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Poésie

Posts Tagged ‘parvenir’

Mémoire 1966-1967 (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022




Illustration: Frédéric Rébéna
    
Mémoire 1966-1967

Il y a sûrement une porte
mais il faudrait la trouver
une porte dans le ciel gris qui ouvrirait sur un pré
Ici c’est l’hiver mais une fois la porte ouverte
on entrerait dans l’été
Ici c’est gris étouffé cendres serrées et murailles closes
mais si on parvenait à ouvrir la porte
un plein soleil de coquelicots
d’herbe fraîche et de campanules
vous rirait au nez

Si on trouvait la porte
qui se cache dans les corridors
on aurait de nouveau la vie devant soi
avec le soleil retrouvé
la permission de tout recommencer

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Désir inespéré (Catulle)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022


désir

Qui parvient à assouvir le désir inespéré,
éprouve la plus grande joie de l’âme.
Ainsi toi aussi tu m’apportes une joie plus précieuse que l’or
quand tu reviens à moi qui te désire,
et je te désire sans espérer, et toi tu reviens à moi.
Ô jour plus splendide que tout autre!
Qui est plus heureux que moi, qui pourra dire
qu’il y a quelque chose de plus désirable dans ma vie?

(Catulle)

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La mouche traverse la fenêtre (Baiyun Shouduan)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2022




    
La mouche traverse la fenêtre
En quête de lumière, elle cherche à traverser,
Mais elle n’y parvient pas, que de difficultés!
Soudain elle découvre par où elle est venue
Et comprend qu’autrefois ses yeux étaient aveugles.

(Baiyun Shouduan)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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Je ne peux vous donner qu’un unique conseil (Wang Fanzhi)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022




    
Je ne peux vous donner qu’un unique conseil:
Coupez les soucis, oubliez le karma.
Les paroles habiles n’y parviennent jamais,
Usez de votre coeur afin de le transmettre.

(Wang Fanzhi)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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Devenir chat (Guillaume d’Aquitaine)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Devenir chat

L’élégance regarda la femme et après l’avoir adorée
Voulut la surpasser.
Elle y parvint en prenant lignes, chevelure
Et yeux de verre, en devenant chat, l’être le plus beau.

(Guillaume d’Aquitaine)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:Béatrice Mandopoulos
Editions: Omnibus

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SYMPHONIE (Touria Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2022




    
SYMPHONIE

Mes yeux ne cessent de chercher ta présence
dans cette opaque nuée
ne parvenant à te révéler qu’à moitié
mêlant sa substance primordiale
à la vérité de ton souffle
le secret et le chuchotement de tes signes
au parfum de tes sphères
J’en prends plein les narines
au coeur de cette effusion divine
Je tourbillonne dans les dédales de mes pensées
sans savoir si elles m’appartiennent réellement
ou si je te les emprunte par allusion
du moins voudrais-je te les prêter
pour qu’ensemble nous les habitions

Quelles pensées!
Autant de couleurs incarnant l’arc-en-ciel
dont elles épousent la composition
plus subtiles encore
car exhalant une gamme de transparences
se déclinant comme une symphonie
comme une dévotion
une caresse
la céleste sensation…

(Touria Iqbal)

 

Recueil: Anthologie des femmes poètes du monde arabe
Traduction: Maram al-Masri
Editions: Le Temps des Cerises

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Inventaire (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022




    

Inventaire

De quelles soies se sont faits tes doigts,
De quel marbre tes cuisses lisses,
De quelles hauteurs est parvenue à ta démarche
La grâce de chamois avec laquelle tu chemines.

De quelles mûres matures s’est extrait
Le goût acidulé de ton sein,
De quelles Indes le bambou de ta taille,
L’or de tes yeux, d’où est-il venu

A quel balancement de vague vas-tu chercher
La ligne serpentine de tes hanches,
Où naît la fraîcheur de cette fontaine
Qui sort de ta bouche quand tu ris

De quels bois marins s’est détachée
La feuille de corail de tes portes,
Quel parfum t’annonce quand tu viens
M’encercler de désir aux heures mortes.

***

Inventário

De que sedas se fizeram os teus dedos,
De que marfim as tuas coxal lisas
De que alturas chegou ao teu andar
A graça de camurça com que pisas.

De que amoras maduras se espremeu
O gosto acidulado do teu seio,
De que indias o bambu da tua cinta,
O oiro dos teus olhos, donde veio.

A que balanço de onda vais buscar
A linha serpentina dos quadris,
Onde nasce a frescura dessa fonte
Que sai da tua boca quando ris

De que bosques marinhos se soltou
A folha de coral das tuas portas,
Que perfume te anuncia quando yens
Cercar-me de desejo a horas mortas

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Peut-être, au-delà du tournant de la route (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Peut-être, au-delà du tournant de la route
y a-t-il un gouffre, et peut-être un château fort,
Et peut-être tout bonnement la continuation de la route.
je n’en sais rien et je ne pose pas de questions.
Tant que je marche sur la route avant le tournant,
je me contente de regarder la route avant le tournant,
puisque je ne peux voir que la route avant le tournant.
Je n’en serais pas plus avancé si je regardais de l’autre côté
Et de celui que je ne vois pas.

N’ayons cure que du lieu où nous sommes.
Il est assez de beauté dans le fait d’être ici et nulle part ailleurs.
S’il y a quelqu’un au-delà du tournant de la route,
Ceux qui s’inquiètent de ce qu’il y a par-delà le tournant de la route,
C’est cela qui pour eux est la route.
Si nous devons y parvenir, en y parvenant nous saurons.
Pour l’instant nous savons seulement que nous n’y sommes pas.
Il n’est ici que la route avant le tournant, et avant le tournant
Il y a la route sans aucun tournant.

(Fernando Pessoa)

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quand parviendra-t-il à comprendre (Pûran Singh)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2021




    
Quand parviendra-t-il à comprendre

Nuit et jour
Il
Ne cessa de lutter
Avec les briques, le ciment, les pierres
Ne cessa de bâtir les maisons, les palais, les belles demeures des gens
Mais
Jamais il ne put fabriquer sa propre maison
Oui,
Il éleva ses enfants
Avec le blé, le riz et les légumineuses
Qu’il ramenait dans le pan de sa tunique
Il les fit éduquer et
Rêva
De les voir devenir de grands hommes.
Le rêve se réalisa
Ses enfants eurent des maisons, des palais, de belles demeures
En les contemplant
Il
Se mit à vaciller de joie
Et alla au temple
Commença à baiser les pieds
Des divinités qui s’y tenaient.
Je
Pleurai
Sur cette coutume qu’il avait faite sienne
Quand
Parviendra-t-il à comprendre
La différence entre les divinités du temple
Et
Ses efforts?

(Pûran Singh)

 

Recueil: Pour une poignée de ciel Poèmes au nom des femmes dalit (Intouchable)
Traduction: Traduit du Hindi par Jiliane Cardey
Editions: Bruno Doucey

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LA FORÊT AUX CERFS (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration: ArbreaPhotos
    

LA FORÊT AUX CERFS

La montagne est déserte,
je ne vois personne.
A peine me parvient
l’écho de voix lointaines.
Un dernier trait de soleil
perce la profondeur de la forêt :
sur la mousse verte,
luit un éclat de lumière.

(Wang Wei)

***

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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