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Poésie

Posts Tagged ‘partie’

Ce xénophobe schizophrène (Sylvain Tesson)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



Illustration: Kazuya Akimoto
    
Ce xénophobe schizophrène
n’aimait que l’autre partie de lui-même.

(Sylvain Tesson)

 

Recueil: Une très légère oscillation
Traduction:
Editions: Equateurs

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Le mouvement perpétuel (Delphine Popović)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019




    
Le mouvement perpétuel

Le désespoir même s’est lassé désormais
de rejouer la partie que je perds toujours
où il m’attend sans surprise
embusqué au bord du chemin
pour m’offrir un moment sa compagnie glacée
et s’éloigne
laissant entre nous la distance de son ombre
qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide
dans l’abîme des rêves sans lumière
que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube
tremblant au fond du chemin.

(Delphine Popović)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: L’ouverture du miroir et autres poèmes

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L’Arlequin décontenancé (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019



Illustration
    
L’Arlequin décontenancé

Je me demande un peu ce qui m’arrive
il a dû y avoir quelque erreur de ma part
gaffe impair inadvertance faux pas
balourdise faute bêtise imprudence
encore une fois je n’apprendrai donc jamais

C’est que ça chauffe bouge grille gratte
grogne grouille tremble grince remue
bruisse murmure marmonne frissonne
craque gronde grignote s’agite gargouille
et de plus en plus

Si seulement je pouvais me souvenir
de la personne qui me l’a remis
si c’est bien quelqu’un qui me l’a remis
ou de celle à qui je dois le remettre
s’il est encore possible de le remettre à quelqu’un

Sinon je ne sais vraiment pas ce que je vais faire
c’est que j’ai de plus en plus l’impression
que cela fait partie de mon propre corps
et j’ai l’impression que l’on me regarde
de plus en plus

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Ô conscience (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




    
Ô conscience, à laquelle il faut toujours et toujours, des événements !
Il suffit que tu sois, et sois éveillée pour être remplie
Toujours tu préfères le hasard au vide et le chaos au zéro.

Tu es faite pour toute chose,
et tu fais n’importe quelle chose pour subsister.
Et quel monstre que tu fasses, tu veux lui donner une signification, ne pas l’avoir vu en vain…

Et invinciblement aussi, tu te divises,
tu préfères quelqu’une de tes parties.
Tel fantôme sera le roi des autres.
Telle parole sera plus puissante.
Telle idée plus étendue,
plus maîtresse que son instant.

— Adieu

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Poème (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2019




    
Poème

Je connais les douces parties de l’âme et ce qu’elle aime que l’on touche,
comme il en est des plus sensibles lieux les plus sensibles de notre corps.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si tu as touché mon corps (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Lauri Blank -    (1)

Si tu as touché mon corps
draine dans tes doigts beaucoup de lumière
ne t’en va pas avec le désir
alourdissant tes reins comme une obsession de plomb
si tu as touché mon corps
éteins tes prunelles et laisse vierge le silence

celles qui sont parties sans rien dire
avec leurs mains chaudes et humides
ont eu autre chose que mon sourire

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Lauri Blank

 

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Un pétale qui tombe (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
Un pétale qui tombe
frôle ma pensée.
Mes pensées, en tombant,
frôleront-elles aussi un pétale ?

Pétales et pensées
devraient tomber ensemble
comme s’ils faisaient partie
de la même fleur.

Ou comme si un jour ils en feraient.

***

Un pétalo al caer
roza mi pensamiento.
Mis pensamientos, al caer,
¿rozarán también un pétalo?

Pétalos y pensamientos
deberían caer juntos,
como si hubieran sido parte
de la misma flor.

O como si alguna vez fueran a serlo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Que faire avec ce qui est flétri ? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Que faire avec ce qui est flétri ?
Le cacher, l’enterrer
ou le placer comme une fleur
entre les feuilles d’un livre ?

Ce qui est flétri préfère rester en nous,
tomber, se réfugier ici
jusqu’à se changer en poussière.
Alors cela fait déjà partie de nous
et accompagne notre flétrissement.

Et nous, sur qui tomberons-nous ?
Où poursuivre notre dérive vers la poussière ?
Y a-t-il pour nous garder un autre endroit
où la poussière fleurirait
derrière tant d’ombre ?

Il suffit, qui sait, d’un endroit moins furtif
où un rayon de soleil éclaire la poussière.
Il se peut que toute flétrissure
n’attende seulement
que ce coup de lumière.

***

¿ Qué hacer con lo marchito?
¿ Esconderlo, enterrarlo
o ponerlo como una flor
entre las hojas de un libro?

Lo marchito prefiere estar en nosotros,
caer, refugiarse aquí,
basta que se convierta en polvo.
Entonces ya forma parte de nosotros
y nos acompaña a marchitarnos.

Y nosotros ¿en quién caeremos?
¿ Dónde proseguir nuestra deriva hacia el polvo?
¿ Habrá otro lugar para guardarnos,
donde el polvo florezca
detrás de tanta sombra?

Tal vez baste un sitio menos furtivo
donde un rayo de sol alumbre el polvo.
Quizá todo lo marchito
espere únicamente
ese golpe de luz.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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J’ai dans les mains (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019



    

J’ai dans les mains quelque chose d’épuisé.
il se peut que cela n’appartienne plus à la vie
et soit un scion anticipé de la mort.

Sa matière desséchée
ne semble plus être matière.
Sa couleur est un vernis d’emprunt.
Sa consistance, une pâleur dans le vent.

Si pour se rendre libres
mes mains le lâchaient,
cela n’arriverait même pas au sol.
Pourtant,
mes mains ne peuvent plus le lâcher.

Ce qui est épuisé
est notre partie la plus inséparable.

***

Llevo algo agotado entre las manon.
Tal vez no pertenezca ya a la vida
y sea un gajo anticipado de la muerte.

Su materia reseca
no parece ya materia.
Su color es un barniz prestado.
Su consistencia, una palidez en el viento.

Si para quedar libres
mis manos lo dejaran caer,
no llegaría ni siquiera al suelo.
Sin embargo,
mis manos ya no pueden soltarlo.

Lo agotado
es nuestra parte más inseparable.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Dehors Dedans (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
Dehors Dedans

Quand je ferme les yeux je vois des points brillants
un pan de ciel en moi et ses milliers d’étoiles
Si je rouvre les yeux par une nuit très claire
je fais partie du ciel qui fait partie de moi

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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