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Poésie

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Si d’aventure tu trouvais un passage (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2019




    
Si d’aventure
tu trouvais un passage

Partagerais-tu
ta découverte?

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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C’est une étoile dont le coeur noir est un astre (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



C’est une étoile dont le coeur noir est un astre.
Et cette étoile étire ses rayons à travers nos regards
et pose son coeur noir sur nos paupières.
Mais cela se passe ailleurs, et ne se fait sur nous qu’en image.
C’est une étoile qui redevient une étoile, et se retrouvant,
nous invente un corps si beau que le nôtre ne s’y reconnais plus.

Pourtant le vieil homme avait gardé un coin de naïveté dans sa chair,
un morceau de pain à partager avec son image la plus belle.
Jamais il ne s’était vu si beau, jamais il ne s’était vu si laid.
Etoile perdue au fond du ciel que tu es.

Le noir aussi est lumière, et voit le noir en s’obscurcissant.
L’étoile s’illumine en reculant en elle les larmes du noir.
Sa clarté c’est celle qu’elle voit.

Le soleil c’est où la lumière se ferme sur sa montée la plus lumineuse.
Une lumière qui se caille comme le sang.
C’est la lumière qui monte à sa tour par un escalier de couleurs.
Et l’étoile, c’est la nuit qui monte à sa tour.

(Joë Bousquet)

Illustration: Renaud Baltzinger

 

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Savoir que nous sommes tous des poussières d’étoiles (Trinh Xuan Thuan)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019




    
Savoir que nous sommes tous des poussières d’étoiles,
que nous partageons la même histoire cosmique que les gazelles et les roses,
que nous sommes tous connectés à travers l’espace et le temps,
ne peut qu’induire une conscience aiguë de notre interdépendance..

(Trinh Xuan Thuan)

 

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Nous sommes d’une source (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



Illustration
    
Nous sommes d’une source
Qu’aucune pluie n’abreuve
Mais qui ne tarit pas

Nous sommes d’un matin
Arraché à la nuit
Par un autre soleil

Nous sommes d’une origine
Sans étoiles certaines

Nous sommes d’un amour
Aussi vaste que le vent
Aussi nu qu’un désert

Nous sommes d’une communion
Dont nous sommes le centre
Et le cercle infini

Nous sommes d’une symphonie
L’instrument et l’archet
Et la main qui relève

Nous sommes d’un silence
Que nul chant nul feuillage
Ne sauraient contenter

Nous sommes d’un chemin
Sans bornes et sans tracé
Que visite l’Ouvert

Nous sommes d’une foi
Sans rives et sans frontière
Aux doutes traversés

Nous sommes d’une forêt
Dont nous sommes l’aubier
La racine et la cime

Nous sommes d’une mélodie
Que chaque chant d’oiseau
Consent à imiter

Nous sommes des moissons
Le couvert et le pain
La table partagée

Nous sommes de ce pays
Qui nous change à mesure
Où l’on n’arrive jamais

Nous sommes de cette voix
Qui murmure notre nom
Dans le souffle d’un été

Nous sommes de ce printemps
Dont les branches nous frôlent
Sans jamais nous toucher

Nous sommes d’une blessure
Dont le feu couve en nous
Élargit nos foyers

Nous sommes d’une parole
Non encore entendue
Toujours à écouter

Nous sommes pour chacun
L’eau du puits et le seau
La margelle où puiser

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Ensemble (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


das_schiff_maria_im_sturm

Plutôt être ensemble – ballotés sur la houle –
Qu’un Havre – non partagé par toi.
Plutôt la Cargaison – à bord – ici –
Que les « îles aux épices » –
Et toi – absent –

(Emily Dickinson)

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Si mon amour pouvait franchir le soi désert (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Je les vois maintenant à travers un vide
Plus large, plus profond que le temps et l’espace.
Tout ce que j’ai fini par être
Sépare mon coeur et la rose,
La flamme, l’oiseau, le brin d’herbe.
Les fleurs sont voilées ;
Dans un univers d’ombres, les apparences
Passent sur une grande toile vide
Où l’image vacille, disparaît,
Où rien n’existe, et tout n’est que semblant.
Mais toujours l’esprit, désireux d’aller plus avant,
Les a suivies, tandis qu’elles s’éloignaient
Au fond de leurs espaces intérieurs,
Il arrachait les pétales des fleurs, les ailes des mouches,
Pourchassait le coeur au scalpel,
Disséminait sous une loupe la poussière de la vie ;
Mais les plus inaccessibles, étranges
Écailles iridescentes, cellules, fuseaux, chromosomes,
Simplement toujours sont :
Avec la grêle, les cristaux de neige, les montagnes, les étoiles,
Le renard au crépuscule, les éclairs, les moucherons dans l’air du soir
Tous partagent le mystère de la nature,
Proclament JE suis, et demeurent sans nom.

