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Poésie

Posts Tagged ‘patiemment’

BLOC-NOTES (Michèle Garant)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



BLOC-NOTES

Dire au vent : qu’il retienne sa course
Aux bourgeons : d’éclater la lumière
Dire au grésil, dire au ciel bleu
Giboulée chante, giboulée vente.

Dire au ruisseau : sauter vert, glisser frais
Dire aux pluies : laver à grande eau les trottoirs
Et les âmes des hommes vieux
En faire lessive qui claque.

Dire aux hommes : d’être petit comme une graine
Têtu et simple, retenu confiant
Rester au fond de la terre
Attendre patiemment.

(Michèle Garant)

 

 

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AIGLE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration : Luis Pla
    
AIGLE

Les corbeaux volent en bandes
l’aigle vole seul.
(Luchino Visconti)

Si proche du ciel
vole l’aigle

seul
comme le poète

attendant patiemment
la venue du verbe

jusqu’à ce qu’enfin la plume
grince quelques lignes

hésitant encore
sur le sens

la vanité
de nommer.

***

ADELAAR

De raven vliegen in zwermen
de adelaar vliegt alleen
Luchino Visconti

De hemel zo na
vliegt de adelaar

eenzaam
als de dichter

geduldig wachtend
op de komst van het woord

tot eindelijk de pen
enkele regels krast

twijfelend nog
over de zin

de vergeefsheid
van het benoemen.

***

EAGLE

The ravens fly in swarms
the eagle flies alone
Luchino Visconti

So close to heaven
flies the eagle
lonely
as the poet

who patiently waits
the arrival of a verse

till the pen
finally scratches a few a few lines

still doubting
the sense

the idleness
of naming.

***

ADLER

Die Raben fliegen in Schwärmen
der Adler fliegt allein
Luchino Visconti

Dem Himmel so nah
fliegt der Adler

einsam
wie der Dichter

geduldig wartend
auf die Ankunft des Worts

bis endlich die Feder
einige Zeilen kratzt

zweifelnd noch
über den Sinn

die Vergeblichkeit
des Benennens.

***

ΑΕΤΟΣ
Σμήνη πετούν τα κοράκια
και πάντα μοναχός ο αετός
Luchino Visconti

Ψηλα στον ουρανό πετά ο αετός
μονάχος

σαν ποιητής
που με υπομονή αναμένει

τον κάθε στίχο
ώσπου η πένα του

γράφει μερικές γραμμές
κι ακόμα αμφιβάλει

για το θέμα
του πώς να ονομάσει

την απραξία
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη

***

AQUILA

I corvi volano a stormi
l’aquila vola da sola
Luchino Visconti

Così vicina al cielo
vola l’aquila

Solitaria
come il poeta

aspettando paziente
l’arrivo di una parola

finché infine la penna
graffia alcune linee

dubitando ancora
del senso

vano
del nominare.

***


乌鸦群地飞。
老鹰独自飞行
卢奇诺·维斯康蒂

如此接近天堂
鹰孤独地

飞翔
就像这位诗人

谁在耐心等待
一首诗的天袭

直到笔尖
最后划了几条线

仍然怀疑
这意识

这命名
的无益

***

ACVILA

Corbii zboară în stoluri
acvila zboară solitar.
Luchino Visconti

Atât de aproape de cer
zboară acvila

singură
ca un poet

răbdător așteptând
sosirea cuvântului

până când pana, în sfârșit,
zgârie câteva linii

îndoindu-se încă
de rostul

de zădărnicia
spunerii prin cuvinte.

***

ÁGUIA

Os Corvos voam em bando
a águia voa sozinha
Luchino Visconti

Tão perto do céu
a águia voa

solitária
como opoeta

esperando paciente
a chegada da palavra

até que ao fim a pluma
rasga uma linhas

duvidando no entanto
do sentido

inútil
de nomear.

