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Poésie

Posts Tagged ‘passager’

Prise de bec (Hamid Tibouchi)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2022



Prise de bec Roméo
et Juliette se disputent
oh rien de grave
simple coeurelle passagère

(Hamid Tibouchi)

 

 

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Nocturne (Germaine Beaumont)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2022



Illustration: George Hyde Pownall
    
Nocturne

Des Irlandaises vendaient sous les portes
des pommes de terre qui me brûlaient les doigts.
Quel vent désolé vous apporte
Londres, mon Londres d’autrefois ?

Les chats cousaient les maisons l’une à l’autre
d’un fil noir, d’un fil roux, d’un fil blanc.
Ils faufilaient le jour et la nuit l’un à l’autre.
Des « derelicts » dormaient, distingués, sur des bancs.

La Tamise montait, mais en nappes légères
d’odeurs et de brouillards ténus.
Que de songes ainsi, dans l’ombre, sont venus
se prendre à vos chapeaux, nocturnes passagères !

L’Adelphi, vers le flot glissait en froides pentes
qu’une lanterne transperçait.
Et l’ivresse nouait sa forme titubante
aux « street lamps » qu’elle enlaçait.

Parfois un rat, qu’un bruit insolite déloge
s’enfonçait dans la vase avec un sifflement.
L’éternité bat dans vos cœurs comme une horloge,
Pèlerins de la nuit qui marchez en dormant.

J’ai frôlé, jeune encor, sans mesurer le risque,
ces épaves du temps perdu,
Cléopâtre dressant sa petite obélisque,
montrait le ciel d’un doigt tendu.

Elle perçait de l’aiguille,
votre opaque intensité,
nuit de Londres où scintille,
l’astre du déshérité.

Le bruit d’un pas, ce tendre ami des rues désertes
sonne encor dans mon souvenir.
Mon cœur attend au seuil d’une porte entrouverte,
ce qui ne peut plus revenir.

Mon cœur perçoit au loin le convoi qui déraille
avec ses morts et ses vivants.
Quelqu’un court dans la nuit derrière un brin de paille
mais c’est le vent, mais c’est le vent.

(Germaine Beaumont)

 

Recueil: Poésie au féminin
Traduction:
Editions: Folio

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VERS GNOMIQUES (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2022




    
VERS GNOMIQUES

Je t’ai vu grandir comme un arbre,
Inénarrable éternité;
Je t’ai vu durcir comme un marbre,
Indicible réalité.

Prodige dont le nom m’échappe,
Granit trop dur pour le ciseau,
Bonheur partagé par l’oiseau
Et par l’eau que le chien lappe.

Secrets qu’il faut savoir et taire!
Tout ce qui dure est passager;
Je sens sous moi tourner la terre;
Le ciel plein d’astres m’est léger.

Vous souriez, morts bien couchés;
Tout ce qui passe pourtant dure;
Les brins minces de la verdure
Sont faits du grain noir des rochers.

(Marguerite Yourcenar)

 

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE ROCHER (Michel Lermontov)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2022



Illustration: ArbreaPhotos
    
LE ROCHER

Une nuée ailée, auréole légère,
Sur le sein d’un rocher géant passa la nuit:
A l’aube elle reprit sa course passagère,
En jouant dans l’azur, sans plus penser à lui.

Mais il reste une trace humide entre les rides
Du vieux rocher qui garde un souvenir profond.
Il pense à l’infidèle amie, il se morfond
Et pleure amèrement dans le désert aride.

(Michel Lermontov)

Recueil: Michel Lermontov Poèmes
Traduction: Igor Astrow
Editions: Du Tricorne

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La vie qui va (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Charles-Trenet 8 [1280x768]

La vie qui va

{Refrain:}
C´est la vie qui va toujours
Vive la vie
Vive l´amour
La vie qui nous appelle
Comme l´amour elle a des ailes
Oui c´est elle qui fait chanter la joie
Quand tout vit c´est que tout va
Quand tout va la vie est belle
Pour vous et pour moi
Je sais bien que demain tout peut changer
Je sais bien que le bonheur est passager
Mais après les nuages
Mais après l´orage
On voit se lever joyeux
L´arc-en-ciel dans vos yeux
Tout est beau comme un mirage
Quand la vie va mieux.

