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Poésie

Posts Tagged ‘parvis’

Résonance (Maggy De Coster)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



Alexander Daniloff (34) 

Résonance

Tu prends forme
Dans l’arborescence de ma vie
Tout mon être se dilue
Dans le parfum du soir
Et mes jours de brume tissés
S’allongent sur le parvis
De l’éternité en marche

Les heures qui passent
Entraînent les saisons
Dans la cadence de l’émoi
Et au clair de l’espoir
Je me dirige à pas perdus
Dans les frondaisons des souvenir

J’insère une note de paix
Dans la partition du présent
Pour la salvation des esprits en sursis

(Maggy De Coster)

Illustration: Alexander Daniloff

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Dans le Paris de Notre-Dame (Edmond Bacri),(Marius Herschkovitch)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019



 

    

Dans le Paris de Notre-Dame
De Notre-Dame de Paris
Y a un clochard qu’en a plein le dos
De porter Notre-Dame sur son dos
Il se prend pour Quasimodo
Regarde en l’air, la vie qui grouille
Au lieu de faire des ronds dans l’eau
Tu peux pas vivre comme une grenouille
Moitié sur terre, moitié sur l’eau
Moi, je préfère rester là-haut

Dans le jardin de Notre-Dame
Où l’on se fait de bons amis
Y a qu’à se promener chaque matin
Un peu de maïs au creux des mains
Les pigeons, moi, je les aime bien
Les péniches
Se fichent
Des pigeons de la Cité
Goélettes
Mouettes
Elles n’ont que ça dans l’idée

Oui, mais autour de Notre-Dame
Y a des voyages à bon marché
Et ces petits coins où le bonheur
Empêche les maisons de pousser
On l’appelle « Marché aux fleurs »
Henri Quatre
Verdâtre
Aime sous son verre de gris
La vieille flèche
Qui lèche
Le plafond gris de Paris

Et toi, sous le pont de Notre-Dame
Regarde en l’air, tu comprendras
Que si tout le monde faisait comme toi
Dans ton pinard y’aurait de la pluie
Même les ponts, ça se construit
Car pour aller de Notre-Dame
De Notre-Dame jusqu’à Paris
Il a bien fallu se mettre au boulot
Et porter de pierres sur son dos
Pour passer par-dessus l’eau

Voilà pourquoi Paris s’enroule
S’enroule comme un escargot
Pourquoi la terre s’est mise en boule
Autour des cloches du parvis
De Notre-Dame de Paris

(Edmond Bacri),(Marius Herschkovitch)

 

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Poète (Luciole)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018




    
Poète

Pour cette porte ouverte au parvis des poèmes
Mes pas aux tiens liés sur la flamme des mots
Du marchand de nuages et de l’aile des anges

Pour l’oracle lové dans la poussière d’étoiles
L’amitié océane sur le feston des vagues
L’errance amoureuse au labyrinthe obscur

Pour le rire pour le rêve pour les larmes de lune
Pour le dire et le taire pour le sang et les songes
De toutes les fibres de mon être merci

(Luciole)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

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L’ÉQUINOXE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018




    
L’ÉQUINOXE

Un coq à d’autres coqs répond. Le temps est gris,
L’équinoxe roulant ses tonneaux à grand-peine
Depuis la mer du Nord jusqu’aux bords de la Seine
À travers les odeurs, les éclairs et les cris.

Le corps décapité de l’évêque Denis
Saigne avec les raisins d’Argenteuil et Suresnes.
On enchaîne à des chars des héros et des reines.
Les temples, un à un, croulent sur les parvis

Mais, tout à l’heure encore, un arc-en-ciel de nuit
Enjambait la vallée et la lune vers lui
Roulait. Le jour parut et tout ne fut que brume.

Mérite-t-il vraiment le nom de jour, ce jour
Dont s’encrasse la ville et la vie et l’amour ?
Oui, car la flamme enfin, dans le brouillard s’allume.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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IL FAUT À CONFLANS ALLANTS ET VENANTS (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




IL FAUT À CONFLANS
ALLANTS ET VENANTS

Le quai, les arbres et l’Église,
Dans la brume de février,
Prennent des airs d’île promise,
Jette l’amarre, marinier.

Il est loin le temps des cerises,
Saurons-nous encor le goûter,
Et le bois des trousse-chemises
Refleurira-t-il cet été ?

Ne poussez plus, je vois la traîne
Longue des chalands de jadis
Quand l’herbe mangeait le parvis

Des retrouvailles de la Seine,
Avecque l’Oise couronnée
Du Pont Eiffel dans la fumée.

(Jean-Charles Michel)

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Le seuil (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017




    
Le seuil

J’ai palpé bien souvent quelqu’invisible porte,
Aprement tourmenté la clé entre mes doigts;
J’ai guetté des lueurs à travers les parois
Sans qu’un rayon jamais révélateur en sorte.

Vainement j’ai frôlé, parmi les vignes tortes,
L’impénétrable mur fait de nuit et d’effroi,
La fenêtre était close en l’or des feuilles mortes
Et l’étrange logis restait muet et froid.

Depuis j’ai déserté le seuil inaccessible;
Au mystère des bois noirs que le brouillard crible,
Je cherche le palais d’éclatante splendeur
Où des dieux inconnus se lassent de m’attendre,

Le parvis lumineux où je puisse suspendre,
Bouquet ensanglanté, l’offrande de mon coeur.

(Marie Dauguet)

 

 

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HEURE (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



 

démon

HEURE

L’HEURE me vient sourire et se faire sirène :
Tout s’éclaire d’un jour que jamais je ne vis :
Danseras-tu longtemps, Rayon, sur le parvis
De l’âme sombre et souveraine?

