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Poésie

Posts Tagged ‘patienter’

Plus haut que toi (Jean-Baptiste Para)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Illustration: Coral Lefaix
    
Plus haut que toi, ton silence patiente
comme un panier de prunes bleues.

(Jean-Baptiste Para)

 

Recueil: La faim des ombres
Traduction:
Editions: Obsidiane

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C’était ma douleur (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018




    
C’était ma douleur blanchie à la chaux.
Tu patientes, étendue sur les feuilles recueillies.
Il faut pouvoir ressembler au vent.
Tu voles. Tu chantes.
Je t’aime pour chaque branche,

C’était un sourire sur nos doigts fiévreux.
Une étrange silhouette détachée du soir :
Elle découvrait, pour nous, le monde.
Mais seule tu voyais.

Je te crois, je t’influence, je t’obéis.
Un mur nous réunit:
Jamais tu n’as le même visage.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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CINQ AUTRES CHOSES (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Johann Wolfgang von Goethe

    

CINQ AUTRES CHOSES

Qu’est-ce qui m’abrège le temps ?
L’activité !
Qu’est-ce qui l’allonge insupportablement ?
L’oisiveté !
Qu’est-ce qui te plonge dans les dettes ?
Attendre et patienter !
Qu’est-ce qui engendre le gain ?
Ne pas délibérer longtemps !
Qu’est-ce qui procure l’honneur ?
Se défendre!

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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L’éphémère (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



    

L’éphémère

Tant d’éphémères mains, tant de vent
Ce soir
Tarde la magique lueur

Et ton nom est incertain
Parmi de pauvres roses
Ton nom défait les fleuves où la lumière nage

J’ai patienté pour accueillir
Longue ta voix le long de longues herbes

Mais tu es seul parmi la pierre des étoiles
Ta voix prolonge la source des vivants

J’attends pour te reprendre de n’être qu’un langage.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Post-Scriptum (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
Post-Scriptum

Écartez-vous de moi qui patiente sans bouche;
A vos pieds je suis né, mais vous m’avez perdu
Mes feux ont trop précisé leur royaume;
Mon trésor a coulé contre votre billot.

Le désert comme asile au seul tison suave
Jamais ne m’a nommé, jamais ne m’a rendu.

Écartez-vous de moi qui patiente sans bouche :
Le trèfle de la passion est de fer dans ma main.

Dans la stupeur de l’air où s’ouvrent mes allées,
Le temps émondera peu à peu mon visage,
Comme un cheval sans fin dans un labour aigri.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’AIR FERMÉ (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



L’AIR FERMÉ

étau de tête

la force limite
nette
de plus en plus vite
la tête va heurte
dans la force qui serre

dans la cage
de plus en plus vite
le coeur bat

coeur serré
tête fermée

double tour

***

on patiente

et le poids s’en va
on ne sait pas pourquoi
il s’éloigne
un peu

reste une douleur
comme un remous
une agitation trouble
et quelques mots
reviennent

(Antoine Emaz)

Illustration: Misha Gordin

 

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CHANT FUNEBRE (Bedros Tourian)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



 

CHANT FUNEBRE

Voici que s’approchent les heures de ma mort,
Je ne ressens plus toutes mes douleurs,
Je me sépare de toi, ma charmante fleur,
Mais mes pauvres yeux ne cessent de te voir,
Comment me séparer, mon amour est si ardent
Mais c’est inutile, c’est Dieu qui est mon maître.

Patiente un peu, ô mort terrible,
N’as-tu pas pitié de mon cœur douloureux ,
Patiente un peu que je tienne mon amour
Et après cela que je dorme tranquille.
Comment me séparer, mon amour est si ardent
Mais c’est inutile, c’est Dieu qui est mon maître.

Quand je pense que dans un ou deux heures,
Vont me recouvrir, la terre et les vers,
Vont me percer, me perforer de tous côtés,
Mon tendre corps vont le sacrifier.
Comment me séparer, mon amour est si ardent
Mais c’est inutile, c’est Dieu qui est mon maître.

