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Poésie

Posts Tagged ‘patient’

La cigale (Luo Binwang)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
La cigale

La voix de la cigale a résonné du côté de la route occidentale ;
Elle jette dans une rêverie profonde l’hôte qui porte une coiffe du sud.
Comment supporterais-je patiemment la vue de ce frêle insecte,
Qui vient, tout près de ma tête blanche, répéter son chant douloureux !
La rosée, trop lourde pour ses ailes, appesantit sa marche, et l’empêche de prendre son vol
Le vent, qui souffle avec violence, emporte ses cris étouffés.
Les hommes ne veulent pas croire à ce qu’il y a de pur et d’élevé dans le secret de son existence
Puis-je espérer qu’il s’en trouve un, pour faire connaître à tous ce que renferme mon coeur

(Luo Binwang)

(milieu du VIIe-début du VIIIe siècle)

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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JEUNESSE (Rainer-Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022



Illustration: ArbreaPhotos
    
JEUNESSE

Un chant, comme tombé des étoiles,
se répand loin dans la campagne.
C’est comme si, dans de lointaines
tavernes ceintes de vignes, se
trouvaient des gens heureux.

Il plane sur mes promenades,
il chante dans mon repos ;
je vais comme dans de profonds jardins
et sais : toutes les fleurs attendent
patiemment une même splendeur.

(Rainer-Maria Rilke)

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TON SOUVENIR EST COMME UN LIVRE… (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022




    
TON SOUVENIR EST COMME UN LIVRE…

Ton souvenir est comme un livre bien-aimé,
Qu’on lit sans cesse, et qui jamais n’est refermé,
Un livre où l’on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D’un rêve nostalgique, où l’âme se tourmente.
Je voudrais, convoitant l’impossible en mes voeux,
Enfermer dans un vers l’odeur de tes cheveux,
Ciseler avec l’art patient des orfèvres
Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;
Emprisonner ce trouble et ces ondes d’émoi
Qu’en tombant de ton âme, un mot propage en moi :
Dire quelle mer chante en vagues d’élégie
Au golfe de tes seins où je me réfugie ;
Dire, oh surtout ! tes yeux doux et tièdes parfois
Comme une après-midi d’automne dans les bois ;
De l’heure la plus chère enchâsser la relique,
Et, sur le piano, tel soir mélancolique,
Ressusciter l’écho presque religieux
D’un ancien baiser attardé sur tes yeux.

(Albert Samain)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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BELLE A COUPER LE SOUFFLE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2022




Illustration: Andrzej Malinowski
    
BELLE A COUPER LE SOUFFLE

Belle à couper le souffle à prendre par la main
belle à faire mûrir les grappes avant mai belle
à faire minuit s’éveiller le matin
Claire odeur des foins quand on vient de faner
parfum des feux d’automne au fin fond des
jardins Claire douce et lisse comme un fil de la
Vierge Claire comme la joue des collines de
thym Claire comme le clair qui de la mer émerge
Claire mon île aux vents cascades aux cheveux
noirs Claire toi qui tutoies la neige et le soleil
Claire ma chaude plage frange du ciel au soir
plus brûlante aux miroirs que le feu qui s’éveille
plus fraîche aux pas du vent que le sable mouillé
plus douce aux yeux patients que fumée sur la
mer plus droite aux yeux éblouis que lampes
allumées Claire mon amandier Claire mon arbre
vert Claire cigale été mica sable vent flots bleu
du vent bleu du sang bleu du blanc bleu du ciel des
cheveux des chevaux et des eaux bleu des
gouttes de pluie sur l’ardoise glissant Claire mon
coeur battant pigeon noir pigeon bleu écoute mon
souci mon mal mon vain aveu

Tout le jour tout le soir et lorsque l’aube vient
entendre mille pas qui ne sont pas le tien.

(Claude Roy)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Il faut nous replier en nous-mêmes (Yvan Goll)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021



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Il faut nous replier en nous-mêmes
La pierre silencieuse est sage
Le trèfle rouge est bon
Solitaire et simple
Soyons solitaires
Et patients

(Yvan Goll)

Illustration

 

 

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Reconnaître la présence du mystère (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2021




    
Reconnaître la présence du mystère
dans les plus humbles parcelles du monde
comme au plus intime de chaque être,
faire en sorte que l’écriture
l’atteste par son accueil,
par ses efforts patients ou aventureux
pour devenir poème.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Poussant la porte (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2020




    

Poussant la porte puis faisant un pas,
comme il est interminable pour un patient,
ce long couloir.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Graine d’amour (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2020



 

Illustration: Oleg Zhivetin
    
Graine d’amour

Ô toi, si loin de mes regards,
c’est à Dieu que je te confie.
Tu m’as brûlé l’âme, pourtant
moi, je t’aime plus que ma vie.
Tant que je ne tirerai pas
le pan de mon linceul sous terre,
Ne crois pas que j’ôte ma main
du pan de ta robe légère.
Laisse-moi voir l’arcade sainte
de tes sourcils : au petit jour,
J’étendrai les bras pour prier
et les mettre autour de ton cou.
Même si je dois m’adresser
à l’ange déchu de Babel,
Je ferai cent tours de magie
pour te ramener, ô ma belle !
Je voudrais mourir avant toi,
ô mon médecin infidèle !
Vas donc ausculter ton patient :
je suis dans une attente telle !
J’ai fait ruisseler de mes yeux
sur mon sein cent ruisseaux de larmes,
pour arroser les grains d’amour
que je sèmerai dans ton coeur.
Le Bien-Aimé versa mon sang,
me sauvant des peines de coeur :
Voici ton clin d’oeil assassin
qui me transperce comme une arme.
Mais je pleure, et mon seul désir,
au sein de ce torrent de larmes,
C’est de pouvoir semer en toi
la seule graine de l’amour.
Sois généreux ! Reçois-moi donc,
pour que, dans l’ardeur de mon âme,
Mes larmes tombent à tes pieds,
comme des perles, tour à tour.

Vin, amour et libertinage,
Hâfez. ne sont pas ton partage ; –
Et pourtant. c’est ce que tu fais.
Tant pis pour toi, c’est bien dommage

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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ESPECE DE CHANSON (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

ESPECE DE CHANSON

QUE le serpent attende sous
sa mauvaise herbe
et l’écriture
ait des mots lents et rapides, prompts
à frapper, patients,
éveillés.

— que la métaphore réconcilie
les hommes et les pierres.
Compose. (Aucune idée
sinon dans les choses) Invente !
Saxifrage est ma fleur qui fend
le roc.

***

A SORT OF A SONG

LET the snake wait under
his weed
and the writing
be of words, slow asid quick, sharp
to strike, quiet to wait,
sleepless.

— through metaphor to reconcile
the people and the stones.
Compose. (No ideas
but in things) Invent !
Saxifrage is my flower that splits
the rocks.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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Que le serpent attende sous son herbe (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Que le serpent attende sous
son herbe
et que l’écriture
soit de mots, lents et rapides, prompts
dans l’attaque, patients dans l’attente,
vigilants.

– par la métaphore réconcilier
les êtres et les pierres.
Composer. (il n’est d’idées
que dans les choses.) Inventer!
saxifrage est ma fleur qui fend
les rochers.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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