Voici L’HEURE, la soif, la source et la sirène.

Pour toi, le passé brûle, HEURE qui m’assouvis;
Enfin, splendeur du seul, ô biens que j’ai ravis,
J’aime ce que je suis : ma solitude est reine!
Mes plus secrets démons, librement asservis
Accomplissent dans l’or de l’air même où je vis
Une sagesse pure aux lucides avis :
La présence est toute sereine.

Voici l’HEURE, la soif, la source et la sirène,

Danseras-tu longtemps, rayon, sur le parvis
Du soir, devant l’oeil noir de ma nuit souveraine?

(Paul Valéry)

 

 

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La Porte du Soleil (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2017



La Porte du Soleil

Lorsqu’il faudra sortir du monde vert
que ce soit par la porte du soleil,
la gueule du lion, qui tourne et flambe
sur les parvis de sable,

que ce soit par des chemins de feu,
le rugissement et l’orage.

Laissons la terre aux larves, aux racines,
à la moiteur des naissances futures.

Laissons l’air qui nous trompa.
Dans le ciel où rôde la foudre
un ange bleu s’évapore.

Et que l’eau fume, la sorcière,
sur les laves incendiées.

Dans l’au-delà de la peur
règne un dieu nu
dont la mâchoire brûle.

(Jean Joubert)

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Le jour net (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017




    
Le jour net comme un parvis désert,
l’horloge arrêtée,
les marches par où le soleil monte au regard –
ce qui manque : un oiseau qui chante quelque part.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Les Neuf portes de ton corps (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Les Neuf portes de ton corps

Ce poème est pour toi seule Madeleine
Il est un des premiers poèmes de notre désir
Il est notre premier poème secret ô toi que j’aime
Le jour est doux et la guerre est si douce
S’il fallait en mourir

Tu l’ignores ma vierge à ton corps sont neuf portes
J’en connais sept et deux me sont celées
J’en ai pris quatre j’y suis entré n’espère plus que j’en sorte
Car je suis entré en toi par tes yeux étoilés
Et par tes oreilles avec les Paroles que je commande et qui sont mon escorte

Œil droit de mon amour première porte de mon amour
Elle avait baissé le rideau de sa paupière
Tes cils étaient rangés devant comme les soldats noirs peints sur un vase grec paupière rideau lourd
De velours
Qui cachait ton regard clair
Et lourd
Pareil à notre amour

Œil gauche de mon amour deuxième porte de mon amour
Pareille à son amie et chaste et lourde d’amour ainsi que lui
O porte qui mènes à ton cœur mon image et mon sourire qui luit
Comme une étoile pareille à tes yeux que j’adore
Double porte de ton regard je t’adore

Oreille droite de mon amour troisième porte
C’est en te prenant que j’arrivai à ouvrir entièrement les deux premières portes
Oreille porte de ma voix qui t’a persuadée
Je t’aime toi qui donnas un sens à l’Image grâce à l’Idée

Et toi aussi oreille gauche toi qui des portes de mon amour est la quatrième
O vous les oreilles de mon amour je vous bénis
Portes qui vous ouvrîtes à ma voix
Comme les roses s’ouvrent aux caresses du printemps
C’est par vous que ma voix et mon ordre
Pénètrent dans le corps entier de Madeleine
J’y entre homme tout entier et aussi tout entier poème
Poème de son désir qui fait que moi aussi je m’aime

Narine gauche de mon amour cinquième porte de mon amour et de nos désirs
J’entrerai par là dans le corps de mon amour
J’y entrerai subtil avec mon odeur d’homme
L’odeur de mon désir
L’âcre parfum viril qui enivrera Madeleine

Narine droite sixième porte de mon amour et de notre volupté
Toi qui sentiras comme ta voisine l’odeur de mon plaisir
Et notre odeur mêlée plus forte et plus exquise qu’un printemps en fleurs
Double porte des narines je t’adore toi qui promets tant de plaisirs subtils
Puisés dans l’art des fumées et des fumets

Bouche de Madeleine septième porte de mon amour
Je vous aie vue ô porte rouge gouffre de mon désir
Et les soldats qui s’y tiennent morts d’amour m’ont crié qu’ils se rendent
O porte rouge et tendre
O Madeleine il est deux portes encore
Que je ne connais pas
Deux portes de ton corps
Mystérieuses

Huitième porte de la grande beauté de mon amour
O mon ignorance semblable à des soldats aveugles parmi les chevaux de frise sous la lune
liquide des Flandres à l’agonie
Ou plutôt comme un explorateur qui meurt de faim de soif et d’amour dans une forêt vierge
Plus sombre que l’Érèbe
Plus sacrée que celle de Dodone
Et qui devine une source plus fraîche que Castalie
Mais mon amour y trouverait un temple
Et après avoir ensanglanté le parvis sur qui veille le charmant monstre de l’innocence
J’y découvrirais et ferais jaillir le plus chaud geyser du monde
O mon amour ma Madeleine
Je suis déjà le maître de la huitième porte

Et toi neuvième porte plus mystérieuse encore
Qui t’ouvres entre deux montagnes de perles
Toi plus mystérieuse encore que les autres
Porte des sortilèges dont on n’ose point parler
Tu m’appartiens aussi
Suprême porte
À moi qui porte
La clef suprême des neuf portes

O portes ouvrez-vous à ma voix
Je suis le maître de la Clef

(Guillaume Apollinaire)

 

 

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