Parfois, de très loin,
Les créatures me font signe :
Une violette sourit au bord pâle de l’obscurité,
Une goutte de pluie suspendue au toit m’appelle,
Et un jour, dans l’herbe haute humide,
Un jeune oiseau m’a regardée.
Leur être est digne d’amour, est amour ;
Et si mon amour pouvait franchir le soi désert
Qui sépare tout ce que je suis et tout ce qui est,
Elles sauraient pardonner et bénir.

***

I see them now across a void
Wider and deeper than time and space.
All that I have come to be
Lies between my heart and the rose,
The flame, the bird, the blade of grass.
The flowers are veiled;
And in a shadow-world, appearances
Pass across a great toile vide
Where the image flickers, vanishes,
Where nothing is, but only seems.
But still the mind, curious to pursue
Long followed them, as they withdrew
Deep within their inner distances,
Pulled the petals from flowers, the wings from flies,
Hunted the heart with a dissecting-knife
And scattered under a lens the dust of life;
But the remoter, stranger
Scales iridescent, cells, spindles, chromosomes,
Still merely are:
With hail, snow-crystals, mountains, stars,
Fox in the dusk, lightning, gnats in the evening air
They share the natural mystery,
Proclaim I AM, and remain nameless.

Sometimes from far away
They sign to me;
A violet smiles from the dim verge of darkness,
A raindrop hangs beckoning on the eaves,
And once, in long wet grass,
A young bird looked at me.
Their being is lovely, is love;
And if my love could cross the desert self
That lies between all that I am and all that is,
They would forgive and bless.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Hymne à la joie (Friedrich von Schiller)(Ludwig van Beethoven)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018




    
Hymne à la joie

Mes amis, cessons nos plaintes!
Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants
De fêtes et nos accords pieux!
Joie!

Joie! Belle étincelle des dieux
Fille de l’Élysée,
Nous entrons l’âme enivrée
Dans ton temple glorieux.
Tes charmes relient
Ce que la mode en vain détruit;
Tous les hommes deviennent frères
Là où tes douces ailes reposent.

Que celui qui a le bonheur
D’être l’ami d’un ami;
Que celui qui a conquis une douce femme,
Partage son allégresse!
Oui, et aussi celui qui n’a qu’une âme
À nommer sienne sur la terre!
Et que celui qui n’a jamais connu cela s’éloigne
En pleurant de notre cercle!

Tous les êtres boivent la joie
Aux seins de la nature,
Tous les bons, tous les méchants,
Suivent ses traces de rose.
Elle nous donne les baisers et la vigne,
L’ami, fidèle dans la mort,
La volupté est donnée au ver,
Et le chérubin est devant Dieu.

Heureux, tels les soleils volent
Sur le plan vermeil des cieux,
Courrez, frères, sur votre voie,
Joyeux, comme un héros vers la victoire.

Qu’ils s’enlacent tous les êtres!
Un baiser au monde entier!
Frères, au plus haut des cieux
Doit habiter un père aimé.
Tous les êtres se prosternent?
Pressens-tu le créateur, Monde?
Cherche-le au-dessus des cieux d’étoiles!
Au-dessus des étoiles il doit habiter.

Joie! Belle étincelle des dieux
Fille de l’Élysée,
Soyez unis êtres par million!
Qu’un seul baiser enlace l’univers!

***
Ode An Die Freude

O Freunde, nicht diese Töne!
Sondern laßt uns angenehmere
anstimmen und freudenvollere.
Freude!

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium,
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum!
Deine Zauber binden wieder
Was die Mode streng geteilt;
Alle Menschen werden Brüder,
Wo dein sanfter Flügel weilt.

Wem der große Wurf gelungen,
Eines Freundes Freund zu sein;
Wer ein holdes Weib errungen,
Mische seinen Jubel ein!
Ja, wer auch nur eine Seele
Sein nennt auf dem Erdenrund!
Und wer’s nie gekonnt, der stehle
Weinend sich aus diesem Bund!

Freude trinken alle Wesen
An den Brüsten der Natur;
Alle Guten, alle Bösen
Folgen ihrer Rosenspur.
Küsse gab sie uns und Reben,
Einen Freund, geprüft im Tod;
Wollust ward dem Wurm gegeben,
und der Cherub steht vor Gott.