***

Герман Другенбруд

ОРЕЛ

Вороны летают в стаях
Орел летает один
Лучино Висконти

Так близко к небу
летит орел

Одинок
как поэт

в терпеливом ожидании
явления слова

пока перо наконец
не нацарапает первое слово

еще сомневаясь
в его смысле

тщетность
именования

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 575 (de « Dans le courant du temps, Meditations aux Himalaya »)
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Néerlandais / Anglais / Allemand / Grec Manolis Aligizakis / Italien Emilio Coco / Chinois Zhou Dao Mo / Roumain Gabriela Căluțiu-Sonnenberg / Portugais José Eduardo Degrazia / Russe Vyacheslav Kupriyanov /
Editions: POINT / Publication prévue en 2019 par l’Harmattan

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Je t’aime (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017



Illustration: Edward John Poynter
    
Je t’aime

Je te tiens à mon poing comme un oiseau
Je te promène dans la rue avec les femmes
Je puis te rouer de coups et t’embrasser
Ô poésie
En même temps
T’épouser à chaque heure du jour
Tu es une belle figure épouvantable
Une grande flamme véhémente
Comme un pays d’automne démâté
Tu es ceinte de fouets sanglants et de fumées
Je ne sais pas si tu t’émeus
Je te possède
Je te salis de mon amour et de mes larmes
Je te grandis je te vénère je t’abîme
Comme un fruit patiemment recouvert par la neige.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Retouche à la vieillesse (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017



    
retouche à la vieillesse

l’éboulement du bonheur
patiemment amassé de silence en silence
fait de cette heure la dernière pyramide

l’Éternel y habite la chambre vide

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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La statue (Robert Calmel)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017



Illustration: Praxitèle
    
La statue

Pourquoi cette statue antique
D’une déesse en marbre blanc
A la nudité impudique
A-t-elle un attrait si troublant?

Je trouve admirable sa pose.
Je resterais à rêvasser
Devant cette oeuvre grandiose
Sans jamais pouvoir me lasser.

L’artiste durant des semaines.
A dû parfaire patiemment
Ce chef-d’oeuvre afin qu’il devienne
Un véritable enchantement.

J’essaie d’imaginer celle
Qui a transfiguré sa main,
Aujourd’hui il ne reste d’elle
Ou’une sculpture au corps divin

(Robert Calmel)

 

Recueil: Pétales d’Or

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S’il y a une chose en mathématique (Alexandre Grothendieck)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



    
S’il y a une chose en mathématique
qui me fascine plus que toute autre,
ce n’est ni le nombre, ni la grandeur,
mais toujours la forme.

Et parmi les mille et un visages
que choisit la forme pour se révéler à nous,
celui qui m’a fasciné plus que tout autre
et continue à me fasciner,
c’est la structure cachée
dans les choses mathématiques.

La structure d’une chose n’est nullement une chose
que nous puissions « inventer ».
Nous pouvons seulement la mettre à jour patiemment,
humblement en faire connaissance, la « découvrir ».

(Alexandre Grothendieck)

 

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Un homme rentre chez lui (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2017



 

Margarita Sikorskaia -  )

Un homme rentre chez lui

Un homme rentre chez lui au crépuscule.
Il a travaillé dur dans les champs toute la journée.
Ses enfants poussent des cris et des hurlements.
Sa femme ronchonne et maugrée.

Il s’assied sur sa vieille chaise en bois.
Il raccommode silencieusement un trou à sa culotte.
Ses enfants continuent à pousser des cris et des hurlements.
Sa femme ronchonne et maugrée.

Sa femme lui tend de la nourriture.
Ils ne disent rien pendant qu’il mange
Ses enfants continuent à pousser des cris et des hurlements.
Sa femme ronchonne et maugrée.

Si seulement ils pouvaient faire la conversation
Paisiblement, calmement, patiemment !
Si seulement ils pouvaient s’embrasser
Chaleureusement, doucement, tendrement !

(Pensées celtiques)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

 

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Amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2015



trottoir

 

Tout doucement, il s’est couché sur le trottoir plat,
Le trottoir part à toute vitesse.
Il s’est assis par terre
Et son siège s’envole.
Il n’espère plus de repos que sur la tête de ses enfants,
Il les attend patiemment.

(Paul Eluard)

 

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L’Etre (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015



 

Catherine Réault-Crosnier   i02-34

… L’Etre qui patiemment se meut à travers tout

(André Frénaud)

Illustration: Catherine Réault-Crosnier 

 

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