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Brusquement l’après-midi s’est éclaircie (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 


Brusquement l’après-midi s’est éclaircie
parce que tombe déjà la pluie minutieuse.
Elle tombe et elle est tombée. La pluie est une chose
qui sans doute succède au passé.

Qui l’entend tomber a recouvré
le temps où la chance heureuse
lui a révélé une fleur appelée rose
et la curieuse couleur du colorado.

Cette pluie qui aveugle les vitres
réjouira dans des faubourgs perdus
les noirs raisins d’une vigne dans un certain
patio qui n’existe déjà plus. L’après-midi
mouillée m’apporte la voix, la voix désirée,
de mon père qui revient et qui n’est pas mort.

(Jorge Luis Borges)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Quel poignant sentiment de solitude (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: Patrick Mahieu

    

Quel poignant sentiment de solitude
étreint le passant
quand il entend tinter au fond d’un patio
les accords aigrelets
pincés sur une guitare
qu’une voix sombre souligne
d’un murmure essoufflé

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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LE SUD (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
LE SUD

Du fond d’un de tes patios avoir regardé
les antiques étoiles,
d’un banc de l’ombre avoir regardé
ces lumières éparses
que mon ignorance n’a pas appris à nommer
ni à ordonner en constellations,
avoir senti le cercle d’eau
dans la secrète citerne,
l’odeur du jasmin et du chèvrefeuille,
le silence de l’oiseau endormi,
la voûte du vestibule, l’humidité
— ces choses, peut-être, sont le poème.

(Jorge Luis Borges)

 

Recueil: L’or des tigres
Traduction: Ibarra
Editions: Gallimard

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CLAIR DE LUNE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2017



lune_t 

CLAIR DE LUNE

Prends-moi ô nuit dans tes jardins suspendus
Dans tes patios de clair de lune et de silence
Sur tes parvis de vent et de vide.

Nuit
Bagdad penchée sur ton fleuve
Pays de la brillance et de l’oubli
Avec ton bruit de cèdres et le si lent
Cercle bleu du temps.

***

LUAR

Toma-me ó noite em teus jardins suspensos
Em teus pátios de luar e de silêncio
Em teus adros de vento e de vazio.

Noite
Bagdad debruçada no teu rio
País dos brilhos e do esquecimento
Com teu rumor de cedros e teu lento
Círculo azul do tempo.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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Amparo (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015


 

Amparo,
tu es bien seule dans ta maison,
toute habillée de blanc!

(Equateur entre le nard
et le jasmin.)

Tu l’entends, l’eau qui jaillit
merveilleuse dans ta cour
et les tendres trilles jaunes
du canari.

Tu vois trembler dans le soir
les cyprès et les oiseaux,
toi qui brodes lentement
des lettres sur le canevas.

Amparo,
tu es bien seule dans ta maison,
toute habillée de blanc!

Amparo,
et comme il est dur de te dire:
oui, je t’aime!

***

Amparo

Amparo,
!que sola estas en tu casa
vestida de blanco!

(Ecuador entre el jazmin
y el nardo.)

Oyes los maravillosos
surtidores de tu patio,y el debil trino amarillo
del canario.

Por la tarde ves temblar
los cipreses con los pajaros,
mientras bordas lentamente
letras sobre el cañamazo.

Amparo,
!qué sola estas en tu casa
vestida de blanco!

Amparo,
!y qué dificil decirte:
yo te amo!

(Federico Garcia Lorca)

 

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