Froh, wie seine Sonnen fliegen
Durch des Himmels prächt’gen Plan,
Laufet, Brüder, eure Bahn,
Freudig, wie ein Held zum Siegen.

Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!
Brüder, über’m Sternenzelt
Muß ein lieber Vater wohnen.

Ihr stürzt nieder, Millionen?
Ahnest du den Schöpfer, Welt?
Such’ ihn über’m Sternenzelt!
Über Sternen muß er wohnen.

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium/
Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!

(Friedrich von Schiller)(Ludwig van Beethoven)

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LES ROSES (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2018




    
LES ROSES

1
Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce coeur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche.

2
Je te vois, rose, livre entrebâillé,
qui contient tant de pages
de bonheur détaillé
qu’on ne lira jamais. Livre-mage,

qui s’ouvre au vent et qui peut être lu
les yeux fermés…,
dont les papillons sortent confus
d’avoir eu les mêmes idées.

3
Rose, toi, ô chose par excellence complète
qui se contient infiniment
et qui infiniment se répand, ô tête
d’un corps par trop de douceur absent,

rien ne te vaut, ô toi, suprême essence
de ce flottant séjour;
de cet espace d’amour où à peine l’on avance
ton parfum fait le tour.

4
C’est pourtant nous qui t’avons proposé
de remplir ton calice.
Enchantée de cet artifice,
ton abondance l’avait osé.

Tu étais assez riche, pour devenir cent fois toi-même
en une seule fleur;
c’est l’état de celui qui aime…
Mais tu n’as pas pensé ailleurs.

5
Abandon entouré d’abandon,
tendresse touchant aux tendresses…
C’est ton intérieur qui sans cesse
se caresse, dirait-on;

se caresse en soi-même,
par son propre reflet éclairé.
Ainsi tu inventes le thème
du Narcisse exaucé.

6
Une rose seule, c’est toutes les roses
et celle-ci : l’irremplaçable,
le parfait, le souple vocable
encadré par le texte des choses.

Comment jamais dire sans elle
ce que furent nos espérances,
et les tendres intermittences
dans la partance continuelle.

7
T’appuyant, fraîche claire
rose, contre mon oeil fermé —,
on dirait mille paupières
superposées

contre la mienne chaude.
Mille sommeils contre ma feinte
sous laquelle je rôde
dans l’odorant labyrinthe.

8
De ton rêve trop plein,
fleur en dedans nombreuse,
mouillée comme une pleureuse,
tu te penches sur le matin.

Tes douces forces qui dorment,
dans un désir incertain,
développent ces tendres formes
entre joues et seins.

9
Rose, toute ardente et pourtant claire,
que l’on devrait nommer reliquaire
de Sainte-Rose…, rose qui distribue
cette troublante odeur de sainte nue.

Rose plus jamais tentée, déconcertante
de son interne paix; ultime amante,
si loin d’Ève, de sa première alerte —,
rose qui infiniment possède la perte.

10
Amie des heures où aucun être ne reste,
où tout se refuse au coeur amer;
consolatrice dont la présence atteste
tant de caresses qui flottent dans l’air.

Si l’on renonce à vivre, si l’on renie
ce qui était et ce qui peut arriver,
pense-t-on jamais assez à l’insistante amie
qui à côté de nous fait son oeuvre de fée.

11
J’ai une telle conscience de ton
être, rose complète,
que mon consentement te confond
avec mon coeur en fête.

Je te respire comme si tu étais,
rose, toute la vie,
et je me sens l’ami parfait
d’une telle amie.

12
Contre qui, rose,
avez-vous adopté
ces épines ?
Votre joie trop fine
vous a-t-elle forcée
de devenir cette chose armée ?

Mais de qui vous protège
cette arme exagérée ?
Combien d’ennemis vous ai-je enlevés
qui ne la craignaient point.
Au contraire, d’été en automne,
vous blessez les soins
qu’on vous donne.

13
Préfères-tu, rose, être l’ardente compagne
de nos transports présents ?
Est-ce le souvenir qui davantage te gagne
lorsqu’un bonheur se reprend ?

Tant de fois je t’ai vue, heureuse et sèche,
— chaque pétale un linceul —
dans un coffret odorant, à côté d’une mèche,
ou dans un livre aimé qu’on relira seul.

14
Été : être pour quelques jours
le contemporain des roses;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette soeur
en d’autres roses absente.

