffle qui me vient de tes lèvres m’apporte
L’odeur des edens bleus dans ta chair infusés.

Que la haine m’entoure ou le mal me terrasse.
Qu’importe? J’ai pour moi ces gardiens: tes baisers!
Enveloppe-m’en tout comme d’une cuirasse,
Mon corps émoussera les crocs coalisés.

Tes baisers sont la force et l’extase infinie,
Tes baisers sont la gloire et l’orgueil, tes baisers
Sont des abeilles d’or distillant du génie
Sur les fronts noirs où ton amour les a posés.

Ah! pose, donne, accorde, éparpille, parsème!…
Emprisonne mon âme en leurs nœuds irisés !
La mort oblique a peur et passe quand on s’aime…
Mais quels pleurs faudra-t-il pour payer ces baisers ?

(Jean Rameau)

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Chant d’amour (V) (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2016



 

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Chant d’amour (V)

Viens, cherchons cette ombre propice
Jusqu’à l’heure où de ce séjour
Les fleurs fermeront leur calice
Aux regards languissants du jour.
Voilà ton ciel, ô mon étoile !
Soulève, oh ! soulève ce voile,
Éclaire la nuit de ces lieux ;
Parle, chante, rêve, soupire,
Pourvu que mon regard attire
Un regard errant de tes yeux.

Laisse-moi parsemer de roses
La tendre mousse où tu t’assieds,
Et près du lit où tu reposes
Laisse-moi m’asseoir à tes pieds.
Heureux le gazon que tu foules,
Et le bouton dont tu déroules
Sous tes doigts les fraîches couleurs !
Heureuses ces coupes vermeilles
Que pressent tes lèvres, pareilles
Aux frelons qui tètent les fleurs !

Si l’onde des lis que tu cueilles
Roule les calices flétris,
Des tiges que ta bouche effeuille
Si le vent m’apporte un débris,
Si ta bouche qui se dénoue
Vient, en ondulant sur ma joue,
De ma lèvre effleurer le bord ;
Si ton souffle léger résonne,
Je sens sur mon front qui frissonne
Passer les ailes de la mort.

Souviens-toi de l’heure bénie
Où les dieux, d’une tendre main,
Te répandirent sur ma vie
Comme l’ombre sur le chemin.
Depuis cette heure fortunée,
Ma vie à ta vie enchaînée,
Qui s’écoule comme un seul jour,
Est une coupe toujours pleine,
Où mes lèvres à longue haleine
Puisent l’innocence et l’amour.

Ah ! lorsque mon front qui s’incline
Chargé d’une douce langueur,
S’endort bercé sur ta poitrine
Par le mouvement de ton coeur…

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: Bogdan Prystrom

 

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Solitude (Bernard Bertrand)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2015




Solitude

Une perle de rosée sur la pointe des seins,
Quelques gouttes qui ruissellent dans le creux de tes reins…
Une brise discrète caresse la peau
Et s’amuse avec ces gouttes d’eau…

Les yeux mi-clos,
Des pensées oses
Et commandes à ta main
De guider tes doigts fins.

Vers le plaisir tu avances,
Et bientôt, ô jouissance,
Tu oublies ces chagrins
Qui parsèment ton chemin…

(Bernard Bertrand)

Illustration: Giorgione

 

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LES CLOCHES (Edgar Allan Poe)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2015




LES CLOCHES

Des traîneaux entendez les cloches…
Les petites cloches d’argent !
Quel monde de gaîté leur mélodie appelle !
Comme elles tintent, tintent, tintent,
Dans l’air glacial du crépuscule !
Tandis que les étoiles qui, là-haut, parsèment
Tout le ciel, dirait-on, scintillent
D’un plaisir de cristal;
Marquant le temps, le temps,
Le temps, en une sorte de rythme runique,
Du tintement qui, musicalement, sourd
Des cloches, cloches, cloches, cloches,
Des cloches, cloches, cloches…
Du tintamarre et du drelin-drelin des cloches.

***

THE BELLS

Hear the sledges with the bells—
Silver bells!
What a world of merriment their melody foretells!
How they tinkle, tinkle, tinkle,
In the icy air of night!
While the stars that oversprinkle
All the heavens, seem to twinkle
With a crystalline delight;
Keeping time, time, time,
In a sort of Runic rhyme,
To the tintinnabulation that so musically wells
From the bells, bells, bells, bells,
Bells, bells, bells—
From the jingling and the tinkling of the bells.

(Edgar Allan Poe)

Illustration: Vsevolod Vyacheslavovich Ivanov

 

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