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Posts Tagged ‘particule’

Où s’arrête réellement ce que nous appelons « nous-mêmes » (Cyril Dion)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2022



    

Où s’arrête réellement ce que nous appelons « nous-mêmes »
et où commence ce que nous appelons « autre » ?

La danse des atomes et des particules n’établit pas ce type de limites.
Quelle certitude alors nous permet d’affirmer que nous ne sommes pas arbre ?

Pas fleur.
Pas chien.

Quel élément fédérateur nous donne ce sentiment d’unité autonome
et quelle est cette frontière qui prétend nous circonscrire ?

(Cyril Dion)

Recueil: A l’orée du danger
Traduction:
Editions: Actes Sud

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La grotte opale du rêve (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    
La grotte opale du rêve

Dans la grotte opale du rêve j’ai trouvé une fée:
Ses ailes étaient plus frêles que des pétales de fleur,
Plus frêles encore que des flocons de neige.
Elle n’était pas effrayée et se tenait sur mon doigt,
Puis délicatement elle rentra dans ma main.
J’ai joint mes deux paumes
Et l’ai tenue prisonnière.
Je l’ai portée hors de la grotte opale,
Puis j’ai ouvert les mains.
D’abord elle devint une aigrette de chardon*,
Enfîn une particule dans un rayon de soleil,
Enfîn — plus rien du tout.
Vide est maintenant la grotte opale de mon rêve.

***

The Opal Dream Cave

In an opal dream cave I found a fairy:
Her wings were frailer than flower petals,
Frailer far than snowflakes.
She was not frightened, but poised on my finger,
Then delicately walked into my hand
I shut the two palms of my hands together
And held her prisoner
I carried her out of the opal cave,
Then opened my hands.
First she became thistledown*,
Then a mote in a sunbeam,
Then—nothing at all
Empty now is my opal dream cave.

*Thistledown est le nom d’une fée dans un des contes de Louisa May

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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AUTOPORTRAIT DU FEU (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



 

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AUTOPORTRAIT DU FEU
(sur un solo d’Albert Ayler)
pour Christian Jaccard

Je tisonne le monde
Je souffle
Et c’est un acte de générosité
Je souffle
Et c’est la poésie du coeur
Je souffle
Et c’est un don de soi
Omega is the Alpha
Je souffle et j’invective
Aux quatre coins du ciel nocturne
Litanie
Hymne
Prière
Psalmodie
Mantra
Je souffle-semence
Je souffle-verset
Je souffle vital
Je souffle parce que
Quelque chose brûle en moi
Light in darkness
Eau de vie eau de feu
Je souffle en coup de foudre
Le feu de la femme

[…]

Dans le ciel du coeur
Dans le coeur du ciel
Je m’offre
Je brûle au paradis
Je suis un accélérateur de particules divines

(Zéno Bianu)

Illustration

 

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LA BOMBE HUMAINE (Téléphone)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020



    
LA BOMBE HUMAINE

Je veux vous parler de l’arme de demain
Enfantée du monde elle en sera la fin
Je veux vous parler de moi, de vous
Je vois a l’intérieur des images, des couleurs
Qui ne sont pas a moi qui parfois me font peur

Sensations qui peuvent me rendre fou
Nos sens sont nos fils nous pauvres marionnettes
Nos sens sont le chemin qui mène droit a nos têtes

La bombe humaine tu la tiens dans ta main
Tu as l’détonateur juste à côté du cœur
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin
C’est la fin, hum la fin, hum la fin, hum la fin

Mon père ne dort plus sans prendre ses calmants
Maman ne travaille plus sans ses excitants
Quelqu’un leur vend de quoi tenir le coup
Je suis un électron bombardé de protons
Le rythme de la ville c’est ça mon vrai patron
Je suis chargé d’électricité

Si par malheur au cœur de l’accélérateur
J’rencontre une particule qui m’mette de sale humeur
Oh non, faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller

La bombe humaine c’est l’arme de demain
Enfantée du monde elle en sera la fin
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin
C’est la fin

La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Tu as l’détonateur juste à côté du cœur
La bombe humaine, c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre ce qui te tient
C’est…

La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Tu as l’détonateur juste a cote du cœur
La bombe humaine, c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin
C’est…

La bombe humaine c’est l’arme de demain
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Si tu laisses quelqu’un prendre ce qui te tient

C’est…

La bombe humaine c’est l’arme de demain
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Si tu laisses quelqu’un prendre ce qui te tient
C’est la…

(Téléphone)

Aubert, Marienneau, Kolinka, Bertignac

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TOUT DANS LE MONDE (Aron Kurtz)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020



Illustration: Tamara Lunginovic  
    
TOUT DANS LE MONDE

Tout dans le monde
Est en attente du Messie.
Tout attend un libérateur. Galilée
Libère les planètes,
Copernic la terre,
Popov et Marconi les ondes,
Prométhée, Edison et Steinmetz libèrent la lumière,
Einstein libère toutes les particules du ciel en des
millions de directions,
Moïse libère son peuple ;
Lincoln les esclaves, et Marx, des illusions séculaires,
Lénine libère son pays et tous ses peuples, Maïakovski et
Whitman libèrent le poème, le peuple soviétique
libère le monde
De l’arrogance des nazis,
Pasteur, Mechnikov et Ehrlich
Libèrent des fléaux l’humanité, Chagall libère
L’homme avec les couleurs qui l’entourent,
De l’inertie du nulle part, la forêt
De la peur de l’homme
Et l’homme de la peur de la forêt.
Tout dans le monde
Est en attente du Messie, tout attend
Un libérateur.
Seuls ceux-là qui ne peuvent voler veulent vous apprendre
L’art de ramper.

