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Poésie

Posts Tagged ‘part’

Une Amie (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Une Amie

Si vous l’aviez connue à sa quinzième année,
Elle était belle alors, belle à vous rendre fou !
En voyant les attraits dont elle était ornée,
Vous auriez devant elle incliné le genou !

Pour caresser sa main frêle, blanche et veinée,
Poète, vous eussiez été je ne sais où ;
Et votre part du ciel, oh ! vous l’auriez donnée
Pour un baiser d’amour posé sur son beau cou !

Mais, avec la douleur, toute beauté se fane ;
Elle a souffert longtemps, et le regard profane
Ne voit plus sur ses traits de magiques trésors :

Ses yeux se sont ternis et son front n’est plus rose.
Eh bien ! moi, j’applaudis à sa métamorphose,
Car son âme a gagné ce qu’a perdu son corps.

(Louise Colet)

 

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Je songe je songe (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
je songe je songe
je songe à ce grand fond de solitude
qui ne m’a jamais quitté
à toutes ces errances
dans la nuit
pour naître à nouveau
dans la nuit
où j’ai brûlé
une bonne part de mon éternité

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Chet Baker (Déploration)
Editions: Le Castor Astral

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Je suis une bougie (Arseni Tarkovski)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Vladimir Kush
    
Je suis une bougie, je me suis consumée tout au long du festin.
Recueillez ma cire au matin,
Et cette page vous dira tout bas
Comment pleurer, de quoi être fier,
Comment offrir
Sa dernière part de gaieté avant de mourir, facilement,
Et sous l’entrée d’un toit de hasard,
Brûler après la mort, tel un mot.

***

Я свеча, я сгорел на пиру.
Соберите мой воск поутру,
И подскажет вам эта страница,
Как вам плакать и чем вам гордиться,
Как веселья последнюю треть
Раздарить и легко умереть,
И под сенью случайного крова
Загореться посмертно, как слово.

***

I am a candle. I burned at the feast.
Gather my wax when morning arrives
so that this page will remind you
how to be proud, and how to weep,
how to give away the last third
of happiness, and to die with ease—
and beneath a temporary roof
to burn posthumously, like a word.

(Arseni Tarkovski)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Traduction: Aurélien Lécina
Editions: Revue Conférence n° 10-11 (2000)

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L’ÉCOUTE (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



Illustration   
    
L’ÉCOUTE

que sommes nous
absorbés par nos doutes
une somme des rêves
des âmes éphémères
des vies passagères
des envies légères

la tentative de traduire
notre moi profond
restant vaine

seul notre coeur
est cette part
de nous même
qui s’émeut vibre
et se donne

oser sans fioriture
offrir à l’autre
cette parure

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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Berceuse (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Printemps-Eté-Automne-Hiver
    

Berceuse

Pose ta tête endormie, mon amour
Humaine sur mon bras infidèle ;
Le temps et les fièvres consument
La part de beauté
Des enfants pensifs et la tombe
Prouve que l’enfant est éphémère ;
Mais que dans mes bras jusqu’au point du jour
Repose cet être vivant,
Mortel, coupable, mais pour moi
Beauté absolue.

L’âme et le corps n’ont point de bornes ;
Aux amants étendus
Dans leur pâmoison coutumière
Sur la pente enchantée de son indulgence
Vénus gravement apporte la vision
D’une compassion surnaturelle,
Un amour, un espoir universels ;
Tandis qu’une intuition abstraite
Eveille parmi les glaciers et les rocs
L’extase sensuelle de l’ermite.

Certitude, fidélité
Sur le coup de minuit passent
Comme les vibrations d’une cloche,
Et les fous à la mode poussent
Leurs cris ennuyeux de pédants ;
Chaque centime de la dépense,
Tout de que prédisent les cartes redoutées
Sera payé, mais de cette nuit
Que pas un murmure, pas une pensée
Pas un baiser ni un regard ne soient perdus.

Tout meurt, la beauté, la vision, minuit :
Que les vents de l’aube qui demeurent
Soufflent sur ta tête rêveuse
Annonçant un jour d’une telle douceur
Que les yeux et le cœur qui cogne puissent louer
Ce monde mortel et s’en satisfaire ;
Que les midis de sècheresse te voient nourri
Par les puissances irréfléchies,
Que les nuits d’insulte te laissent vivre
Sous la garde de tout amour humain.

***

Lullaby

Lay your sleeping head, my love,
Human on my faithless arm;
Time and fevers burn away
Individual beauty from
Thoughtful children, and the grave
Proves the child ephemeral:
But in my arms till break of day
Let the living creature lie,
Mortal, guilty, but to me
The entirely beautiful.

Soul and body have no bounds:
To lovers as they lie upon
Her tolerant enchanted slope
In their ordinary swoon,
Grave the vision Venus sends
Of supernatural sympathy,
Universal love and hope;
While an abstract insight wakes
Among the glaciers and the rocks
The hermit’s carnal ecstasy.