(Bedros Tourian)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Steve Emmett

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Je tisse avec le fil du temps (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2017



Illustration: Carol Cavalaris
    
Je tisse
avec le fil du temps
l’histoire du rêve et la mémoire de l’attente
maille
mot
mot
maille
je fais patienter la douleur du manque
et l’avidité du corps
j’écoute le récit de mes gazelles et de mes oiseaux
je n’entends pas les tempêtes souffler à l’extérieur
je ne vois pas la neige endormie
dans mon lit

Moi
qui offre
mes entrailles au printemps
et qui fait naître
de mes doigts
l’arc-en-ciel

(Maram al-Masri)

 

Recueil: Par la Fontaine de ma Bouche
Traduction: Maram al-Masri – Bruno Doucey
Editions: Bruno Doucey

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A quoi bon se pendre (Pierre Autin-Grenier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



A quoi bon se pendre,
alors qu’il suffit de patienter un petit moment
pour mourir dans des draps propres ?

(Pierre Autin-Grenier)

Illustration

 

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La valse à mille temps (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



La valse à mille temps

Au premier temps de la valse
Toute seule tu souris déjà
Au premier temps de la valse
Je suis seul et je t’aperçois

Et Paris qui bats la mesure
Paris qui mesure notre émoi
Et Paris qui bats la mesure
Murmure, murmure tout bas

Une valse à trois temps
Qui s’offre encore le temps
Qui s’offre encore le temps
De s’offrir des détours
Du côté de l’amour
Comme c’est charmant

Une valse à quatre temps
C’est beaucoup moins dansant
C’est beaucoup moins dansant
Mais tout aussi charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à quatre temps

Une valse à vingt temps
C’est beaucoup plus troublant
C’est beaucoup plus troublant
Mais beaucoup plus charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à vingt ans

Une valse à cent temps
Une valse à cent ans
A chaque carrefour
Dans Paris que l’amour
Rafraîchit au printemps

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
De patienter vingt ans
Pour que tu ai vingt ans
Et pour que j’ai vingt ans

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Offre seule aux amants
Trois cents trente-trois fois le temps
De bâtir un roman

Au deuxième temps de la valse
On est deux, tu es dans mes bras
Au deuxième temps de la valse
Nous comptons tous les deux une, deux, trois

Et Paris qui bats la mesure
Paris qui mesure notre émoi
Et Paris qui bats la mesure
Nous fredonne, fredonne déjà

Une valse à trois temps
Qui s’offre encore le temps
Qui s’offre encore le temps
De s’offrir des détours
Du côté de l’amour
Comme c’est charmant

Une valse à quatre temps
C’est beaucoup moins dansant
C’est beaucoup moins dansant
Mais tout aussi charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à quatre temps

Une valse à vingt temps
C’est beaucoup plus troublant
C’est beaucoup plus troublant
Mais beaucoup plus charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à vingt ans

Une valse à cent temps
Une valse à cent ans
A chaque carrefour
Dans Paris que l’amour
Rafraîchit au printemps

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
De patienter vingt ans
Pour que tu ai vingt ans
Et pour que j’ai vingt ans

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Offre seule aux amants
Trois cents trente-trois fois le temps
De bâtir un roman

Au troisième temps de la valse
Nous valsons enfin tous les trois
Au troisième temps de la valse
Il y a toi, y’a l’amour et y’a moi

Et Paris qui bats la mesure
Paris qui mesure notre émoi
Et Paris qui bats la mesure
Laisse enfin éclater sa joie

Une valse à trois temps
Qui s’offre encore le temps
Qui s’offre encore le temps
De s’offrir des détours
Du côté de l’amour
Comme c’est charmant

Une valse à quatre temps
C’est beaucoup moins dansant
C’est beaucoup moins dansant
Mais tout aussi charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à quatre temps

Une valse à vingt temps
C’est beaucoup plus troublant
C’est beaucoup plus troublant
Mais beaucoup plus charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à vingt ans

Une valse à cent temps
Une valse à cent ans
A chaque carrefour
Dans Paris que l’amour
Rafraîchit au printemps

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
De patienter vingt ans
Pour que tu ai vingt ans
Et pour que j’ai vingt ans

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Offre seule aux amants
Trois cents trente-trois fois le temps
De bâtir un roman

(Jacques Brel)


Illustration: Félix Vallotton

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