15
Seule, ô abondante fleur,
tu crées ton propre espace;
tu te mires dans une glace
d’odeur.

Ton parfum entoure comme d’autres pétales
ton innombrable calice.
Je te retiens, tu t’étales,
prodigieuse actrice.

16
Ne parlons pas de toi. Tu es ineffable
selon ta nature.
D’autres fleurs ornent la table
que tu transfigures.
On te met dans un simple vase —,
voici que tout change :
c’est peut-être la même phrase,
mais chantée par un ange.

17
C’est toi qui prépares en toi
plus que toi, ton ultime essence.
Ce qui sort de toi, ce troublant émoi,
c’est ta danse.

Chaque pétale consent
et fait dans le vent
quelques pas odorants
invisibles.

O musique des yeux,
toute entourée d’eux,
tu deviens au milieu
intangible.

18
Tout ce qui nous émeut, tu le partages.
Mais ce qui t’arrive, nous l’ignorons.
Il faudrait être cent papillons
pour lire toutes tes pages.

Il y en a d’entre vous qui sont comme des dictionnaires;
ceux qui les cueillent
ont envie de faire relier toutes ces feuilles.
Moi, j’aime les roses épistolaires.

19
Est-ce en exemple que tu te proposes ?
Peut-on se remplir comme les roses,
en multipliant sa subtile matière
qu’on avait faite pour ne rien faire ?

Car ce n’est pas travailler que d’être
une rose, dirait-on.
Dieu, en regardant par la fenêtre,
fait la maison.

20
Dis-moi, rose, d’où vient
qu’en toi-même enclose,
ta lente essence impose
à cet espace en prose
tous ces transports aériens ?

Combien de fois cet air
prétend que les choses le trouent,
ou, avec une moue,
il se montre amer.
Tandis qu’autour de ta chair,
rose, il fait la roue.

21
Cela ne te donne-t-il pas le vertige
de tourner autour de toi sur ta tige
pour te terminer, rose
Mais quand ton propre élan t’inonde,

tu t’ignores dans ton bouton.
C’est un monde qui tourne en rond
pour que son calme centre ose
le rond repos de la ronde rose.

22
Vous encor, vous sortez
de la terre des morts,
rose, vous qui portez
vers un jour tout en or

ce bonheur convaincu.
L’autorisent-ils, eux
dont le crâne creux
n’en a jamais tant su ?

23
Rose, venue très tard, que les nuits amères arrêtent
par leur trop sidérale clarté,
rose, devines-tu les faciles délices complètes
de tes soeurs d’été ?

Pendant des jours et des jours je te vois qui hésites
dans ta gaine serrée trop fort.
Rose qui, en naissant, à rebours imites
les lenteurs de la mort.

Ton innombrable état te fait-il connaître
dans un mélange où tout se confond,
cet ineffable accord du néant et de l’être
que nous ignorons ?

24
Rose, eût-il fallu te laisser dehors,
chère exquise ?
Que fait une rose là où le sort
sur nous s’épuise ?

Point de retour. Te voici
qui partages
avec nous, éperdue, cette vie, cette vie
qui n’est pas de ton âge.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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La nuit n’est jamais complète (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration
    
La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours, puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin
Une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée

Il y a toujours un rêve qui veille,
Désir à combler, Faim à satisfaire,
Un cœur généreux,
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie, la vie à se partager.

La nuit n’est jamais complète.

(Paul Eluard)

 

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Le réveil (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

Tranquillo Cremona   rl

Le réveil

Sur ce lit de roseaux puis-je dormir encore ?
Je sens l’air embaumé courir autour de toi ;
Ta bouche est une fleur dont le parfum dévore :
Approche, ô mon trésor, et ne brûle que moi.
Éveille, éveille-toi !

Mais ce souffle d’amour, ce baiser que j’envie,
Sur tes lèvres encor je n’ose le ravir ;
Accordé par ton coeur, il doublera ma vie.
Ton sommeil se prolonge, et tu me fais mourir :
Je n’ose le ravir.

Viens, sous les bananiers nous trouverons l’ombrage.
Les oiseaux vont chanter en voyant notre amour.
Le soleil est jaloux, il est sous un nuage,
Et c’est dans tes yeux seuls que je cherche le jour :
Viens éclairer l’amour.

Non, non, tu ne dors plus, tu partages ma flamme ;
Tes baisers sont le miel que nous donnent les fleurs.
Ton coeur a soupiré, viens-tu chercher mon âme ?
Elle erre sur ma bouche et veut sécher tes pleurs.
Cache-moi sous des fleurs.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Tranquillo Cremona

 

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