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Posts Tagged ‘passerelle’

Pour (Martine Fourcand)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



fil d'araignée 

Pour

Pour la nuit que nous n’avons pas vécue et toutes les autres, avant
pour la patience des anges et des volcans
pour la buée sur la vitre
la rumeur de la ville
pour les larmes égarées
frayant chemin de brousse
préférant à la taille
mains écorchées gouttes qui perlent
leur goût salé
rappel
celui des larmes fouillant ravins d’âme leur goût
en plus fort en plus corps aiguës arêtes de poisson chat

Les dents aident la perle à grossir
elle s’excède et coule
devient ruisseau et fleuve qu’agitent vagues
douces et fortes et ressacs

Il ne faudrait même pas un quai
ni une passerelle

Le simple fil d’argent d’une belle araignée brune
aurait à des chaussures de funambule
fait offre de passage

(Martine Fourcand)

Illustration

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Tout en train de disparaître (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018




    
Tout
en train de
disparaître.

– Goûts, mémoire,
attachements.

La distance se creuse
de moi au soleil.

Plus aucune avidité
ne passerelle
mes mots.

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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CHOSES À EMPOIGNER ET CHOYER (Chawqi Baghdadi)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



 

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CHOSES À EMPOIGNER ET CHOYER

Il est certaines choses…

Je ne cherche pas à percer les secrets
Si j’entre dans la caverne surveillée
et franchis des murs
je ne cède à l’opium
ni ne m’abandonne aux rêves des marchands
Je sais…
Il est des portes verrouillées
des coursiers à l’inflexible croupe
des galaxies refusant le retour
des femme ignorantes de l’amour
des hommes aux sourires creux
Ce que je cherche
Je ne sais
Il est certaines choses…
Pain cuit à point
amour très pur

Certaines choses qui adviennent…
Partage entre les enfants
sincérité dite avant la mort
fleur sauvage
pointant dans la fange d’une tranchée
et donnant vaillance au combattant
histoire d’amour
née dans l’effroi
et survivant aux armes

Certaines choses qui adviennent…
Si ma main pouvait s’étendre
ne point sombrer dans l’abîme
je saisirais un appui
moi qui vacille sur l’étroite passerelle
poussé
dépassé
piétiné par un cheval
rejeté par une femme
quand un soir
je lui vouai
corps et folie
Il est des choses
qui ne peuvent grandir
sans voix pour les animer
dans tant de bruit
flûte unique
langage secret
coeur se souvenant

Il est certaines choses qui adviennent
que révèle ce monde
que nous empoignons
ne lâchons
choyons faisons croître
et offrons ailleurs.

(Chawqi Baghdadi)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos

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PASSERELLES (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018


 


Alla Chakir  7afb

 

PASSERELLES

D’un souffle sur les vitres
qui se ramifie,
se dissipe, la nuit entière,
tu recrées la confiance.

Si tendre, la paume,
les yeux grands ouverts,
aucun mur ne s’oppose
à l’aube, à l’odeur du large.

Ces fleurs qui tressaillent
entre des pierres :
qu’un mot te franchisse,
toi aussi tu es libre.

Plein été, tu dis «neige»,
ce sera «fruit », l’hiver,
le plaisir est le même
d’aller plus loin.

Le front toujours nu,
le vent des falaises,
peu importe où l’on va,
un enfant nous devance.

(Pierre Dhainaut)

Illustration: Alla Chakir

 

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Nous sommes si pauvres (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



Illustration: Jean-Claude Forez
    
Nous sommes si pauvres
et enfermés
dans notre pauvreté.

Incapables d’ouvrir
à l’amour qui porte
plus loin notre regard
nos pas, notre âme.