Certainty, fidelity
On the stroke of midnight pass
Like vibrations of a bell,
And fashionable madmen raise
Their pedantic boring cry:
Every farthing of the cost,
All the dreaded cards foretell,
Shall be paid, but from this night
Not a whisper, not a thought,
Not a kiss nor look be lost.

Beauty, midnight, vision dies:
Let the winds of dawn that blow
Softly round your dreaming head
Such a day of welcome show
Eye and knocking heart may bless,
Find the mortal world enough;
Noons of dryness find you fed
By the involuntary powers,
Nights of insult let you pass
Watched by every human love.

(Wystan Hugh Auden)

 

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Brefs (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

Illustration 

    
Brefs

De l’autre côté de la forêt
le ciel prend ses quartiers,
les noms deviennent fleuves.
Ce que l’on n’aperçoit plus
existe alors de plein droit.
Le bleu atteint ta perfection
pour découvrir un paysage
restituant au corps sa part d’infini.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Par tous les temps (Paul Chaulot)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Par tous les temps le jour impose
sa nourriture à chaque objet,
par tous les temps l’homme maraude
un peu de ciel en chaque objet.

La transparence d’un carreau
la tache vide d’une lampe
dissimulent assez d’abîmes
pour que son regard y dévore
jusqu’au soir sa part de vertige.

(Paul Chaulot)

 

 

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Jamais assez de la beauté du monde (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016




Riches de l’unique
Éternelle présence
De tout ce qui est,

Dans l’amour et dans la peine
Qui plongent dans le coeur,
Tout a été à moi

Qui dois bientôt
Quitter comme je suis venue
Tout ce que j’ai été.

Cette enfant était-ce
Moi, qui crie
« Jamais assez

« De la beauté du monde,
« Visages des amis
« Dans les chambres et les maisons

« Riches de bonté,
« Jamais assez,
« De cet inépuisable

« Ici et maintenant
« Sans fin ni commencement ? »
La Présence répond

« Qu’es-tu
« Sinon l’un des multiples
« Multiples-dans-l’un,

« Dans le flot du temps
« Tu as eu ta part
« De mal et de bien,

« Désir et désespoir,
« Blessure et guérison,
« De quête et de prière,

« Porté le fardeau
« Du savoir et de l’être,

« L’irrémédiable
« Inexpugnable
« Registre des jours.

« Mais l’enfant encore à naître
« Est déjà la fleur et la graine
« Du monde

« Des plaies et des larmes,
« De l’abandon et du désir,
« De la découverte et de la quête,

« Car chacun est le tout
« De l’être sans borne,

« Et il est impossible à la fin
« Du temps d’ôter à la vie
« Les jours par myriades de la vie,

« Heures sans nombre
« Des vivants innombrables,
« Musique céleste,

« Expression de la gloire,
« Le bruit et la fureur,
« Le fleuve de la félicité. »

J’écoute et je loue.

***

Rich in the alone
Ever-presence
Of all that is,

In love and sorrow
That sound the heart,
All has been mine

Who must soon
Leave as I came
All I have been.

Was that child
I, who cry
`Never enough

`Of world’s beauty,
`Faces of friends
`In rooms and houses

`Rich in kindness,
`Never enou
`Of the inexhaustible

`Here and now
` Without end or beginning?’
The Presence replies

` What are you
`But one of the many
` Many-in-one,

`In the flow of time
`You have borne your share
`Of evil and good,

`Desire and despair,
`Hurting and healing,
`Of seeking and praying,

`Have carried the burden
`Of knowing and being,

`The irretrievable
`Unexpugnable
`Record of days.

`But the child unborn
`Is already the world’s
`Flower and seed

`Of the wounding and weeping,
The loss and the longing,
The finding and seeking,

`For each is the all
`Of boundless being,

`Nor can the ending
`Of time unlive
`Life’s myriad days,

`Unnumbered hours
`Of the numberless living,
` Music of heaven,

`Utterance of glory,
The sound and the fury,
The river of bliss.’

I listen and praise.

(Kathleen Raine)

Illustration: Josephine Wall

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Un bol comme image du monde (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Un bol comme image du monde

Au temps
Ou le temps n’était pas

Ou s’aimer était aimer
Le tout

Lorsque rien ne tremblait
Pour l’autre

Un bol
Aurait servi dit-on

Pour écoper du néant
La part où épaissir
Le vide.

(Werner Lambersy)

 

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Ainsi la part est faite (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2016



Ainsi la part est faite
Je te laisse les hommes
Des visages défaits
Aux croisées de l’amour
Moi je garde la mer
Et mes châteaux de sable
Et mes larmes du premier jour

(René Guy Cadou)

 

 

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