(Aron Kurtz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ma main et la pierre (Kettly Mars)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



pierre dans la main 

Ma main et la pierre,
sage rébellion de particules
tenant dans ma paume.
J’ai fait mienne sa réalité
grise, lourde et ovale.
Pierre millénaire
jusqu’en son cri
elle ne se prétend autre chose
qu’un défi à l’oubli.

(Kettly Mars)

Illustration

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Encore plus loin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Encore plus loin

Encore plus loin
que la route qui mène nulle part

(Stanislas Rodanski)

Tout entre
en résonance
chez les mordus d’éternité

insurgés plein soleil
toujours prompts au rebond
pied au plancher

ceux-là sont semblables
à des capteurs de particules
soufflées par les vents solaires

ne sommes-nous plus
que des pianos désaccordés
disent-ils

n’avons-nous plus rien
à faire entendre
aurions-nous égaré le verbe

capable
de faire résonner
notre la souverain

écoutons vraiment
écoutons
au plus chaviré

écoutons
ce bleu ardent
la plus ancienne lumière du monde

arpentant ses pistes enflammées
nous pouvons tout délaisser
nous retrouvons notre espace

notre souffle
notre centre
le centre des centres

celui qui se laisse porter
emporter par l’ardeur
est un archange de l’énergie

aimanté
sans fin par l’oeil
de la cible

il enlace les angles morts
glisse en bulle d’éternité
entre deux vies

calligraphiant une poésie ultrasensible
qui défie toute gravité
à l’écoute du chant

au fond des impasses
ou des neurones
il danse à chaque respiration

il sait le secret cher à Michaux
d’une pente
qui dévale vers le haut

bouche d’ombre
en souffle continu
frère d’embuscade

tourbillon somnambule
il retrace l’histoire de la lumière
à travers les espaces-temps

empli tout entier
d’un oui qu’il offre
à perte de coeur

il ne fait qu’un avec le mystère
et sa dimension frémissante
il vibre et vibre encore

une confiance étrange
nous vient soudain
étrange autant qu’illimitée

qui traverse le chant
à l’écoute de l’intuition fusante
à l’écoute du bleu ardent

comment laisser flotter les choses
en rebelle éveillé
comment se redonner de l’espace

comment retrouver cet art
si parfait
du contrôle des accidents

l’absolue justesse
du tempo de l’univers
le continuum de l’énergie

dix mille photons
lancés il y a cinq millions d’années
par quelque géante gazeuse

percutent à l’instant
notre rétine
larmes à ciel ouvert

se dessine
devant nos yeux éblouis
une perle de pur enthousiasme

plus démesurée
plus abyssale même
que le désespoir

sortons du labyrinthe
chevauchons le bleu ardent
captons l’alexandrin du big bang

(Zéno Bianu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Je pleure … de Beauté (Viviane-Josée Restieau)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



Je pleure … de Beauté
Tellement un Grand est Grand
Quand il est si simple
Il est particule d’Amour à la Source
Il n’a rien à dire
Il ressent, Il émet
Il unifie ceux qui sont prêts
Sans le savoir car
Le Grand ne le sait pas lui-même
Le silence déploie son souffle
Et le vent emporte son étincelle divine …
… Étincelle qui Elle-même
Viendra éclore l’Innocent
Le Grand sait qu’il ne sait pas,
Qu’il ne sait plus.
Il devient …
Il devient …
Il devient …
… l’Unité de l’Instant au cœur de la Vie
Il s’est quitté pour se répartir
Sans le savoir
Dans l’Infini Récepteur du Tout : …
… Battement du Cœur Universel.

(Viviane-Josée Restieau)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

 

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Les particules (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018




    
les particules
qui tombent comme limaille prévue
lorsque la pensée frôle les choses

Chute aussi naturelle que celle de la pluie

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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HORIZON (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

HORIZON

Tu te voues au néant,
tu te brûles
dans le dégel, tu
dores de genêts les falaises.

Mon souffle
se brise en toi. Je suis
particule
de l’amas qui te compose,
cendre — planant

dans ton second ciel, dans le bleu
que j’ai extrait du bleu
du matin.

Et la demi-parole reste
dans nos poumons haletants, mêlant
l’excès de feu au manque,
et au mot qui nous conduira
au-delà de nous-mêmes —

ici, où la terre durcie
nous donne l’assaut, transpercée
par l’alêne ravageuse du vent.

(Paul Auster)

Illustration: ArbreaPhotos

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