Vous qui rêvez d´un désir fou
Vous qui chantez la jeunesse
Vous qui pleurez d´un air très doux
Le cœur empli de tendresse
Stop! Arrêtez-vous un instant
Écoutez la marche du temps…
Voici la vie

{au Refrain}

La vie va mieux
La vie va mieux
Pour vous et pour moi
C´est la vie qui va!

(Charles Trenet)

 

 

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Les chevaux du temps (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



Les chevaux du temps

Quand les chevaux du temps s’arrêtent à ma porte
J’hésite un peu toujours à les regarder boire
Puisque c’est de mon sang qu’ils étanchent leurs soif.
Ils tournent vers ma face un œil reconnaissant
Pendant que leurs longs traits m’emplissent de faiblesse
Et me laissent si las, si seul et décevant
Qu’une nuit passagère envahit mes paupières
Et qu’il me faut soudain refaire en moi des forces
Pour qu’un jour où viendrait l’attelage assoiffé
Je puisse encore vivre et les désaltérer

(Jules Supervielle)

Illustration: Jennifer Morrison

 

 

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Mousses et lichens (Chantal Viart)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2021



Mousses et lichens
Ephémères passagers
Mémoire du moine

(Chantal Viart)


Illustration

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Sans clés et dans le noir (Fabián Casas)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2021




    
Sans clés et dans le noir

C’était un de ces jours où tout se passe bien.
J’avais fais le ménage et écrit
deux-trois poèmes qui me plaisaient.
Je ne demandais pas plus.
Alors je suis sorti dans le couloir pour jeter la poubelle
et derrière moi, à cause d’un courant d’air,
la porte s’est fermée.
Je suis resté sans clés et dans le noir
à entendre les voix de mes voisins
à travers les portes.
C’est passager, je me suis dit ;
mais la mort aussi pourrait être comme ça :
un couloir sombre,
une porte fermée avec les clés dans la serrure
la poubelle dans les mains.

***

Sin llaves y a oscuras

Era uno de esos días en que todo sale bien.
Había limpiado la casa y escrito
dos o tres poemas que me gustaban.
No pedía más.
Entonces salí al pasillo para tirar la basura
y detrás de mí, por una correntada
la puerta se cerró.
Quedé sin llaves y a oscuras
sintiendo las voces de mis vecinos
a través de sus puertas.
Es transitorio, me dije;
pero así también podría ser la muerte:
un pasillo oscuro,
una puerta cerrada con la llave adentro
la basura en la mano.

(Fabián Casas)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: El salmón (1996) – Le Voyage du saumon –
Traduction: Traduit de l’espagnol (Argentine) par Julia Azaretto
Editions:

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Un poète (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2020



 

Un poète

Je ne vais pas toujours seul au fond de moi-même
Et j’entraîne avec moi plus d’un être vivant.
Ceux qui seront entrés dans mes froides cavernes
Sont-ils sûrs d’en sortir même pour un moment ?
J’entasse dans ma nuit, comme un vaisseau qui sombre,
Pêle-mêle, les passagers et les marins,
Et j’éteins la lumière aux yeux, dans les cabines,
Je me fais des amis des grandes profondeurs.

(Jules Supervielle)

 

 

 

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LETTRE-OCÉAN (Michel Manoll)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



lentille d'eau

LETTRE-OCÉAN

0 mon ami, lentille d’eau incrustée sur l’étang,
Je te vois comme la flamme clignotante du premier matin blanc,
Qui suspend dans l’air le sillage empanaché
D’un train caboteur qui suit la côte à petite journée.
Tu es la jarre de lait répandue dans les pâturages du ciel
Et cette étoile impatiente qui lance ses graines hors de leur gousse,
L’arbre-chanteur et son ombre de mousse.
Mais tu es aussi et surtout le disparu du bord
Qui allume la mèche sous les barils de poudre,
Le passager que l’on attendra longtemps sur le port,
Je ne sais où, dans un pays fracassé par la foudre.

(Michel Manoll)

 

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