Nous restons sur la passerelle
ne sachant ouvrir les ailes
et nous abandonner au vide.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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Le temps de toi (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Le temps de toi

Il fait un temps fou de soleil carrousel
la végétation de l’ombre partout palpitante
le jour qui promène les calèches du bonheur
le ciel est en marche sur des visages d’escale
puis d’un coup le vent s’éprend d’un arbre seul
il allume tous les rêves de son feuillage

Belle vie où nos mains foisonnent je te coupe
je reçois en plein coeur tes objets qui brillent
voici des silences comme des revolvers éteints
mes yeux à midi comme des étangs tranquilles
les fleurs sont belles de la santé des femmes

Le temps mon amour le temps ramage de toi
continûment je te parle à voix de passerelles
beaucoup de gens murmurent ton nom de bouquet
je sais ainsi que tu es toujours la plus jolie
et naissante comme les beautés de chaque saison
il fait un monde heureux foulé de vols courbes

Je monte dans les échelles tirées de mes regards
je t’envoie mes couleurs vertes de forêt caravelle
il fait un temps de cheval gris qu’on ne voit plus
il fait un temps de château très tard dans la braise
il fait un temps de lune dans les sommeils lointains

(Gaston Miron)


Illustration: Dominique Fortin

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On partira (Sabine Péglion)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017




    
On partira

On partira c’est sûr
apppuyés l’un à l’autre

parmi le cri des mouettes
délivrant la mer
les lueurs de l’aube
inclinant l’horizon
et ce sillage au loin
qu’il nous faudra franchir

On partira c’est sûr
appuyés l’un à l’autre

Mais que ta main encore
sur la mienne se pose

passerelle de vent
occultant l’abîme

en cette course
à l’infini des jours

qu’elle inscrive sur la berge
la caresse de l’instant
la profondeur des choses
la trace de nos pas

ce sillage fragile
minutes partagées
à la saveur du vivre

(Sabine Péglion)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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LES DIMENSIONS DU JOUR (VI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017




    
LES DIMENSIONS DU JOUR (VI)

Le soleil avant de se coucher dans les carreaux
atteint sur la table la lame d’un couteau.
Les autres objets sont là, autour de lui,
à attendre la lueur qui va les faire respirer.

Le soleil se retire des champs
après avoir brisé ses lampes dans les ruisseaux.
Pour les garder longtemps au-dessus du monde
les immeubles se font hauts comme des falaises.

C’est l’heure où l’on marche sur la terre
comme sur une passerelle,
où sans te reconnaître tu te regardes dans les vitrines
que rien ne peut tout à fait éteindre.

C’est l’heure où les pierres s’endorment au fond des vallées
tranquilles comme des bateaux amarrés,
où je peux fermer les yeux jusqu’au matin
sans qu’en moi l’ombre monte autour de ton souvenir.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Alexandra (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



avion

Alexandra

Lorsque l’avion se posera
Çui qui venait du fond du ciel
Quand ell’ viendra Alexandra
Et descendra d’la passerelle
Elle arrêt’ra mes autrefois
Je sais déjà que ce s’ra elle
Cell’ qui m’prendra entre ses bras
Qui me rendra mes hirondelles
Et mes tourterelles des bois
Et puis mon chien mort ses ouahouahs

(Jean-Claude Demay)

 

 

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L’Île d’amour (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2016



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L’Île d’amour

Haute passerelle du jour
La lumière du soir éclaire les cimes des arbres
Mince chemin des âmes par-dessus les grottes obscures
Cachés sous les ailes berceuses des branches
Les oiseaux ne sondent plus le silence
Et la nuit cueille de la terre les couleurs
Comme des roses

La longue éclaircie du temps du regard
Est chance de vie où sur la rive les roses
Suspendues près de l’écume tressent la transparence
Et les êtres qui touchent d’un pied léger
Un sol que baigne un soleil oblique
N’existent que par une grâce de coeur qui sauve
Dans une île de la vue

L’arbre foudroyé est la lyre d’un dieu
Jouant les accords de la lumière dans le ciel du soir
Musique silencieuse glissant comme une rosée entre jour et nuit
Sur les faces des fleurs, des larmes de joie qui sourdent
Aux cils de l’ombre, un baume ultime
Pour l’attente trop brève
Des heures d’étoile

d’après Fragonard

(Heather Dohollau)

 Illustration: Jean-Honoré Fragonard

 

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